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Norvège : Mandal se prépare aux chantiers de réactivation des plateformes

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Norvège : Mandal se prépare aux chantiers de réactivation des plateformes

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L’Oil&Gas repart, c’est désormais une certitude. Avec la remontée du prix du baril, l’industrie pétrolière et para-pétrolière voit le bout du tunnel dans laquelle elle s’est engouffrée en 2014. En Norvège, l’optimisme est raisonnablement de mise, notamment dans le sud du pays, grand pourvoyeur d’équipements de forage et de plateformes.

Mandal est la ville la plus au sud du royaume, juste à l’entrée du Skagerrak. Un petit port, dont les quais accueillent principalement un trafic de bois, et une situation géographique favorable. « Nous sommes parmi les plus près des champs offshore du plateau continental et dans un axe de circulation et de transit maritime fréquenté », constate Sven Arild Evertsen, responsable commercial de Global Ocean Rig, que nous avons rencontré sur place la semaine dernière. Sa compagnie fait partie du tout nouveau groupe Global Ocean Technology récemment créé par des investisseurs norvégiens de Kristiansand et qui regroupe des dizaines d’entreprises existantes. GOT vise tout simplement « à devenir le premier fournisseur mondial de navires, produits, technologies et services pour l’industrie marine et offshore ».

Parmi ces entreprises rachetées par GOT, il y a donc, évidemment, des spécialistes de l’offshore et notamment des plateformes et jack-ups. Celles-là même qui, depuis quatre ans, peuplaient les quais et fjords du coin. « Le marché est revenu. Toutes les plateformes et jack-ups qui étaient en warm-stacks (arrêtées mais toujours armées NDLR) dans la région de Kristiansand sont reparties travailler. Il va falloir désormais réactiver celles qui sont en cold-stack (arrêtées et désarmées) ».

La toute nouvelle compagnie en est sûre, il y a là un très gros marché. La réactivation d’unités qui ont été mises en sommeil pendant plusieurs années implique un chantier de six mois qui voit la reprise de l’ensemble des circuits et de la structure des équipements. Une modernisation, qui sera nécessaire pour un certain nombre d’unités, durera environ un an. « Il y a actuellement 44 plateformes arrêtées dans la région de la mer du Nord, la moitié en cold-stack et l’autre moitié warm-stack ».

 

Le futur quai d'accueil des plateformes et jack-ups (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le futur quai d'accueil des plateformes et jack-ups (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

De quoi aiguiser des appétits. Global Ocean Rig a donc décidé de mettre les gros moyens en développant un tout nouveau chantier à Gismerøya, une île juste à côté de Mandal. 44.000 m2 de surface avec des hangars et des ateliers sur près de 6000 m2. Des importants travaux pour aménager deux quais, un de 110 mètres et l’autre de 90, du dragage pour y garantir une profondeur de 10.5 mètres à quai. « Ici, nous sommes à un mille de la haute mer, le chenal a une largeur de 170 mètres et une profondeur de 16.5 mètres ».

Autant de conditions qui ont amené Global Ocean Rig à envisager que le site, actuellement occupé par un chantier naval spécialisé dans les petites unités notamment en alu, devienne un pôle de réactivation des plateformes et jack-ups. « Nous pourrons accueillir deux jack-ups en même temps. L’idée c’est de pouvoir offrir un service complet : le chantier d’activation, les inspections et la mise en condition opérationnelle ». Si les dirigeants de GOT semblent confiants quant à leur avenir, ils savent aussi que les choses ont changé. Le prix du pétrole n'atteindra sans doute plus jamais les sommets d'avant 2014 et les majors pétrolières sont désormais à l'affut de la moindre économie sur les coûts d'exploitation. « Avant, les majors payaient les factures des plateformes, maintenant, elles donnent une enveloppe. Il faut s'adapter à cette nouvelle réalité ».