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Naviris décroche un contrat de R&T auprès de l’OCCAR pour l’European Patrol Corvette
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Naviris décroche un contrat de R&T auprès de l’OCCAR pour l’European Patrol Corvette

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Installée en janvier dernier, la société commune de Fincantieri et Naval Group vient d’enregistrer son tout premier contrat. Un marché de recherche et technologie (R&T) sous bannière européenne notifié par l’Organisation Conjointe de Coopération en matière d'Armement (OCCAR).

Dans un communiqué, Naviris explique que « ce programme de R&T vise à améliorer les performances des navires de Fincantieri et Naval Group » Le programme est divisé en cinq projets différents, dont voici le contenu détaillé par la société franco-italienne :

1) Navire numérique. Ce projet développera des capacités de simulation de navires de guerre tout au long de leur cycle de vie afin d'améliorer l'évaluation des performances des produits, tout en réduisant la nécessité d'essais réels, et d'optimiser l'utilisation de l'ingénierie assistée par ordinateur pour améliorer à la fois la définition de la conception (hydrodynamique, aérodynamique) et les opérations quotidiennes à bord du navire (grâce à l'approche intégrée du concept de jumeau numérique) ;

2) Optimisation de la consommation d'énergie. Ce projet permettra d'identifier de nouvelles architectures et de nouveaux équipements permettant d’améliorer l'efficacité globale du réseau électrique et le suivi de la consommation électrique à bord des navires de surface ;

3) Piles à combustible pour les navires de surface. Ce projet vise à développer un système modulaire de piles à combustible (FCS) adapté aux applications marines, capable d'être entièrement intégré à bord des navires de surface ;

4) La logistique de l'avenir. Ce projet stimulera la compétitivité de la construction navale en développant des solutions capables d'accroître l'efficacité et l'efficience de la production et de réduire les coûts tout au long du cycle de vie du produit, en fournissant de nouveaux outils à des fins d'inspection et de maintenance ainsi que de gestion à bord des composants dans un environnement de travail des navires ;

5) Gagner à la mer. Ce projet vise à développer des méthodes, des outils et des solutions d'ingénierie pour permettre aux navires de surface d'effectuer en toute sécurité des opérations quotidiennes (comme le lancement et la récupération d'unités) dans des conditions environnementales dégradées par rapport à celles rencontrées actuellement.

Naviris précise que trois sites de Naval Group seront impliqués dans ces projets (Nantes-Indret, Ollioules et Lorient) ainsi que sa filiale Sirehna, alors que côté italien seront impliqués les établissements de Fincantieri à Gênes et Trieste, ainsi que les filiales Cetena et Seastema.

Alors que ces axes d’études se retrouvaient déjà pour certains dans les plans de recherches technologiques des deux industriels, il n’est concrètement pas question de fusionner les programmes en cours chez les deux groupes. « Ce contrat de R&T ne vise pas à remplacer ou convertir des activités de Fincantieri et Naval Group », explique à Mer et Marine une source industrielle. En fait, les activités de R&T liées à ce contrat, qui vont représenter un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros (en fonds européens et en fonds propres), seront « pleinement dédiées, à 100%, au projet de l’European Patrol Corvette ». L’EPC est l’un des projets phares portés par l’alliance franco-italienne.  Il s’agit de développer une corvette d’environ 3000 tonnes avec l’ambition de bénéficier de financements communautaires prévus pour les programmes capacitaires de la Coopération structurée permanente (CSP/PESCO) de l’union européenne. Naval Group et Fincantieri espèrent agréger des besoins d’autres pays européens autour de ce projet, la Grèce et l’Espagne ayant récemment manifesté leur intérêt pour ce projet et rejoint le groupe de travail EPC au sein de la PESCO.

Une étape importante vient donc d’être franchie puisque l’EPC démarre concrètement avec le contrat de R&T notifié par l’OCCAR sous ombrelle européenne. Mais, industriellement, il débute sur la base binationale de Naviris, avec pour ambition de s’appuyer sur les besoins de renouvellement de la Marine nationale et de la Marina militare. Côté français, Naval Group vise notamment le remplacement des six frégates de surveillance du type Floréal. Une succession qui n’est toutefois pas programmée avant l’horizon 2030, ce qui fait loin. Il sera donc intéressant de voir si les deux industriels peuvent trouver une ouverture pour conduire plus rapidement ce projet, sachant que côté italien il s’agit de remplacer des patrouilleurs mis en service dans les années 90 et 2000.

En dehors de ce projet, et de réflexions en cours pour répondre à d’autres besoins capacitaires européens dans le domaine naval, Fincantieri et Naval Group espèrent que leur nouvelle société commune dérochera bientôt le contrat de modernisation à mi-vie des quatre frégates franco-italiennes du programme Horizon.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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