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Navantia lance la construction des futures corvettes saoudiennes
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Navantia lance la construction des futures corvettes saoudiennes

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Le chantier Navantia de San Fernando, dans la baie de Cadix, a procédé le 15 janvier à la découpe de la première tôle de la tête de série des cinq corvettes commandées à l’Espagne par l’Arabie Saoudite. Ce contrat, d’un montant de 1.8 milliard d’euros, est entré en vigueur fin 2018. Le premier bâtiment doit être livré à la flotte saoudienne en 2022. Navantia souligne que ce programme mobilisera pendant cinq ans quelques 6000 emplois, dont 1100 directs, l’entreprise en profitant pour investir 160 millions d’euros en quatre ans afin de moderniser son outil industriel de la baie de Cadix. En plus de la construction des corvettes, le groupe espagnol assurera leur entretien au travers d’un contrat de maintenance de cinq ans.

Du type Avante 2200, un modèle dont quatre exemplaires ont été livrés au Venezuela en 2011 et 2012, les futures corvettes saoudiennes seront nettement plus armées. Longues de près de 100 mètres pour un déplacement d’environ 2500 tonnes en charge, elles mettront en œuvre 8 missiles antinavire, un système surface-air (16 missiles), deux plateformes triples pour torpilles de 324mm, une tourelle de 76mm, un canon de 35mm (Millennium) et de l’artillerie légère. Les bâtiments pourront également embarquer un hélicoptère de la classe 10 tonnes. Pour le choix des missiles, l’Européen MBDA l'a apparemment emporté face à ses concurrents américains avec des Exocet MM40 et VL Mica, qui seront notamment produits en France. 

Vue des futures frégates saoudiennes (© NAVANTIA)

Vue des futures frégates saoudiennes (© NAVANTIA)

 

Capables de dépasser les 25 nœuds et franchir 4500 milles à 15 nœuds, les Avante 2200 sont conçues pour être armées par 50 marins et être en mesure de loger une vingtaine de personnels supplémentaires.

Navantia avait officialisé le 12 juillet dernier cette commande mais son entrée en vigueur a tardé quelques mois, peut être suite aux soubresauts intervenus à la fin de l’été entre Madrid et Ryad autour de la vente de 400 bombes à guidage laser destinées à l’aviation saoudienne. La ministre espagnole de la défense avait annoncé que ces armes ne seraient pas livrées, compte tenu du risque de les voir employées dans la guerre civile au Yémen. Mais le gouvernement avait rapidement fait machine arrière, de peur que l’Arabie Saoudite réagisse par des représailles commerciales, à commencer par ce fameux contrat de corvettes, essentiel pour assurer la charge de travail de Navantia.

En France aussi, le sujet est sensible. Naval Group, qui espère toujours vendre à terme des frégates à l'Arabie Saoudite, travaille pour le moment sur la modernisation des bâtiments construits dans le cadre des contrats Sawari I et Sawari II. Après les trois frégates du type F3000, livrées entre 2002 et 2004 et rénovées avec Thales, l’industriel conduit le programme LEX (signé en 2013) de remise à niveau des F2000 ainsi que des ravitailleurs Boraida et Yunbou, mis en service entre 1984 et 1986. Deux premiers bâtiments seront de retour en flotte cette année (une frégate et un ravitailleur), deux autres (une frégate et un ravitailleur) devant suivre d’ici début 2019. Seule deux des quatre F2000 devraient en définitive bénéficier de cette refonte.  

 

Frégate saoudienne du type F3000 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Frégate saoudienne du type F3000 (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Frégate saoudienne du type F2000 (© MARINE NATIONALE)

Frégate saoudienne du type F2000 (© MARINE NATIONALE)

Le pétrolier-ravitailleur saoudien Yunbou (© BERNARD PREZELIN)

Le pétrolier-ravitailleur saoudien Yunbou (© BERNARD PREZELIN)

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