Vie Portuaire
North Sea Ports : trois ports en un sur l'Escaut

Reportage

North Sea Ports : trois ports en un sur l'Escaut

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Depuis le 1er janvier 2018, un nouveau port existe. Baptisé North Sea Port, à cheval sur les Pays-Bas et la Belgique, il regroupe les ports de Gand et de Zélande (Flessingue et Terneuzen). « Nous sommes le deuxième exemple d’une telle fusion en Europe, après celle des ports de Malmö et de Copenhague », détaille Daan Schalck, directeur du port.

60 kilomètres de long, de la mer du Nord à la ville de Gand, à 32 km à l’intérieur des terres, North Sea Port « partage » l’Escaut avec Anvers. « Cela se passe très bien, nous avons de très bons rapports avec Anvers et Rotterdam qui ont vu d’un très bon œil notre fusion ». En effet, la nouvelle entité portuaire ne compte pas venir chasser sur les terres de ses très performants voisins, notamment pour le conteneur. « Non, nous avons choisi de nous concentrer sur les marchés où nous pouvons faire la différence, souvent de niche ». Avec une grande majorité de vrac (solide 47%, liquide 29%), colis lourds (17%), roro (5%) et conteneurs (2%). et 70 millions de tonnes en 2018, le nouveau port continue à progresser. « Gand est ainsi passé du 25ème au 7ème rang sur le range Nord européen ». Les trois ports génèrent près de 100.000 emplois, abritent 525 entreprises et génèrent une valeur ajoutée de 14.5 milliards d’euros.

Le regroupement des trois ports a avant tout permis une meilleure coordination de la circulation sur l’Escaut, avec notamment une meilleure planification des temps d’attente sur les passages d’écluses. « Grâce à la digitalisation de nos outils, nous avons beaucoup travaillé sur ce point pour éviter au maximum toute attente. Cela fonctionne très bien et les armateurs ont constaté une nette économie de soutes, ce qui est bien pour eux et pour notre environnement. Nous avons d’ailleurs commencé à travailler avec Anvers pour encore plus fluidifier la navigation sur l’Escaut ».

 

(©  NORTH SEA PORTS)

(©  NORTH SEA PORTS)

 

North Sea Ports veut attirer toutes sortes de trafics, mais souhaite surtout implanter des industries dans la zone. « Nous savons que notre force est là : la logistique et la valeur ajoutée sur la place portuaire. Notre atout, c’est notre géographie qui nous permet d’être un hub au cœur de la Belgique, avec les barges et le rail sur lesquels nous investissons beaucoup avec comme objectif une réduction des camions à 25% des acheminements ». La présence de Volvo, qui a fait de Gand son centre de distribution européen, dynamise la multi-modalité, avec la présence de DFDS qui transporte les voitures depuis Göteborg. Et qui organise leur post-acheminement avec cinq trains par jour.

« Nous avons aussi le foncier le long du canal, de l’Escaut et des côtes : actuellement il y a près de 1000 hectares disponibles ». La place portuaire veut continuer à être un endroit où « on importe des matières premières et on les transforme sur place ».

Et son créneau, c’est le trafic régional. « Souvent, dans les salons professionnels, je passe pour un ahuri quand je dis que moi, la Chine, ça ne m’intéresse pas trop », sourit Daan Schalck. Les deux-tiers du trafic de NSP est constitué par le cabotage européen, avec « la Scandinavie et la Russie en tête, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne ». Le trafic océanique se concentre vers les Etats-Unis et le Canada, ainsi que le Brésil.

Enfin, il y a les énergies renouvelables, une industrie qui devient incontournable pour les ports flamands et néerlandais. « Nous avons déjà plus de trente fermes éoliennes au large de nos côtes et cela continue. Près de 2500 personnes travaillent dans cette industrie sur notre port et les investissements continuent » Ørsted, le groupe danois, a ainsi installé une grande base à Flessingue et continue à s’y développer.

 

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