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Naval Group reprend possession de L'Adroit

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Le patrouilleur hauturier L’Adroit, qui était armé par la Marine nationale depuis octobre 2011, a été restitué à son propriétaire. Naval Group a en effet récupéré le bâtiment, dont la dernière convention de mise à disposition au profit de la flotte française s’achevait le 31 août. Il demeure stationné à Toulon pour le moment.

Prototype d’une nouvelle génération d’OPV intégré dans une gamme aujourd’hui développée et commercialisée par Kership, L’Adroit a été réalisé sur fonds propres par Naval Group dans le cadre du projet Hermes. Initialement, il ne devait rester que trois ans au sein de la Marine nationale, via un partenariat qui permettait à l’industriel de disposer d’une plateforme éprouvée à la mer et de tester certaines innovations retenues pour ce bateau. Les marins, de leur côté, en ont également profité non seulement pour disposer d’une passerelle supplémentaire, à un moment où le nombre de patrouilleurs est très réduit, mais aussi pour expérimenter et évaluer différents systèmes, comme un drone aérien embarqué (le Camcopter S-100) ou encore la mise à l’eau des embarcations rapides par des rampes à la poupe.

L'Argentine doit racheter le bâtiment

Au départ, Naval Group, alors DCNS, pensait vendre le bâtiment rapidement à l’issue des trois années passées au sein de la Marine nationale. Mais il aura finalement fallu attendre près de sept ans pour trouver un acquéreur. Il s’agit de l’Argentine, qui doit reprendre L’Adroit et faire construire par Kership, société commune de Piriou et Naval Group, trois unités neuves de ce type (OPV 90). On notera que le choix de l’offre française a été acté par Buenos Aires mais le contrat n’est pas encore entré en vigueur.

Dès que cela sera fait, L’Adroit bénéficiera d’un important arrêt technique, qui comprendra notamment le changement des lignes d’arbres et du réducteur, ainsi que le carénage de la coque et la mise aux couleurs de la marine argentine, dont il intègrera aussi certains équipements spécifiques. Viendront ensuite les essais à quai et à la mer, puis le transfert de pavillon effectué à Toulon avant le départ du navire, évidemment renommé, pour son pays d’adoption. La formation du futur équipage devrait être assurée par Naval Group.

Trois nouveaux OPV 90

Quant aux trois patrouilleurs neufs, ils doivent être très voisins de la tête de série, avec une longueur de 87 mètres pour une largeur de 14 mètres et un déplacement de 1650 tonnes en charge. Ils présentent les mêmes grands choix architecturaux : une passerelle panoramique surmontée d’une mâture unique avec un radar de surveillance Terma, deux rampes à l’arrière pour la mise en œuvre de grandes embarcations rapides d’au moins 9 mètres, ainsi qu’un abri pour un hélicoptère de 5 tonnes et une plateforme pour une machine de 10 tonnes. Le système de lutte prévu est comme sur L’Adroit un Polaris. L’artillerie principale est en revanche différente, puisqu'elle devrait être constituée d’un canon télé-opéré de 30mm (un affût manuel de 20mm aujourd’hui sur L’Adroit) et de mitrailleuses de plus petit calibre.

Par rapport à L’Adroit, les OPV 90 proposés à L’Argentine présentent d’autres différences, en particulier une structure renforcée pour la navigation dans les mers australes, où l’on trouve des plaques de glace dérivantes. L’autonomie, de 8000 milles à 12 nœuds, est renforcée sur certains points, comme la production d’eau douce.

Une charge bienvenue pour les chantiers et d'autres prospects pour ce modèle

Ces bâtiments doivent être réalisés par le chantier Piriou de Concarneau et celui de Kership à Lanester (Lorient), chaque patrouilleur représentant environ trois ans de travail.

La concrétisation du contrat avec l’Argentine est particulièrement attendue, non seulement pour remplir le plan de charge des chantiers bretons, mais aussi permettre à Kership, société créée en 2013, d’engranger enfin son premier gros contrat de patrouilleurs à l’export. Avec au passage la relance de l’OPV 90 qui après une longue attente trouverait enfin un déboucher à l’international, et il pourrait bien être suivi d’autres, au moins un pays étant en discussions avancées avec les industriels français pour adopter ce modèle.

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS) Piriou