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Navires : Les frégates du type Georges Leygues

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Navires : Les frégates du type Georges Leygues

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Gros plan cette semaine sur les frégates anti-sous-marines françaises du type F 70. Destinées à remplacer les escorteurs d'escadre du type T 47 (Surcouf), T 53 (La Galissonnière) et T 56 (Duperré), issus du plan Marshall, les Georges Leygues sont issues du retour d'expérience de la marine sur les trois frégates du type Tourville (F 67), livrées entre 74 et 77, et de la corvette Aconit, mise en service en 1973 et restée seule de son genre. Comme pour le D 609 Aconit, l'appellation corvette est initialement retenue pour les nouveaux bâtiments, qui deviennent la classe C 70 ASM. Une autre version, la C 70 AA, basée sur la même coque, doit être construite pour remplacer les quatre escorteurs d'escadre refondus en navire anti-aériens (T 47 Tartar). Ces unités deviendront les Cassard et Jean Bart. A l'époque, 25 corvettes antiaériennes et anti-sous-marines doivent être réalisées mais les réductions budgétaires auront raison de 16 d'entre-elles. La mise sur cale du Georges Leygues intervient en septembre 1974 à l'arsenal de Brest. Le navire est lancé deux ans et trois mois plus tard, avant d'entrer en service en décembre 1979. Il sera suivi, jusqu'en juillet 1990, de six sisterships, les Dupleix, Montcalm, Jean de Vienne, Primauguet, La Motte-Picquet et Latouche Tréville. Tous ont été réalisés par DCN Brest, les deux dernières étant achevées à Lorient. Destinés à la lutte anti-sous-marine en haute mer et la protection de la Force Océanique Stratégique (FOST), ces bâtiments seront reclassés en 1988 frégates, dans un souci d'harmonisation avec les appellations en vigueur dans les marines étrangères.

Les corvettes deviennent frégates

On notera, toutefois, que les autres flottes ont plutôt tendance à nommer destroyer des unités de plus de 4000 tonnes, laissant le terme frégate à des navires de tonnage plus faible. Depuis bientôt trente ans, les F 70 ont été engagés dans toutes les grandes opérations menées par la France avec l'appui de sa marine, ainsi que dans des missions de surveillance aux quatre coins de la planète. Leur vie active restera marquée par un problème de fissure, découvert au centre des navires dans les années 90. En 2002 et 2003, des bulges longs de 60 mètres ont été placés sur chaque bord, afin de renforcer la structure de la coque. Lestées de 330 tonnes, dont 210 de béton, les frégates ont perdu à cette occasion 20% de leur autonomie. Des différentes modernisations réalisées, la plus importante restera la refonte OP3A (Opération d'Amélioration de l'Autodéfense Anti-missile) sur les Dupleix, Montcalm et Jean de Vienne. Les trois navires ont, notamment, reçu un abri de défense à vue au dessus de la passerelle, un système d'autodéfense rapprochée SARA, deux lanceurs sextuples Sadral (missiles Mistral), deux canons de 30 mm, deux lance-leurres Dagaie, deux conduites de tir optroniques et deux nouveaux brouilleurs. Seule unité à ne pas avoir été modernisée en profondeur, le Georges Leygues n'a finalement pas été désarmé mais affecté au groupe école de la marine, où il sert de conserve au porte-hélicoptères Jeanne d'Arc. Les sept frégates doivent être retirées du service entre 2012 et 2019. Elles seront remplacées par les frégates multi-missions dont la tête de série, l'Aquitaine, sera mise en service en 2012.
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- Voir la fiche technique des frégates du type Georges Leygues

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