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NIcolas Sarkozy a présenté ses voeux aux armées à l'Ecole Navale

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NIcolas Sarkozy a présenté ses voeux aux armées à l'Ecole Navale

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C'est un joli coup de vent, comme la pointe bretonne en connaît souvent l'hiver qui a accueilli le chef de l'Etat hier à Lanvéoc-Poulmic. Nicolas Sarkozy avait en effet choisi l'Ecole navale pour présenter ses voeux aux armées.
Accompagné du ministre de la Défense, Gérard Longuet et des autorités militaires de toutes les armées, il a assisté à des démonstrations du nouvel hélicoptère Caïman Marine. Le président s'est ensuite entretenu avec l'équipage qui a récemment sauvé, dans la tempête, les marins du TK Bremen. Après avoir visité l'Ecole Navale au pas de charge, et notamment le nouveau simulateur de navigation, le président a prononcé son discours de voeux devant 2000 élèves des écoles militaires (Ecole Navale, Maistrance et école des Mousses pour la Marine, Ecole de l'Air et Ecole des sous-officiers de l'Armée de l'Air, Saint-Cyr-Coetquidan, Ecole nationale des sous-officiers d'active et Ecole militaire interarmées pour l'Armée de Terre, l'Ecole des officiers de gendarmerie, l'Ecole du service de santé des Armées de Lyon-Bron, l'école du personnel paramédical des armées de Toulon, l'Ecole Polytechnique et l'Ecole nationale supérieure des Techniques Avancées).

  Démonstration du Caïman Marine (© : MARINE NATIONALE)
Démonstration du Caïman Marine (© : MARINE NATIONALE)

  Le chef de l'État s'entretient avec l'équipage du Caïman qui a sauvé les marins du TK Bremen (© : MARINE NATIONALE)
Le chef de l'État s'entretient avec l'équipage du Caïman qui a sauvé les marins du TK Bremen (© : MARINE NATIONALE)

  Visite de l'École Navale (© : MARINE NATIONALE)
Visite de l'École Navale (© : MARINE NATIONALE)

  Visite de l'Ecole Navale (© : MARINE NATIONALE)
Visite de l'Ecole Navale (© : MARINE NATIONALE)

Reconquérir les militaires

Un discours flatteur d'un président, qui voudrait établir un lien fort avec les armées. A quelques semaines de l'élection présidentielle et face à un public jeune, Nicolas Sarkozy a donc tenté de conquérir son auditoire en invoquant à plusieurs reprises le général de Gaulle, ainsi que la fierté de la Nation pour son armée. Entamant son discours par un hommage appuyé aux deux légionnaires morts au combat en Afghanistan à Noël, le président a évoqué « le sacrifice suprême » que peut signifier la carrière militaire que les élèves s'apprêtent à embrasser. Puis il a immédiatement insisté sur sa propre responsabilité. « Croyez bien qu'en tant que chef des armées, je sais la valeur de ces mots, ils me reviennent chaque fois que mon chef d'état-major vient m'annoncer la mort d'un de nos hommes. Chaque fois que je prends la décision d'engager nos forces, je sais que, malgré nos efforts et nos moyens, il se peut que certains ne reviennent pas vivants. Ce poids de la décision, je le porte, comme vous portez ou porterez vous-même, l'angoisse du combat ».

 (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Un bilan controversé à défendre

Le président de la République a ensuite pris des accents gaulliens pour rappeler la nécessité de garder la capacité « à nous défendre et à hausser le ton sur la scène internationale quand les évènements l'exigent ». « Nous ne l'abandonnerons jamais. Ce serait renoncer à l'idée que la France se fait d'elle-même. C'est pour cette raison que je me suis attaché à maintenir un niveau important de ressources budgétaires pour les armées ce qui représente un effort considérable dans le contexte actuel ». Face à des responsables militaires qui ont dû faire face à la fermeture d'un grand nombre de bases, ainsi qu'à une importante réduction de leurs effectifs, pour en arriver à la suppression de 54.000 postes (militaires et civils) pour l'ensemble des armées, le président a voulu rappeler que « la loi de programmation militaire, pour la première fois depuis bien longtemps, est ainsi exécutée dans le respect global de son architecture. Et les premiers objectifs du Livre Blanc ont été atteints ». Le président a par ailleurs rappelé que les crédits dévolus au renseignement ont augmenté de 23% entre 2010 et 2012. Des paroles entendues au moment où les militaires restent très inquiets des menaces de coupes sombres qui pourraient intervenir dès cette année dans le cadre de la révision du Livre Blanc.

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

Harmattan, un succès longuement rappelé

Après avoir salué la consolidation de la culture interarmées et « l'armature robuste et cohérente » des forces, le chef de l'Etat est longuement revenu sur l'opération Harmattan. « Le succès de notre intervention en Libye ne fait que conforter les choix de réorganisation qui ont été faits. (...) Toute cette chaîne logistique, matérielle, humaine a permis de mettre en oeuvre à grande échelle nos armements dont certains pour la première fois en conditions réelles ». Il a également rappelé qu'Harmattan a été l'occasion de valider une chaîne très courte de décision. « Deux heures à peine après que j'en eus pris la décision, nos chasseurs de l'armée de l'Air étaient déjà au-dessus de la Libye. Notre porte-avions, qui revenait de 4 mois d'opérations dans l'océan Indien, a appareillé en quelques heures pour participer à l'opération. »

 (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
(© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le retrait des troupes en Afghanistan

A Lanvéoc, il a également été question de l'Afghanistan. « Le 27 janvier, je rencontre le président afghan Hamid Karzai. Nous allons travailler sur le calendrier de retrait de nos troupes ». L'Afghanistan devrait prochainement voir les troupes alliées se retirer. Celles-ci sont actuellement en train de passer le relais aux forces de sécurité afghanes. Et ce parfois dans des conditions très difficiles comme le montre le récent exemple des légionnaires français abattus par un soldat afghan. D'ici 2014, ce transfert devrait être pleinement effectif. « Les premiers soldats français sont rentrés ces dernières semaines, d'autres suivront en 2012, conformément au plan de retrait annoncé ».

Les forces spéciales saluées

Le président a eu un mot pour les forces spéciales, très largement mises à contribution dans les conflits et opérations récentes, et qui y ont payé un lourd tribut. « Nos engagements militaires ne peuvent se faire sans elles dans les crises d'aujourd'hui. Elles arrivent en premier, partent en dernier, opèrent vite et savent durer. On ne peut se passer de leur mobilité, de leur discrétion, de leur expertise. » Il a donc félicité les soldats d'élite des trois armées. « Leurs interventions ont été déterminantes, nos alliés l'ont bien compris et en ont été impressionnés ».

« Le président syrien doit quitter le pouvoir »

Evoquant la situation de la Syrie, Nicolas Sarkozy a insisté sur « les massacres qui suscitent a juste titre l'écoeurement et la révolte, dans le monde arabe, en France, en Europe et partout dans le monde ». D'un ton très ferme, il a précisé la position française sur la question. « Le président syrien doit quitter le pouvoir et laisser son peuple décider librement de son destin. La communauté internationale, elle, doit prendre ses responsabilités. Elle doit agir efficacement en dénoncant une répression cruelle ; s'assurer que les observateurs de la Ligue arabe ont tous les moyens et toute la liberté de faire correctement leur travail ; en prenant les sanctions les plus dures ; en assurant l'accès humanitaire. C'est ce à quoi la France, avec ses partenaires, continuera de travailler sans relâche ».