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NCLH se met en situation de pouvoir tenir un an sans croisière

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NCLH se met en situation de pouvoir tenir un an sans croisière

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Menacé de faillite s'il ne trouvait pas rapidement des liquidités, le numéro 3 mondial de la croisière est parvenu à sortir la tête de l’eau en réussissant finalement à lever plus de 2 milliards de dollars. Comme nous l’expliquions dans notre édition d’hier, NCLH, après avoir alerté sur sa situation financière critique alors que l’industrie de la croisière est à l’arrêt depuis bientôt deux mois, a lancé mardi 5 mai une série de transactions sur les marchés financiers. Menée par Goldman Sachs, l’opération, qui visait au départ un objectif de 2 milliards de dollars, a été couronnée de succès et même revue à la hausse. « La transaction a depuis été augmentée pour atteindre un produit brut de 2,225 milliards de dollars (2,4 milliards de dollars si les preneurs fermes valident la totalité de leurs options de surallocation) en raison d'une sursouscription et d'une demande importantes pour les trois offres. Les transactions comprenaient un appel public à l'épargne de 400 millions de dollars d'actions ordinaires, une émission de billets de trésorerie échangeables de 750 millions de dollars, une émission de billets de trésorerie garantis de 675 millions de dollars ainsi qu’un placement privé de 400 millions de dollars d'une société de capital-investissement mondiale, L Catterton », précise NCLH.

Le groupe américain, qui est par ailleurs récemment parvenu à obtenir des rééchelonnements de dettes sur le financement de ses paquebots (à hauteur de plus de 900 millions de dollars), prévoit maintenant de disposer de 3.5 milliards de dollars de liquidités. « Cela renforce considérablement la situation financière et les liquidités de la société. NCLH est en mesure de résister à plus de 12 mois de suspension de voyage selon le scénario de reprise le plus pessimiste. Bien que ce scénario ne soit pas le plus vraisemblable selon NCLH, la société a adopté une approche rapide et proactive pour protéger son avenir compte tenu de l’incertitude importante et de la durée inconnue de la pandémie mondiale de COVID-19. Une fois les transactions terminées, les liquidités supplémentaires atténueront les inquiétudes quant à la capacité de la société à poursuivre ses activités au cours des 12 prochains mois ». Un répit qui peut en fait atteindre jusqu'à 18 mois. 

Une bouffée d’oxygène cruciale pour l’armateur mais qui n’a pas, pour autant, emballé les marchés financiers. A la bourse de New York, le titre NCLH était stable hier, à 11.12 dollars, après avoir perdu plus de 22% de sa valeur la veille. On notera par ailleurs que pour lever ces nouveaux fonds, NCLH a mis en gage deux navires (on ne sait pas lesquels) et ses deux îles privées (Harvest Cay au Belize et Great Stirrup Cay aux Bahamas). 

Alors que personne ne s'attend plus à une reprise significative de la croisière avant 2021, les armateurs, privés de recettes depuis début mars, sont confrontés à des surcoûts très importants liés notamment aux rapatriements de passagers, dédommagements et remboursements de croisière annulées. Ils doivent aussi continuer de payer les frais opérationnels de paquebots qui ne peuvent être mis sous cocon, ce qui représente pour NCLH par exemple pas moins de 150 millions de dollars par mois. Il y a enfin la question des investissements. Dans un tel contexte, il est à prévoir qu'un certain nombre de nouveaux navires voient leur construction retardée, voire renvoyée à des jours meilleurs. 

NCLH a été formé suite à l’acquisition fin 2014 par Norwegian Cruise Line de la société Prestige Cruises, qui regroupait Oceania Cruises et Regent Seven Seas Cruises.

Plus gros opérateur de cet ensemble, NCL aligne 17 paquebots de 75.000 à 169.000 GT, dont les 6 de la classe Breakaway/Breakaway Plus livrés entre 2013 et 2019 par le chantier allemand Meyer Werft. Pour la suite, la compagnie, qui se place sur le marché premium, a prévu de faire construire six nouveaux navires de 140.000 GT (projet Leonardo) commandés au constructeur italien Fincantieri pour des livraisons entre 2022 et 2027.

Positionnée sur le segment haut de gamme, Oceania Cruises exploite quant à elle six petits paquebots de 30.000 à 66.000 GT et en a commandé deux autres (classe Allura de 67.000 GT) chez Fincantieri pour des livraisons en 2022 et 2025.

Enfin, la compagnie de luxe Regent Seven Seas Cruises aligne cinq unités de 28.000 à 55.000 GT et doit prendre livraison en Italie d’un nouveau navire en 2023.

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