Construction Navale
Norvège : Un financement international pour les rétrofits environnementaux

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Norvège : Un financement international pour les rétrofits environnementaux

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Le traitement des eaux de ballast et des fumées de navires sont actuellement au cœur des nouvelles normes environnementales, et donc, des chantiers de rétrofits de navires devant se mettre en conformité. Des travaux qui peuvent s’avérer particulièrement coûteux, tant par la durée d’immobilisation des bateaux que par le prix des équipements.

85% d’équipements fournis par des sociétés norvégiennes

C’est dans ce contexte qu’Export Credit Norway, le mécanisme public de crédit export norvégien, vient de lancer une nouvelle offre de financement. Celle-ci s’adresse aux armateurs internationaux qui pourraient en bénéficier à condition qu’ils choisissent des équipements produits par des sociétés norvégiennes. L’offre couvre les systèmes de traitement d’eaux de ballast, les scrubbers et les revêtements de coque.

Export Credit Norway annonce pouvoir financer 85% du contrat d’équipement passé auprès de fournisseurs norvégiens. 30% de ces équipements au moins doivent être fabriqués en Norvège. Les prêts à taux fixe s’étaleront entre 5 et 8.5 ans, dans les conditions CIRR (commercial interest reference rate) de l’OCDE et devront être garantis par la garantie export norvégienne GIEK, ou par une banque commerciale reconnue par l’organisme. L’offre est également accessible aux armements norvégiens, pour des rétrofits en Norvège de navires naviguant à l’international.

Le crédit export doit aussi entrer dans l’ère post-offshore

Export Credit Norway subit, comme le reste de l’industrie du royaume scandinave, le coup d’arrêt prolongé provoqué par la crise pétrolière. « En ce moment, nous travaillons beaucoup sur des restructurations », reconnaît Tellef K.Tellefsen, vice-président de l’organisme, rencontré par Mer et Marine en Avril à Oslo. « La fête de l’offshore, qui a duré bien longtemps, est bien finie. Mais il y a une vie après et nous aussi, nous devons nous diversifier, d’où notre positionnement sur de nouveaux segments comme le retrofit ».

Vers le marché de la croisière?

Ces deux dernières années, Export Credit Norway a aussi travaillé sur de nouveaux marchés que ses « clients », l’industrie navale norvégienne, défrichent : l’aquaculture, la pêche, la croisière. « Rendez-vous compte, le dernier paquebot sur lequel nous avions travaillé, c’était "The World", construit il y a 25 ans dans les chantiers Fosen ». Aujourd’hui, l’organisme public accompagne neuf constructions de navires d’expéditions. « C’est un marché très concurrentiel, y compris en mécanisme de crédit-export. La Norvège n’est pas encore tout à fait à la hauteur des autres pays constructeurs de navires de croisière, notamment en matière de garantie export : en Finlande et en Allemagne, 95% du risque est couvert, en France et en Italie, c’est 100%, alors que le GIEK norvégien ne couvre que 90% ».