Croisières et Voyages

Actualité

Neopolia : Vers une alliance avec STX sur les petits paquebots océaniques 

Croisières et Voyages
Construction Navale

Comme évoqué dans l’interview de Laurent Castaing que nous diffusions mardi, STX France et le groupement d’entreprises Neopolia, qui compte de nombreux sous-traitants des chantiers nazairiens, étudient ensemble le marché des petits paquebots maritimes.

Après une première expérience réussie dans la croisière fluviale, avec deux navires déjà livrés et un troisième en construction pour l’armateur alsacien CroisiEurope, il s’agit là d’une piste de développement logique pour Neopolia : « Les entreprises du groupement ont prouvé avec CroisiEurope qu’elles pouvaient réaliser des navires fluviaux de croisières et sont à cette occasion montées en compétence. Nous nous interrogeons donc s’il n’y aurait pas possibilité de travailler ensemble et les aider à se développer sur le marché des petits paquebots océaniques », explique le directeur général de STX France.

Des unités de 5000 à 8000 GT

Alors que le grand chantier nazairien est rempli de très gros paquebots et n’a pas réussi à percer le marché des navires de croisière d’expédition, des opportunités pourraient se dégager sur des unités encore plus petites. Des bateaux plutôt dans la catégorie des moins de 100 mètres et de 5000 à 8000 GT de jauge. Un marché qui intéresse Neopolia, où sont notamment réunies pour les commandes de CroisiEurope des compétences en construction de structures métalliques, aménagement intérieur, climatisation/ventilation, électricité, réseaux ou encore design. Dans ce cas précis, la quinzaine de sociétés ligériennes impliquées travaillent sous la maîtrise d’œuvre de la compagnie alsacienne. Et quand il s’agit des géants de STX France, elles interviennent en sous-traitance avec des marchés par lots.

S’appuyer sur les compétences du chantier

Elles ne sont donc pas en mesure, aujourd’hui, de s’attaquer seules au marché des petits paquebots maritimes. « Pour ce type de navires, le suivi d’affaire et la coordination sont essentielles et nous n’avons pas le savoir-faire dont dispose STX dans le management de projets complexes », explique le vice-président de Neopolia. Selon Hervé Germain, « entre les navires fluviaux et les paquebots maritimes, il y a un monde. Les coques sont plus larges, ont un tirant d’eau supérieur et beaucoup plus de tirant d’air. Cela représente un schéma très complexe pour nous sur le plan industriel, en particulier pour l’assemblage. Car il n’y a pas de capacité de construction dans les bassins de Saint-Nazaire, qui ne sont pas équipés pour la manutention de gros blocs ». Sur le plan technique et règlementaire également, passer du fluvial au maritime représente un saut considérable : « Les navires maritimes sont nettement plus complexes, il y a beaucoup plus de redondances et la partie normative est vraiment plus importante. Et puis il y a la notion de service après-vente. Par définition, un bateau fluvial n’est généralement pas exploité très loin, alors qu’un navire maritime parcourent le monde ». Enfin, se pose le problème du financement, les sommes engagées étant bien supérieures, avec la nécessité d’obtenir de solides garanties et monter des tours de tables financiers plus complexes.

Réaliser les coques sur place ou sous-traiter leur fabrication

D’où l’idée d’une alliance avec STX, qui peut résoudre ces obstacles et rassurer les clients potentiels en apportant les compétences du chantier en matière de porteur de projet, de financement et de bureaux d’études. Des achats pourraient aussi être mutualisés. « De notre côté, nous apporterions nos savoir-faire et toute la souplesse dont sont capables nos entreprises. En termes de construction, nous pouvons prendre en charge une grosse partie d’un petit navire mais nous réfléchissons à différents types de solutions ». Si l’outil industriel du chantier offre des disponibilités, il pourra, comme ce fut le cas avec le Loire Princesse de CroisiEurope, livré en 2015, se charger de l’assemblage des blocs. « Si nous avons la capacité, nous pourrions tout faire en local mais, si ce n’est pas le cas, on peut imaginer de faire construire tout ou partie de la coque ailleurs. Toutes les formules sont possibles ». Ainsi, à l’image du Concarnois Piriou, qui a fait produire en Pologne les coques du patrouilleur polaire L’Astrolabe et du quatrième B2M de la Marine nationale, Neopolia pourrait se charger uniquement de l’armement. « C’est la partie qui concentre le plus de travail, où il y a le plus de valeur ajoutée », rappelle Hervé Germain.

Complémentarité

Evidemment, l’objectif n’est pas de concurrencer STX ni d’autres constructeurs nationaux : « Nous sommes très attentifs à cela car de nombreux membres de Neopolia sont sous-traitants de Saint-Nazaire et d’autres chantiers. Notre stratégie vise donc des marchés complémentaires à ce qui se fait aujourd’hui en France ». Ce développement potentiel ne constitue pas non plus une concurrence au repreneur de STX France, le groupe italien Fincantieri, positionné sur le segment des petits navires de croisière, mais sur des unités d’au moins 10.000 GT.

Plusieurs projets de petits navires seraient d’ores et déjà dans le viseur des ligériens.

 

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)