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Navantia espère une commande pour sa frégate F-110 cette année

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Hier soir, l'attention du constructeur espagnol Navantia était portée sur un accord de coopération entre l'Espagne et l'Arabie Saoudite au sujet d'une possible fourniture de cinq corvettes (dont certaines pourraient être réalisés en Arabie Saoudite) qui pourrait avoisiner un prix total de 1.8 milliards d'euros. Néanmoins, un autre potentiel contrat est attendu avec impatience par l'industriel, celui de la nouvelle classe de frégates espagnoles.

 

Navantia propose à Ryad une version dérivée des quatre unités du type Avante 2000, livrées en 2011 et 2012 au Venezuela (© NAVANTIA)

 

Elle doit être le nouveau fleuron de la marine espagnole et du constructeur ibérique Navantia. Avec cinq unités, la classe de frégates polyvalentes F-110 est prévue pour devenir la cheville ouvrière de l’Armada à côté des cinq frégates du type F-100 (classe Álvaro de Bazán) livrées entre 2002 et 2012. La commande est attendue pour cette année. Le président de Navantia, Esteban García Vilasánchez, a rappelé récemment que le nouveau programme représentait un nombre d’heures de travail très important. Le chiffre de 7000 emplois directs et indirects par an pendant une décennie a été annoncé pour quantifier l’impact économique et social du projet. La question de l’emploi est un levier médiatique et politique très fort en Espagne. Si la commande se concrétise d’ici l’été 2018, la construction de la tête de série pourrait débuter mi-2019.

Une frégate polyvalente pour l’Armada et l’exportation

La classe F-110 est issue du développement de son ainée, la F-100, plutôt dédiée à la défense aérienne. Cette fois-ci, l’objectif est de disposer d’un modèle à vocation généraliste pour remplacer les six frégates de classe Santa Maria. Ces dernières, des versions locales des Oliver Hazard Perry américaines, commencent à accuser leur âge puisqu'elles ont été mises en service entre 1986 et 1994. 

En plus de l’Armada, l’industriel nourrit de grandes ambitions à l’export, à l’image de ce qu’il réalise actuellement avec la classe F100. La classe Álvaro de Bazán F100 a servi de base aux frégates norvégiennes de type Fridtjof Nansen (5 unités) et surtout aux frégates australiennes de type Hobart (3 unités), très voisines des unités espagnoles. De même, Navantia est encore en lice dans trois programmes de frégates aux États-Unis, au Canada et en Australie avec ce même design.

 

Les cinq frégates de type F100 Álvaro de Bazán de l'Armada Española (© NAVANTIA)

 

Des frégates de consonance très américaine

Les caractéristiques générales des futures F-110 ne sont pas encore totalement arrêtées. Cela dit, les bâtiments devraient mesurer aux alentours de 145 mètres de long pour 18 mètres de large et afficher un déplacement de près de 6000 tonnes. Le design de la coque, après avoir été un temps imaginé avec des formes iconoclastes (partie arrière trimaran, étrave inversée), reprendrait finalement une architecture plus classique dans la lignée des Álvaro de Bazán. Les derniers visuels de Navantia laissent entrevoir la présence d’une mature intégrée.

 

Image de synthèse présentée par Navantia (© NAVANTIA)

 

Le système de combat sera le SCOMBA (Sistema de COMbate de los Buques de la Armada). Il s’agit d’un système de combat unifié développé à partir de technologies américaines par Navantia. Pour la partie antiaérienne, il reprend des briques de technologie de l’AEGIS. Pour les senseurs, la frégate emporterait, si l’on se fie aux visuels de Navantia, deux radars AESA en bande S et en bande X. Le tout serait complété par un radar de navigation, un système IFF (Identification Friend or Foe / identification ami ou ennemi), une optronique IRST (infrared search and track / veille infrarouge), un ensemble de guerre électronique, des organes de communication radios et satellitaires et des systèmes d’armes antisurface et anti-sous-marine. Par ailleurs, la F-110 sera équipée d'un sonar de coque.

Côté armement, le doute subsiste encore, puisque si l’emport de missile surface-air SM-2 est à prévoir, le choix du missile l’accompagnant pour le domaine de courte portée n’est pas encore arrêté. Deux options semblent tenir la corde, le Sea Ceptor britannique de MBDA et l’ESSM Block 2 de Raytheon. Le reste de l’armement devrait comprendre des torpilles américaines type 46 et/ou type 54, des missiles antinavires avec capacité secondaire de frappe terrestre et un ensemble d’artillerie allant du canon de 127mm à des mitrailleuses téléopérées et des canons automatiques de 25 ou 30mm.

 

Navantia Marine espagnole