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Navires à quai : un moteur au gaz pour fournir l’électricité
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Navires à quai : un moteur au gaz pour fournir l’électricité

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Au salon Itechmer qui s'est déroulé la semaine dernière à Lorient, AML et Siemens ont présenté une innovation mobile au gaz pour l’alimentation en électricité des navires à quai. Elle est actuellement testée par des ferries espagnols.

La pollution de l’air par les paquebots à quai suscite régulièrement des réactions exaspérées des riverains. Les mastodontes laissent, en effet, tourner pendant les escales leur moteur diesel afin d’assurer l’alimentation des équipements à bord. Pour limiter les émanations de polluants (notamment de dioxyde d’azote), le port de Marseille a décidé d'installer des « prises électriques » hors norme permettant de raccorder les bateaux au réseau. Une solution complexe et onéreuse reste hors de portée des plus petites infrastructures portuaires.

Deux containers faciles à déplacer

Une alternative « mobile, peu polluante et alimentée au gaz naturel liquéfié (GNL) » est proposée par Patrice Le Fel, directeur des Ateliers mécaniques de Lorient et distributeur pour la France de la dernière innovation du groupe Siemens. Présentée cette semaine au salon Itechmer à Lorient, elle est depuis plusieurs mois en phase de test en Espagne par la compagnie Suardiaz dans les ports de Vigo, Barcelone et des Canaries.

L’alternative repose sur deux conteneurs qui renferment un moteur au GNL, une centrale de commandes, une cuve de gaz et un système de cryogénisation. Les navires peuvent aisément s’y brancher, même à plusieurs, pour s’alimenter en électricité quand ils sont à quai. Ce que font d’ores et déjà les ferries espagnols dans le port de Vigo (Galice), sans qu’une installation portuaire ait été nécessaire.

« Autre avantage, cette solution réduit les émissions de gaz à effet de serre par rapport au diesel » souligne Patrice Le Fel et Henry Matsutani (Siemens). Enfin, dernier atout de cette innovation et non des moindres : elle peut être embarquée à bord et déposée dans un autre port.

Siemens a obtenu la certification indispensable pour cette manœuvre. Plusieurs ports, des armements et sociétés de transport fluvial sont d’ores et déjà en contact avec AML.

Idéale pour les îles, les petits ports

« Cette solution répond à la problématique des îles, des petits ports sans grande puissance électrique et même des très grands ports qui ont une longueur de quai importante » estime Patrice Le Fel. « Elle est peut-être aussi une option pour ceux qui ne veulent pas recourir à l‘énergie nucléaire » remarque Henry Matsutani. Encore à ses débuts, la proposition de Siemens - qui est la résultante du programme européen Hive - nécessite l’adhésion des autorités portuaires et des populations locales que les installations de gaz rebutent. « Dans cette hypothèse, selon le lieu, nous pouvons installer les containers sur des barges en mer… Nous avons d’ailleurs des projets de ce type en Asie » explique Henry Matsutani. Pour sa part, Patrice le Fel espère un infléchissement rapide de la réglementation européenne dans ce domaine.

Un article de la rédaction du Télégramme