Construction Navale
Navalu réussit sa diversification en lançant un catamaran pour l'éolien offshore

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Navalu réussit sa diversification en lançant un catamaran pour l'éolien offshore

Construction Navale
« C’est le premier bateau destiné à l’éolien offshore construit en France ». Bernard Minguet, patron du chantier Navalu, basé à Bouin, en Vendée, est heureux. Le Sea Fox a été mis à l’eau mercredi 18 septembre. Il réalise ses essais en mer et devrait être livré à Enviroserve, un armement britannique spécialisé dans la maintenance et le ravitaillement des champs éoliens offshore, dans quelques jours. Son sistership est actuellement en construction pour le même client, et un troisième navire est en option.
 
 
Des chalands ostréicoles à l’éolien offshore
 
 
Le Sea Fox est un catamaran en aluminium de 24 mètres de long pour 10 mètres de large. Il est aménagé pour recevoir jusqu’à 12 techniciens de maintenance qui pourront passer plusieurs jours à bord. Un sacré changement pour le chantier vendéen, jusqu’à présent spécialisé dans les chalands ostréicoles et mytilicoles. « En 2008, nous avons subi deux crises : la crise économique mondiale et la crise de la mortalité des huîtres. Il a fallu réfléchir sérieusement à l’avenir du chantier et la diversification s’imposait ». Alors le petit chantier, 9 personnes à l’époque, décide de faire un gros pari. « A l’époque, on commençait à parler des champs éolien offshore, il y avait un vrai potentiel sur les navires de servitude. Nous avons pris notre bâton de pèlerin, fait le tour des différents acteurs du milieu pour voir ce dont ils avaient besoin, ce qui allait et ce qui n’allait pas dans les bateaux qu’ils utilisaient ». Navalu ne fait pas les choses à moitié : une fois le marché identifié, le chantier embauche un architecte naval puis un commercial. 
 
 
 
(© NAVALU)
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Quatre lignes d’arbre
 
 
« C’est un bateau que l’on a entièrement pensé ici ». L’architecte naval et l’équipe du chantier ont planché sur le projet d’Enviroserve. « Le catamaran s’est vite imposé. Au Royaume-Uni, les premiers navires sur les champs étaient monocoques, puis, assez rapidement, tout le monde s’est mis à utiliser des catamarans, qui sont plus confortables et plus aisés à manœuvrer pour les approches des éoliennes ». Pour le Sea Fox, il y avait plusieurs objectifs, pour faire la différence. « La redondance. A bord, il y a beaucoup d’équipements doublés, dont les groupes électrogènes. L’idée c’est que l’armement puisse toujours compter sur le bateau. Que celui-ci ne tombe pas en panne au milieu de la mission – qui dure parfois plusieurs jours et est parfois très éloignée des côtes ».  La redondance la plus spectaculaire est sans doute celle de la propulsion. « 4 lignes d’arbres ! Nous avons installé 4 moteurs Doosan de 600 CV avec 4 hélices ». Une sécurité en cas de panne de l’un des moteurs mais également une facilité de manœuvre pour les accostages sur les éoliennes.
 
 
(© NAVALU)
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De nouveaux marchés
 
 
Un soin particulier a été apporté à l’hydrodynamisme, « avec une forme d’étrave inspirée de celle des voiliers pour l’attaque de la vague » et à la stabilité, « il doit passer avec 4 mètres de houle ». Les essais en mer sont concluants : à 90% de sa puissance, le Sea Fox filait à 24 nœuds, « à fond il peut monter à 26-27 nœuds ». 
Une jolie réussite, qui est peut-être  la première d’une longue série. « Notre offre intéresse et nous recevons des demandes de plusieurs compagnies européennes. Cela nous ouvre des perspectives intéressantes », se réjouit Bernard Minguet. Le chantier emploie désormais 16 personnes et continue sa croissance.
 
 
 
(© NAVALU)
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