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Naviwatt lance un semi-rigide électrique

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Amarré au quai du petit port du Logeo, à Sarzeau, le ZenPro 580 a fière allure. Ligne tendue, carène alu noire et étrave pincée. Il est fin prêt pour son lancement officiel ce vendredi au port du Crouesty. Une fois à bord, la première chose qui saute aux yeux, c’est la surface du pont, très dégagé, presque dépouillé. Une console, une assise, un coffre une baille à mouillage, point barre. « C’est un bateau utilitaire que nous destinons à une clientèle professionnelle », précise Bérenger Laurent, chargé du développement commercial. « Notre cible principale, ce sont les ports de plaisance ». Autres marchés visés, les parcs naturels régionaux, les aires marines et, potentiellement l’exploration polaire, où les bateaux doivent être fiables et résistants, tout en affichant zéro émission.

Deux partenaires de poids

Pour la fiabilité, la start-up n’a pas fait les choses à moitié. Elle s’est adossée à deux partenaires industriels de renom : l’Allemand Torqeedo, pionnier du moteur hors-bord électrique, et BMW, à qui elle a emprunté les batteries de l’i3. « Seule l’industrie automobile est capable de fiabiliser cette technologie à grande échelle », abonde Martin Delapalme, chef de projet.

Une fois en main, cela se ressent. Le bateau est très abouti et les 58 Kw (80 CV) du propulseur Deep blue s’accordent bien à la carène qui passe en douceur dans le clapot. Les performances sont moyennes (25 nœuds maxi, 15 heures d’autonomie) mais son usage n’est pas là. Son point fort, la précision de la commande qui restitue une puissance immédiate et très linéaire. Côté sonore, c’est un peu décevant, mais « nous y travaillons », s’empresse de rectifier Bérenger Laurent.

Retour d’expérience

Doté d’un système de gestion de l’autonomie, le semi-rigide est en outre bardé de certifications. « Nous avons beaucoup appris de l’incendie d’un modèle concurrent à Saint-Quay-Portrieux, il y a quelques années. Nous avons développé une technologie différente, beaucoup plus sûre », insiste Martin Delapalme.

75 000 € tout équipé

Reste la question cruciale du prix. Le système de propulsion (moteur + batterie) coûte à lui seul 40 000 €, ce qui propulse le tarif à 75 000 € tout équipé. Soit deux, voire trois fois le prix d’un modèle comparable équipé d’un moteur thermique. « Si l’on déduit le coût d’usage d’un moteur conventionnel (carburant, entretien, remplacement des pièces d’usure…) sur l’ensemble de la durée de vie du bateau, la différence tombe à 14 % », calcule Bérenger Laurent. « Le prix à payer pour être 100 % propre ».

Un positionnement haut de gamme qu’assument les deux associés qui avouent s’inspirer de la stratégie d’Elon Musk avec Tesla : marquer les esprits en plaçant la marque très haut, avant de décliner des versions plus accessibles, lorsque le carnet de commandes se sera bien étoffé.

Un article de la rédaction du Télégramme