Croisières et Voyages
Norwegian Epic : Premières impressions à Rotterdam

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Norwegian Epic : Premières impressions à Rotterdam

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Nous vous emmenons aujourd'hui sur le Norwegian Epic, évènement de l'année dans le secteur de la croisière. Notre envoyé spécial, Pierre-Baptiste Vanzini, a pu découvrir le navire, ce week-end, lors de sa première présentation aux professionnels secteur.

(A ROTTERDAM ET EN MER DU NORD) Le plus gros paquebot jamais construit par les chantiers STX de Saint Nazaire est entré en service ce week-end. Ou presque. Les quelques 2 000 passagers, des agents de voyage pour la plupart, qui ont embarqué à Rotterdam pour une journée et deux nuits de croisière ont en effet dû cohabiter avec plus de 200 ouvriers des chantiers. Le personnel chargé de réaliser les ultimes finitions essayait de se faire le plus discret possible. On pouvait les apercevoir par exemple vers 3 heures du matin sur le pont 15, tout à côté des piscines en train de peindre, retirer des scotchs de protection ou réaliser des branchements électrique. La foule qui occupait les lieux quelques instants auparavant n'a rien vu, puisqu'elle avait alors gagné le Bliss, la discothèque intérieure du navire. On apercevait également les hommes de Saint-Nazaire, saluant les passants de leur plus bel anglais dans les coursives, farfouillant dans les locaux techniques.

Ce week-end, l'espace Courtyard n'était pas achevé (© : NCL)
Ce week-end, l'espace Courtyard n'était pas achevé (© : NCL)

Mais le retard le plus difficilement dissimulable est celui des suites Courtyard, au pont 16. Impossible de les visiter. Il a fallu attendre la mi-journée dimanche pour que quelques privilégiés puissent rentrer dans les deux suites terminées.
Les vitres donnant sur le patio intérieur ou les passagers des suites auront accès à un espace détente extérieur réservé - avec piscine- étaient soigneusement calfeutrées par des rideaux impossible à écarter. Selon nos informations, les travaux encore à effectuer dans cette zone n'étaient tout simplement pas montrable. Ajouter à cela un théâtre impraticable jusqu'à dimanche soir, des soucis de stabilisateurs, de climatisation et même ... des pannes insolubles des machine à jus d'orange et l'on commence à pouvoir dresser un tableau - impressionnant - du travail qu'il restait à effectuer au départ de Saint-Nazaire. « Cela fait 23 ans que je suis au chantier, explique ainsi un ouvrier, j'ai travaillé sur tous les paquebots sortis depuis et je peux vous dire que je n'ai jamais vu ça », assure-t-il. « Moi, ça fait 20 ans que j'y suis et c'est pareil, assure un de ses collègues. Le navire est parti 15 jours trop tôt », juge-t-il. Un retard qui fait quelques heureux chez les ouvriers puisqu'ils sont quasiment sûr d'aller jusqu'aux Etats-Unis. « Moi je n'ai pas mon passeport, se désole par exemple l'un d'entre eux, sinon, c'est sur je voyais New-York », lance-t-il, un peu déçus mais tout même heureux de naviguer sur le navire qu'il a contribué à construire. « Il est beau, non ? » demande-t-il. C'est vrai que ce navire a de la classe. Même son armateur, NCL, le dit.

L'atrium (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
L'atrium (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

L'atrium (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
L'atrium (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

L'atrium (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
L'atrium (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

La compagnie est officiellement très contente du travail réalisé, mais officieusement, c'est une autre histoire. Il semblerait qu'elle fasse payer les retards de livraison au prix fort à STX. « Buisness is buisness ». Des chiffres circulent à bord. On parle de 500.000 dollars de pénalité par jour de retard. D'autres évoquent que les chantiers ne pourraient jamais voir le solde de ce que l'armateur leur doit encore, soit quelques pourcent d'un navire à 1.2 milliard de dollar. L'addition s'annonce salée. Du côté des chantiers on ne fait officiellement aucun commentaire et on ne confirme pas les chiffres. Le navire est parti, c'est trop tard.
Mais les premiers passagers, payants, qui vont monter à bord ce jeudi à Southampton ne devraient pas subir trop de désagréments. Ils vont être le premier vrai test pour ce paquebot qui pousse le concept « Freestyle » développé par NCL encore un peu plus loin. Le navire n'est plus un vecteur de voyage, il est devenu un « navire destination » ou l'on doit retrouver « une ambiance club ». Les escales deviennent accessoires. Seules trois escales pour une croisière de 7 jours sont ainsi prévues cet été dans les Antilles au départ de Miami. Il est vrai qu'en termes de loisir, l'offre du Norwegian Epic est impressionnante.

Théâtre (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Théâtre (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le Bliss Club(© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Bliss Club(© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Bar (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Bar (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Bar (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Bar (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Bar (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Bar (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Bar (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Bar (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Bar (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Bar (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Boutique (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Boutique (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

A l'intérieur du navire, on trouve par exemple, au-delà du casino de la discothèque ou des pianos bar, un club de Jazz, un comedy club (inédit sur un paquebot), un théâtre qui propose un spectacle vraiment original du Blue Man Group ou des pistes de bowling. L'espace boutique se transforme en véritable centre commercial de luxe. Les machines s'alignent par dizaine le long des vitres de l'immense salle de fitness du pont 14 qui accueille en plus une salle de squash. Tout à côté, le Spa occupe tout l'arrière du navire. Un salon de repos extérieur s'ouvre sur la poupe. A bâbord, un sauna entièrement vitré donne lui aussi sur la mer. La décoration est parfaite dans sa sobriété.

Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Piscine (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Piscine (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Piscine (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Piscine (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Espace enfants (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Espace enfants (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Mur d'escalade (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Mur d'escalade (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Mais le véritable luxe du Spa réside dans l'espace du lieu, avec des proportions que pourraient lui envier bien des thalassos. Dehors, sur le pont 15, outre les piscines et jacuzzis, trois toboggans spectaculaires font oublier la mer en contrebas. Murs d'escalade, terrain de basket, trampoline sont là pour les plus grands. Les plus petits ont également leur piscine, qui se vide la nuit pour se transformer en night club ainsi qu'un espace couvert pour pouvoir faire trempette. La compagnie NCL a d'ailleurs passé un deal avec les producteurs de Bob l'éponge. L'idole des petits fait son show et pour 20 dollars, on peut même se faire photographier à ses côtés. Mais cet inventaire - non exhaustif - de l'avalanche d'activité proposé ne saurait en lui seul expliquer comment la compagnie espère retenir ses clients à bord. L'autre arme fatale imaginée par NCL est le concept du « mangez ou vous voulez, avec qui vous voulez et quand vous voulez ». 14 restaurants, ouverts à partir de 17 h 30, sont disséminés sur le navire et 11 d'entre eux sont accessibles sans suppléments.

Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Restaurant (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

De quoi manger des cuisines différentes à chaque repas pendant 7 jours de croisière si l'on prend soin de réserver sa table en ligne depuis sa cabine. La qualité de la cuisine est d'ailleurs l'un des points forts du navire. Que ce soit au buffet ou dans les restaurants, la nourriture est variée, fraiche et bien cuisinée. Le personnel d'une politesse et d'une gentillesse irréprochable se fait d'ailleurs le porte-parole des suggestions du jour des différents chefs. Les professionnels de la croisière, à bord lors de cette croisière de présentation, savent qu'ils tiennent là un produit assurément de qualité mais aussi très novateur. « Il ne faudra pas se tromper sur la vente » prophétise un agent de voyage. « C'est un bateau qui va nous permettre de toucher une nouvelle clientèle, encore plus axée sur la détente et le loisir », estime une autre professionnelle. Une clientèle sans doute plus jeune et plus familiale. Mais la véritable interrogation réside pour l'instant dans le design des cabines.

Suite (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Suite (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Suite (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Suite (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Cabine extérieure (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Cabine extérieure (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Cabine extérieure (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)
Cabine extérieure (© : PIERRE-BAPTISTE VANZINI)

Cabine (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Cabine (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Le concept « new wave », avec ses murs courbes et ses blocs sanitaires ouverts sur la cabine fait peur. « Ca ne plaira pas du tout aux américains », avance un agent. Il est vrai que l'intimité n'est pas vraiment au rendez-vous. La forme courbe des cabines ne rend pas, non plus, la circulation très aisée. « Ce n'est pas bon non plus pour la clientèle américaine, avance un agent de voyage, ils sont plus « enveloppés », ça ne va pas être évident ». Le canapé sans table basse placé dans les cabines balcon pose aussi question. « Il est inutile, estime un agent, on est assis devant rien ». Des adaptations des cabines seront peut-être nécessaires. Déjà les robinets des lavabos, trop haut par rapport aux vasques, sont en train d'être changés. En revanche, les « studios », les cabines intérieures situées de part et d'autre d'une coursive au centre exact du navire sont une véritable réussite. Ils vont permettre à la compagnie de proposer une « vraie » solution pour les singles qui devaient jusque là payer un supplément de 100 %.

Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Studio (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Les cabines de 9 m2 très bien conçues, et à l'éclairage variable, ont même accès à un « living room », un espace dédié, avec bar et salon. En tout, le navire propose rien de moins que 35 catégories de cabines, du studio aux suites de l'armateur. 2114 cabines - toutes avec sanitaires ouverts - sont désormais disponibles à la location chaque semaine. Reste maintenant à les remplir. Après les Antilles, le Norwegian Epic reviendra en Europe, au départ de Barcelone, à partir de l'été prochain.

Pierre-Baptiste Vanzini

Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le Norwegian Epic (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

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