Construction Navale

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Noé : L’ancien bateau ventouse de Lorient prochainement réhabilité

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Depuis dix ans, il avait seulement été déplacé du port de pêche de Lorient à la passerelle Ro-Ro. La seconde vie de l'ancien baleinier norvégien (61 m), racheté en 2000 par Olivier Chiabodo, s'était terminée dans une impasse. L'animateur télé souhaitait en faire un studio flottant, et avait lancé de pharaoniques travaux (deux années avaient été nécessaires) pour le réaménager entièrement, grâce au savoir-faire lorientais. Mais sa société, Carabin, n'a pas tenu la marée: liquidée, elle a laissé le Noé à quai. En 2007, une vente aux enchères publique n'avait rien donné. Enfin, si: un acheteur avait signé, avant que la vente ne soit annulée suite à deux recours. Cet acheteur, la société Aéromarine, spécialisée dans la location d'avions pour l'aviation d'affaires, est revenu à la charge, cet été. Et a emporté le Noé.

 

Une nouvelle vie de palace flottant

 

Son objectif: en faire un palace flottant, à Madagascar. Le P-DG d'Aréomarine aurait eu le coup de foudre pour le vieux chalutier, aux lignes élégantes, mais aux flancs aujourd'hui rongés par la rouille. Pour en faire l'escale de clients fortunés, un sérieux coup de neuf devra être donné au navire. Avant cela, il faudra s'assurer que le Noé est en état d'aller jusqu'à Madagascar: par ses propres moyens, en réactivant une propulsion éteinte depuis dix ans, ou alors remorqué. Avant de trancher, et pour avoir un chiffrage des travaux à réaliser, Aéromarine a confié une mission de conseil technique aux chantiers Piriou, de Concarneau. «Avant qu'il puisse reprendre la mer, il faudra sécuriser la partie coque et structures, sur laquelle il y a encore quelques petits doutes, et remettre en route les moteurs», explique Vincent Faujour, responsable de la division refit chez Piriou. «Au grand minimum, ça représente deux mois de travaux».

 

Vers un départ cet été

 

Une partie des travaux de réaménagement du navire pourrait également être réalisée en Bretagne, et les finitions à Madagascar. Mais le timing est serré: le nouveau propriétaire voudrait rapatrier le Noé cet été, pour lancer son activité avant la fin d'année. «Il faudrait que le chantier soit lancé pour le mois de mars», selon Vincent Faujour. Pour l'heure, seul Piriou a fait une offre budgétaire à Aéromarine pour chiffrer ces premiers travaux. Le chantier a l'avantage de disposer d'un élévateur à bateaux et d'une cale sèche. Le propriétaire, lui, aurait une préférence pour les entreprises lorientaises, qui connaissent déjà le Noé pour l'avoir réaménagé il y a dix ans. Et un chantier à Lorient éviterait d'avoir à payer un remorquage jusqu'à Concarneau.

 

DCNS dans la boucle?

 

Un groupement d'entreprises lorientaises, réunies autour des Ateliers mécaniques lorientais, prépare actuellement un devis, comme nous l'a confirmé l'Association interprofessionnelle du port, hier. Mais cette proposition est conditionnée à un point délicat: que «DCNS accepte de mettre à disposition sa forme de radoub pour mettre le navire au sec». Car après dix ans d'immobilisme, la première urgence sera de vérifier l'état de la carène. Le Noé s'apprête donc à être la cible d'un match entre Lorientais et Concarnois. Même si ces derniers affirment vouloir être beaux joueurs. «Cela semblerait logique que Lorient emporte le chantier, car les entreprises connaissent le navire, et leur port a supporté la présence du Noé depuis dix ans», reconnaît Vincent Faujour. «Mais s'il n'y a pas de solution sur place, nous formulerons une offre, évidemment».

 

Un article réalisé par la rédaction du Telegramme

 

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