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NCLH lève des fonds en catastrophe

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NCLH lève des fonds en catastrophe

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Comprenant les compagnies Norwegian Cruise Line, Oceania Cruises et Regent Seven Seas Cruises, le groupe américain NCLH, numéro 3 mondial de l’industrie de la croisière, est en grande difficulté. Hier, il a connu une journée assez surréaliste en commençant par annoncer s’attendre à des pertes pour le premier trimestre et l’ensemble de l’année. Mais, plus grave, le groupe a indiqué dans son rapport annuel avoir un « doute substantiel » sur la « continuité d’exploitation », avertissant qu’il n’avait pas les « liquidités suffisantes » pour honorer ses obligations dans l’année qui vient en raison de la crise du coronavirus. Celle-ci a mis toute l’industrie de la croisière à l’arrêt depuis bientôt deux mois et personne ne s’attend maintenant à une reprise significative de l’activité avant 2021. Pendant ce temps, alors que les recettes ont été réduites à néant, les coûts s’accumulent (dont 150 millions de dollars par mois rien que pour les coûts opérationnels de la flotte), les trésoreries fondent comme neige au soleil et il faut encore payer de lourdes traites relatives aux emprunts pour le financement des nombreux paquebots mis en service ces dernières années. NCLH a pu, à ce titre, négocier des rééchelonnements de dettes, à hauteur de 905 millions de dollars. Mais ce n’était pas suffisant. Le groupe a donc annoncé hier le lancement d’une souscription publique pour lever en urgence 350 millions de dollars. Mais dans le même temps ses commentaires très pessimistes avaient surpris, et pouvaient être interprétés comme un appel du pied à de nouveaux investisseurs. Ce qui a bien été le cas puisqu’en fin de journée le fonds L Catterton est sorti du bois en annonçant un investissement de 400 millions de dollars dans le groupe. En tout, NCLH devrait donc lever 750 millions qui, s’ajoutant aux rééchelonnements de dettes, devrait lui permettre de tenir jusqu’à la fin de l’année au moins. Ces mouvements pourraient cependant être précurseurs d’un changement de main du groupe, coté à la bourse de New York et qui constitue aujourd’hui une cible de choix pour qui voudrait s’offrir à moindre frais l’un des acteurs majeurs du secteur.

Les manœuvres d’hier ont en tous cas entrainé une nouvelle chute de 22.58% du titre NCLH, qui a terminé la séance à seulement 11.18 dollars (à comparer aux 59.65 dollars du 17 janvier dernier).

NCLH a été formé suite à l’acquisition fin 2014 par Norwegian Cruise Line de la société Prestige Cruises, qui regroupait Oceania Cruises et Regent Seven Seas Cruises.

Plus gros opérateur de cet ensemble, NCL aligne 17 paquebots de 75.000 à 169.000 GT, dont les 6 de la classe Breakaway/Breakaway Plus livrés entre 2013 et 2019 par le chantier allemand Meyer Werft. Pour la suite, la compagnie, qui se place sur le marché premium, a prévu de faire construire six nouveaux navires de 140.000 GT (projet Leonardo) commandés au constructeur italien Fincantieri pour des livraisons entre 2022 et 2027.

Positionnée sur le segment haut de gamme, Oceania Cruises exploite quant à elle six petits paquebots de 30.000 à 66.000 GT et en a commandé deux autres (classe Allura de 67.000 GT) chez Fincantieri pour des livraisons en 2022 et 2025.

Enfin, la compagnie de luxe Regent Seven Seas Cruises aligne cinq unités de 28.000 à 55.000 GT et doit prendre livraison en Italie d’un nouveau navire en 2023.

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