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Non, le SNA Suffren n’a pas encore réalisé sa première plongée

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Non, le SNA Suffren n’a pas encore réalisé sa première plongée

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Le cabinet de Florence Parly est allé un peu vite en besogne en annonçant hier matin, sur le compte Twitter de la ministre des Armées, que le Suffren avait réalisé sa première plongée le 4 février. Pas de chance, le bâtiment, toujours dans son bassin à Cherbourg, a simplement été mis en état de flottaison. Sa première plongée n’interviendra pas avant les prochaines semaines, quand il aura débuté ses essais en mer.

 

 

Premier des six sous-marins nucléaires d’attaque réalisés dans le cadre du programme Barracuda, le Suffren est sorti du grand hall de construction du chantier Naval Group de Cherbourg en juillet dernier. Puis il a été transféré par marcheurs sur le dispositif de mise à l’eau (DME) du site. Début août, le bassin a été partiellement rempli d’eau. Mais le bâtiment reposait toujours, jusqu’au 4 février, sur sa ligne de tins. Il n’avait donc en réalité par encore été mis à flot, ce qui est aujourd’hui chose faite. La période durant laquelle la coque a été baignée sans pour autant flotter a servi à différents tests et mises en route, par exemple des prises d’eau de mer et circuits associés. L’apport d’eau fut nécessaire pour le démarrage de la chaufferie nucléaire. Le réacteur, chargé en éléments combustibles à l’automne, a divergé au mois de décembre. Quant à la coque, son étanchéité a été éprouvée, notamment en jouant sur la pression des différents compartiments.

La mise en flottabilité du sous-marin constitue une nouvelle étape. Elle permet en particulier de vérifier sa stabilité en observant que ses assiettes longitudinale et latérale sont conformes aux modèles numériques. La prochaine grande phase sera le premier appareillage, marquant le début des essais en mer, qui doivent commencer dans les semaines à venir. Ceux-ci comprendront des navigations en surface et une plongée statique, permettant notamment de finir de tester le bon fonctionnement des ballasts et, surtout, de peser le bateau. Le Suffren gagnera dans un second temps l’Atlantique afin de réaliser, à partir de Brest, ses premières plongées profondes. Puis il mettra le cap sur Toulon, où il sera basé et où il est attendu l’été prochain en vue de sa livraison à la Marine nationale. Si tout se passe comme prévu, son admission au service actif devrait intervenir en 2021.  

Second SNA de la classe Suffren, le Duguay-Trouin (dont la coque sera bientôt fermée) doit rejoindre la flotte française en 2022. Viendra ensuite le Tourville, attendu en 2023, puis les De Grasse (2025), Rubis (2027) et Casabianca (2029). 

Appelés à succéder aux six SNA du type Rubis, les Suffren sont des bâtiments de 99.5 mètres de long pour 8.8 mètres de diamètre, leur déplacement en plongée devant atteindre environ 5300 tonnes. Armés par 65 marins, ils pourront mettre en œuvre des torpilles lourdes F21, des missiles de croisière navals (MdCN) et des missiles antinavire Exocet SM39, avec la capacité de déployer également des mines. Ils pourront également embarquer un module pour les opérations spéciales, conçu pour abriter le matériel des commandos et nageurs de combat, dont le nouveau propulseur sous-marin PSM3G. 

- Voir notre article complet sur le SNA Suffren

 

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)