Marine Marchande
Nigéria : Le Bourbon Alexandre attaqué, trois marins français enlevés

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Nigéria : Le Bourbon Alexandre attaqué, trois marins français enlevés

Marine Marchande

BOURBON a confirmé hier l'enlèvement, dans la nuit de mardi à mercredi, de 3 membres d'équipage du Bourbon Alexandre. Battant pavillon français, ce remorqueur de 67 mètres, du type AHTS (Anchor Handling Tug Supply), a fait l'objet d'un assaut mené par quatre embarcations rapides alors qu'il se trouvait sur le champ pétrolier d'Addax, situé au large du Nigéria. Les assaillants sont montés à bord et ont dérobé les objets de valeur. Puis ils sont repartis en emmenant de force trois officiers français. Les 13 autres membres d'équipage sont restés sur l'Alexandre et, selon BOURBON, n'ont pas été blessés. Le groupe maritime français a activé une cellule de crise à Marseille, où se trouve son siège, en coordination avec la cellule d'urgence installée au Nigéria. Ce dispositif « évalue la situation en temps réel et est mobilisée pour obtenir une libération dans les meilleurs délais et conditions de sécurité », explique la compagnie, qui précise travailler en étroite collaboration avec les autorités françaises et nigérianes. On notera que, lors du raid, un autre navire de la compagnie, le Bourbon Ulysse, était apparemment sur zone. Le remorqueur serait néanmoins parvenu à s'échapper, ce qui n'a pas été le cas du remorqueur Jascon 21 et de la barge Jascon 30 (n'appartenant pas à BOURBON), qui ont également été attaqués. Trois membres d'équipage, originaires des Philippines et du Nigéria, ont été kidnappés au même moment que leurs collègues français. Un Thaïlandais serait également retenu avec les marins du Bourbon Alexandre, a indiqué hier soir le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend). Le principal groupe armé du sud du pays, auteur de plusieurs enlèvements par le passé, a affirmé hier soir avoir « localisé les trois Français et une autre personne enlevée dans un incident séparé la même nuit » et « être en pourparlers avec les ravisseurs » pour qu'ils les lui remettent.

Le Bourbon Alexandre (© : BOURBON)
Le Bourbon Alexandre (© : BOURBON)

4ème attaque contre un navire de BOURBON depuis début 2009

Le pavillon tricolore n'est donc pas spécifiquement visé, même s'il est permis d'imaginer que, sur le « marché de l'otage », la rançon est peut être plus forte pour un officier Français (ou un Européen) que pour un matelot africain, notamment en raison de la pression médiatique. A Paris, Hervé Morin, le ministre de la Défense, a évoqué un « acte de piraterie classique », excluant tout lien avec les otages français du Niger, enlevés par Al Quaïda.
L'assaut lancé contre l'Alexandre n'est, en tous cas, pas une première pour BOURBON, qui a eu à déplorer quatre attaques au Nigéria en moins de trois ans. En janvier 2008, un assaut contre un convoi de bateaux avait fait deux blessés sur le Bourbon Leda. Un an plus tard, ce même navire avait été surpris au large du Nigéria. Neuf membres d'équipage avaient été enlevés avant d'être libérés sains et saufs. Entre temps, deux officiers français du Bourbon Apsara étaient kidnappés à terre en août 2008 puis, en octobre de la même année, un assaut avait été mené en mer contre le Bourbon Sagitta, 10 membres d'équipage, dont 7 français, étant enlevés. Tous ces marins avaient fini par être relâchés.
Menées par des groupes armés, enrichis par les rançons des prises d'otages, les attaques étaient au nombre d'une centaine en 2009, selon le ministère français de la Défense. Malgré le renforcement des dispositifs de sécurité, avec notamment des bateaux armés affectés à la protection des champs offshores, les attaques contre les intérêts pétroliers, qui avaient diminué ces derniers mois, reprennent dans le détroit du Niger. « Après une période de calme relatif, les attaques ont repris avec force. Les dispositifs sont relativement efficaces mais cela n'empêchera jamais des pirates motivés d'attaquer », estime un commandant de navire travaillant sur zone.

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