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NH90 : Le point sur le programme

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NH90 : Le point sur le programme

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La livraison à la Marine nationale de son troisième NH90 est l'occasion de faire le point sur ce programme. Le nouvel hélicoptère a été jusqu'ici retenu par 14 pays, qui ont commandé plus de 500 machines, dont 111 en version navalisée (NFH - Nato Frigate Helicopter). Livrée à ce jour à 50 exemplaires à 6 pays, la version « terrestre » est, quant à elle, appelée TTH (Tactical Transport Helicopter). Pour la France, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la Belgique, le contrat est géré par la NAHEMA (Nato Helicopter Management Agency). Industriellement, l'hélicoptère est développé, produit et supporté par le consortium NH Industries, composé d'Eurocopter (62.5%), AgustaWestland ( 32%) et Fokker Landing Gear (5.5%).

NH90 TTH   (© : NH INDUSTRIES)
NH90 TTH (© : NH INDUSTRIES)

Un programme complexe

Ce schéma a permis de fédérer les besoins de nombreux pays tout en rassemblant les forces des deux grands hélicoptéristes européens et d'une centaine de sociétés sous-traitantes de premier rang. Mais il a aussi abouti à une gestion complexe du fait du nombre importants d'acteurs étatiques et industriels impliqués. La multiplication des versions (23 au total), mais aussi les difficultés techniques inhérentes au développement et à l'intégration de nouveaux équipements, n'ont pas facilité les choses et, au final, le programme accuse plusieurs années de retard. Face aux difficultés rencontrées, une réorganisation au niveau de l'industrie, initiée en 2008, a permis de simplifier la direction et l'administration du programme pour accélérer les prises de décision. Depuis, les difficultés semblent largement surmontées.

NH90 néerlandais  (© : NH INDUSTRIES)
NH90 néerlandais (© : NH INDUSTRIES)

Premières livraisons en 2010 du NFH

Concernant la version NFH, 111 hélicoptères ont donc été commandés, soit 46 pour l'Italie, 27 pour la France, 20 pour les Pays-Bas, 14 pour la Norvège et 4 pour la Belgique. Les marines néerlandaise et française ont touché leurs premiers appareils en 2010. Chacune dispose actuellement de 3 machines. En 2011, l'Italie et la Norvège recevront à leur tour leurs premiers NH90, la Belgique devant quant à elle être servie en 2012. L'aéronautique navale tricolore, pour laquelle 27 « Caïman » ont été commandés, prévoit, à l'issue d'une campagne d'expérimentation, une mise en service fin 2011.

NH90 français (© : MARINE NATIONALE)
NH90 français (© : MARINE NATIONALE)

Deux standards

Lutte antinavire et anti-sous-marine, transport d'assaut, logistique, secours en mer, surveillance maritime... Le NH90 sera un appareil extrêmement polyvalent permettant de remplacer par un même hélicoptère nettement plus performant le Lynx, le Super Frelon ou encore le Sea King. Le passage d'une configuration à une autre est facilité par l'usage de kits, avec une reconfiguration automatique des calculateurs de l'hélicoptère en fonction de la configuration choisie. Présentant une masse d'environ 10 tonnes, l'autonomie du NH90 est supérieure à 4 heures, soit 480 nautiques franchissables.

NH90 français avec sonar FLASH (© : MARINE NATIONALE)
NH90 français avec sonar FLASH (© : MARINE NATIONALE)

Les premiers Caïman Marine opérationnels cette année au sein de la flottille 31F ne disposeront toutefois pas, dans un premier temps, de toutes les fonctionnalités.
Les premiers NFH sont, en effet, livrés au Step A, qui comprend toutes les fonctions majeures, à l'exception des armes. Le standard final, appelé Step B, doit être livré en 2012 et permettra notamment la mise en oeuvre missiles et torpilles, d'un sonar trempé FLASH et de bouées acoustiques. On notera d'ailleurs qu'allié aux frégates de nouvelle génération, comme les FREMM, le NH90 constituera une menace redoutable pour un sous-marin hostile.

NH90 norvégien (© : NH INDUSTRIES)
NH90 norvégien (© : NH INDUSTRIES)

Les spécificités de la version navale

Commandes de vol électriques, fuselage en composite, capacités anti-crash, résistances aux ambiances d'environnement et d'électromagnétisme sévères, système de contre-mesures... La base du NFH est commune avec la version terrestre du NH90. Son cockpit très ergonomique est équipé d'écrans multifonctions et son fuselage en composite le rend plus léger et plus discret face aux radars. Par rapport au TTH, le NFH dispose d'un certain nombre de particularités, liées aux missions qui lui seront confiées et à l'environnement dans lequel il évoluera. La version navalisée du NH90 comprend un radar panoramique (360°) offrant une vision étendue du domaine maritime et optimisé pour la lutte antinavire comme ASM (détection de périscopes). Il dispose aussi de radios et liaisons de données spécifiques (L11), ainsi que d'un système de veille électro-optique (boule FLIR) pour la détection et le pistage de cibles, de jour comme de nuit.

NH90 sur une frégate (© : NH INDUSTRIES)
NH90 sur une frégate (© : NH INDUSTRIES)

Taillé pour les frégates

Pour la mise en oeuvre sur bâtiments de surface, l'hélicoptère est doté d'un train d'atterrissage renforcé, d'un harpon pour les appontages, ainsi que d'un système automatique de repliage des pales et de la poutre de queue pour le stockage dans le hangar des frégates. Cette catégorie de bâtiments est, d'ailleurs, « dimensionnante » en termes d'appontage, surtout par mauvais temps, les mouvements de la plateforme provoquant d'importantes contraintes sur les trains. Une campagne de qualification au delà du cercle arctique a, notamment, été mené en 2008 sur une frégate norvégienne par mer forte avec appontages par différents angles de vent par rapport à l'hélicoptère.

NH90 sur la frégate Chevalier Paul  (© : JEAN-LOUIS VENNE)
NH90 sur la frégate Chevalier Paul (© : JEAN-LOUIS VENNE)

En matière d'armement, les NH90 NFH pourront mettre en oeuvre des missiles antinavire de type Marte Mk2/S (Italie et Norvège) ou ANL/FASGW (projet franco-britannique de nouveau missile antinavire léger). Dans le domaine de la lutte anti-sous-marine, l'appareil sera doté de torpilles MU90 (France et Italie), Mk46 (Pays-Bas) et Sting Ray (Norvège). Enfin, pour les missions de contre-terrorisme et de lutte contre le narcotrafic ou la piraterie, le NH90 pourra embarquer un tireur d'élite.

Hélitreuillage par un NH90  (© : MARINE NATIONALE)
Hélitreuillage par un NH90 (© : MARINE NATIONALE)

La version soutien

Dans sa version transport (ou soutien), le NFH pourra accueillir 14 soldats en plus de son équipage. Cette variante disposera d'une rampe arrière et pourra assurer le transport de charges OTAN grâce à un système de montée de charges par treuil avec rails intégrés. Le NH90 sera également à même de réaliser des évacuations médicales, y compris en zone de combat, ainsi que des missions de sauvetage maritime. Pour cela, l'équipage s'appuiera notamment sur le détecteur infrarouge de la boule FLIR et sur le radar panoramique, le treuil permettant de transférer du personnel, des civières ou du fret.

Hélitreuillage par un NH90  (© : MARINE NATIONALE)
Hélitreuillage par un NH90 (© : MARINE NATIONALE)

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