Marine Marchande
Neoline lance un appel d’offres pour la construction de cargos à voiles

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Neoline lance un appel d’offres pour la construction de cargos à voiles

Marine Marchande
Construction Navale

La société nantaise Neoline, qui souhaite ouvrir une liaison marchande transatlantique entre Saint-Nazaire et les Etats-Unis avec des cargos à propulsion vélique, vient de lancer un appel d’offres pour la construction de deux premiers navires. Elle attend le retour des constructeurs à la fin du mois en vue d’une commande d’ici la fin de l’année. Objectif : une mise en service à partir de 2020.

Ces navires « pilotes », conçus notamment par Bureau Mauric, doivent mesurer 136 mètres de long pour 23.8 mètres de large, avec un tirant d’eau maximal de 6 mètres au port et 13 mètres au large en raison du déploiement de grands ailerons sous la coque. Prévus pour afficher un déplacement de 11.000 tonnes, les Neoliners comptent deux doubles-mâts. Le tirant d’air des navires est donné à 60 mètres mais la mâture pourra se replier afin de limiter la hauteur à 35.5 mètres. Doté d’une surface de voilure de 3850 m², ils doivent pouvoir atteindre une vitesse commerciale de 11 nœuds, avec en appoint une propulsion diesel-électrique permettant de filer 13 nœuds sur moteur (3500 kW).

 

Le Neoliner (© NEOLINE)

Le Neoliner (© NEOLINE)

 

Le but de la propulsion vélique et des solutions qui ont été imaginées pour ce projet est de proposer un transport maritime nettement plus respectueux de l’environnement, puisqu’il réduirait de 90% la consommation en carburant et, mécaniquement, les émissions polluantes et gaz et effet de serre dans les mêmes proportions. « Pour l’instant, 10% de la consommation d’énergie fossile sont incompressibles pour la vie à bord et les manœuvres. Mais, à l’horizon 2030, l’objectif est d’opérer des navires de plus grande taille avec zéro émission », explique au magazine du port de Nantes Saint-Nazaire Jean Zanuttini, directeur général de Neoline. Des navires de 200 mètres et plus qui bénéficieraient de l’expérience de leurs aînés et de la montée en puissance de la propulsion vélique pour tendre à une industrialisation et par conséquent une baisse des coûts propice à accélérer le développement du concept.

 

Le Neoliner (© NEOLINE)

Le Neoliner (© NEOLINE)

 

Au-delà d’un évident intérêt environnemental, et d’une labellisation écoresponsable apportée aux produits transportés, les cargos à voiles présentent aussi l’avantage de voir leurs coûts d’exploitation et donc les tarifs de transport stables dans la durée, puisque très peu soumis aux fluctuations du prix du carburant.

Armés par 15 membres d’équipage et pouvant accueillir 12 passagers, les cargos souhaités par la société présentent un port en lourd de 6000 tonnes. Ils comptent une rampe à l’arrière et trois zones de chargement (2000, 1200 et 200 m²), dont deux grands ponts rouliers avec un total de 1300 mètres linéaires. Les Neoliners sont conçus pour transporter tout type de marchandises, notamment du fret lourd, du roulant, des colis hors normes et aussi des conteneurs, avec une capacité de 286 EVP. Le tout entièrement protégé en cale ou dans les garages.

 

Plan des ponts (© NEOLINE)

Plan des ponts (© NEOLINE)

 

Le coût du premier navire, développement compris, est estimé à environ 35 millions d’euros.

Pour trouver sa place au sein du réseau existant de liaisons maritimes et être rentable, Neoline vise des itinéraires secondaires, des zones délaissées par la massification des flux et qui ne sont pas desservies par les grandes lignes conteneurisées. Cela avec une plateforme très polyvalente capable de répondre à des besoins et des marchandises très variées.   

Le premier service visé pour le lancement de Neoline porte sur une liaison entre l’estuaire de la Loire (Montoir-de-Bretagne), Bilbao, Charleston, Baltimore et l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Les rotations commerciales doivent prendre un mois, ce qui avec deux navires à terme, permettrait d’offrir un départ tous les 15 jours. « Notre navire disposera d’une hauteur libre de 9.80 mètres, ce qui n’existe pas sur les liaisons transatlantique. De plus, en partant de Saint-Nazaire, nous voulons réduire les délais de préacheminement par rapport aux ports de la mer du Nord. Nos clients sont plus attachés à la ponctualité qu’à la durée du trajet, et nous disposons de nombreux moyens pour éviter les retards, comme le routage météo et l’utilisation optimisée du moteur », détaille encore Jean Zanuttini, qui rappelle que le projet est labellisé par le Pôle Mer et le Pôle EMC2, et soutenu depuis le début par la région des Pays de la Loire et Neopolia.

Ce dernier, groupement d’entreprises ligériennes parmi lesquelles se trouvent de nombreux sous-traitants des Chantiers de l’Atlantique, se positionne bien évidemment pour pouvoir réaliser ces futurs bateaux. D’autant qu’il y a d’autres projets de cargos à voiles à l’étude et donc un probable marché à développer. Cela fait partie des dossiers, tout comme les petits paquebots maritimes et autres unités atypiques, y compris la station scientifique Sea Orbiter que Jacques Rougerie aimerait bien voir réalisée par les entreprises nazairiennes, qui ont entrainé la création, au printemps dernier, de Neopolia Solutions SAS. Une société qui permet désormais à l’association de pouvoir porter des contrats.