Construction Navale
Nicolas Sarkozy réaffirme le soutien de l'Etat aux chantiers nazairiens

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Nicolas Sarkozy réaffirme le soutien de l'Etat aux chantiers nazairiens

Construction Navale

En déplacement vendredi aux chantiers de Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy a voulu rassurer les salariés de STX et les nombreux sous-traitants qui travaillent sur le site. Près de deux ans après sa première visite comme chef de l'Etat, le président a réaffirmé son soutien à la navale. « On n'est plus un grand pays si on ne sait pas construire des trains, des avions, des voitures et des bateaux. J'ai dit que je ne laisserais jamais fermer les chantiers. C'est stratégique pour la France. On est maintenant sorti de la crise. Il faut préparer l'avenir et jouer à fond la carte de la diversification, notamment en ce qui concerne les énergies marines renouvelables », a-t-il dit devant un parterre d'ouvriers, de techniciens et de cadres venus l'écouter au pied du bâtiment de projection et de commandement Dixmude. Ce BPC, commandé par anticipation en avril 2009 dans le cadre du plan de relance de l'économie, illustre le soutien des pouvoirs publics aux chantiers. « Le président s'est engagé lors de sa précédente venue, en 2008, et, depuis, n'a pas arrêté de s'occuper de nous, même si cela ne se voit pas toujours. L'Etat est d'abord entré dans le capital en octobre 2008. Puis, dans le cadre du plan de relance de l'économie, nous avons eu la commande du BPC, qui était une décision présidentielle. Nous avons bénéficié d'un plan de formation financé par l'Etat pour limiter le chômage partiel. Et puis il y a eu une intervention personnelle très forte pour que la commande d'un nouveau paquebot pour MSC puisse se concrétiser. Sans oublier les négociations pour l'achat de BPC par la Russie. Nous sommes extrêmement bénéficiaires de ce dynamisme », explique Jacques Hardelay, directeur général de STX France.

L'art de la communication

Evidemment, tout avait été fait, durant ce déplacement, pour ne montrer que l'aspect positif de la situation. Un BPC qui s'achève, la commande d'un nouveau paquebot pour la compagnie italo-suisse MSC, celle d'un autre pour l'armateur libyen GNMTC, les perspectives de la diversification dans les énergies marines renouvelables... L'Elysée avait bien fait les choses et, comme à l'habitude, encadrait de près une presse parisienne peu au fait des dossiers et entrainée au pas de charge dans le sillage du cortège présidentiel. Une petite phrase avait même été prévue sur la réforme des retraites, histoire d'être certain que l'évènement passe aux journaux télévisés de midi. Concernant les chantiers, au-delà du fait que le président ait mentionné deux paquebots pour MSC (alors qu'il n'y en a qu'un), l'annonce la plus surprenante fut sur le projet de vente de BPC à la marine russe. « Avec nos amis Russes, vous allez fabriquer 2 BPC. La décision de le faire est certaine », a lancé le président devant les salariés de STX France. Il n'en fallait pas tant pour qu'un certains nombre de media annoncent que la commande avait été décrochée. C'est, en fait, aller un peu vite en besogne, aucun contrat n'étant signé. Les négociations sont toujours en cours et, même si Nicolas Sarkozy aurait reçu des assurances personnel les de Dimitri Medvedev, comme on dit dans l'industrie : « tant qu'un contrat n'est pas signé, il n'est pas signé ». Malgré ces effets de communication, force est de reconnaitre que Nicolas Sarkozy fut plutôt bon lors de son intervention au fond de la forme de construction. S'exprimant sans discours ni note, le président fut comme à l'habitude dynamique et sa déclaration fut, dans l'ensemble, plutôt bien perçue dans l'assistance. D'autant que le même jour, STX France annonçait le lancement d'importants investissements, comme l'achat d'un nouveau portique et la modernisation du système de conception et de gestion des projets par ordinateur.

Les syndicats rappellent que la situation demeure difficile

Mais les syndicats, qui ont rencontré le président vendredi, demeurent prudents et temporisent le flot de bonnes nouvelles. A juste titre, la CGT rappelle que la situation reste difficile et que les nouveaux navires n'apporteront pas immédiatement du travail. « Des centaines d'emplois ont disparu, un plan de départ volontaire est en cours et le chômage partiel, même si il y a une commande de concrétisée, existe toujours. Le bassin de Saint-Nazaire est également profondément touché. Des sous-traitants disparaissent et avec l'entreprise et ses salariés, se sont des compétences indispensables pour le maintien et le développement de l'industrie sur la zone », explique le syndicat. Force Ouvrière dépeint également un contexte très délicat : « Après la livraison du paquebot Norvegian Epic pour NCL (en juin dernier, ndlr), plusieurs centaines de salariés des secteurs du montage sont à leur tour en chômage partiel total. Les salariés des entreprises sous-traitantes subissent les fins de contrats, les licenciements voire le dépôt de bilan de leur entreprise. Dans les bureaux d'études, la situation est également extrêmement préoccupante du fait de l'absence de commande de navire prototype. Les salariés de ces secteurs, techniciens et cadres, sont confrontés au chômage partiel depuis plusieurs mois et le retour des congés s'annonce encore plus difficile ». La CFTC prévoit, de son côté, que « la fin de l'année 2010 et l'année 2011 risquent d'être dures pour la sous-traitance qui ne peut espérer de redémarrage avant mi 2011 pour les plus chanceux ». Enfin, si la CFDT estime que la visite de Nicolas Sarkozy « a confirmé le soutien de l'Etat français à la construction navale », « Il faut dans les prochaines semaines concrétiser la commande des BPC russes. La commande d'un navire prototype reste toujours la première urgence pour passer le cap de l'automne aux bureaux d'études de STX ». De plus, le syndicat pense que « la diversification doit être soutenue et impulsée de façon plus importante par l'Etat actionnaire ».

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