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Neway : Les deux pêcheurs disparus se seraient suicidés

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Neway : Les deux pêcheurs disparus se seraient suicidés

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Un double suicide. Voilà l'incroyable conclusion à laquelle arrive le parquet de Saint-Brieuc pour expliquer la troublante disparition de deux jeunes marins du chalutier Neway, au large des îles Scilly, samedi 13 avril.

 
« C'est une affaire grave car deux personnes sont décédées. Et une affaire exceptionnelle au regard des conclusions auxquelles on arrive aujourd'hui : il s'agit d'un double suicide ! ». C'est par ces mots que Gérard Zaug a entamé, vendredi 19 avril, la conférence de presse destinée à éclaircir les circonstances particulièrement floues entourant la disparition de deux jeunes marins du Neway, samedi dernier. Il était aux environs de 19 h 15 quand Anthony Deveaux, 25 ans et Alexandre Sébert, 27 ans, étaient passés par-dessus bord, alors que ce chalutier hauturier basé à Saint-Quay-Portrieux, propriété de l'armement plérinais Christophe Doledec, était à quelques miles nautiques des Îles Scilly, à l'ouest des Cornouailles anglaises. 
 
 
« Un acte volontaire » 
 
 
Pour étayer son propos, le procureur s'est d'abord appuyé sur les témoignages des trois membres d'équipage, longuement interrogés par la gendarmerie maritime une fois débarqués à Roscoff , lundi 15 avril. Des hommes qui sont revenus, en détail, sur cette soirée tragique. Au moment des faits, le patron était à la passerelle. Quant aux deux autres matelots, l'un était aux manettes et l'autre réparait un filet. Selon eux, leurs deux amis se seraient d'abord isolés pendant une vingtaine de minutes, avant de revenir sur le pont à la demande du capitaine, qui estimait qu'il y avait encore du travail à finir. C'est Anthony Deveaux qui se serait jeté volontairement le premier à l'eau. Imité, « deux à trois minutes plus tard maximum », par son ami Alexandre Sébert. L'un à bâbord, l'autre à tribord. En évitant les funes. Tous deux bottes aux pieds et ciré sur le dos. « Il ne s'agit donc ni de deux chutes accidentelles, ni d'un homme qui saute pour sauver son ami tombé à l'eau, a assuré le procureur. C'est un acte volontaire. Ils ont nagé à l'opposé du bateau malgré la bouée qui avait été jetée à la mer. » 
 
 
Tous deux séparés 
 
 
Si les deux marins, qui étaient très proches, n'ont laissé aucune lettre expliquant leur geste, leur fin tragique ne semble pas avoir surpris outre mesure leur entourage proche. Le vague à l'âme, « les deux hommes étaient dans des situations assez semblables : séparés de leurs concubines et de leurs enfants », a souligné Gérard Zaug. Qui a aussi évoqué une procédure judiciaire en cours à l'encontre d'un des disparus. Et le fait qu'Anthony Deveaux avait déjà exprimé des idées suicidaires. Pour éclairer davantage l'état d'esprit dans lequel se trouvait ce dernier samedi matin, le procureur a révélé qu'il avait confié à l'un des membres d'équipage qu'il serait capable de sauter à l'eau pour 400 €. Ce à quoi il lui avait été répondu que ça suffirait tout juste pour payer la gerbe... 
 
 
« Tout a été tenté » 
 
 
« C'est en mer qu'ils étaient bien. Et ce n'est peut-être pas anodin si ça s'est produit juste avant leur retour à terre, prévu le lendemain... Tout a été tenté pour les sauver », a expliqué Gérard Zaug. Pour qui l'équipage, « au sein duquel régnait une excellente ambiance », n'a absolument rien à se reprocher. « Suite à des problèmes techniques, le patron n'a pas pu contacter directement le Cross Corsen mais on sait qu'il y a eu plusieurs tentatives. » Quant à l'hypothèse d'une consommation d'alcool et/ou de stupéfiants, susceptible d'expliquer un passage à l'acte, « aucun élément matériel ne permet de l'établir », a conclu le procureur, fermant la porte aussitôt la question soulevée.
 
 
 Un article de Gwendal Hameury, de la rédaction du Télégramme
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