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Nouveau France : Didier Spade relance la levée de fonds

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Après avoir complètement revu son concept de Nouveau paquebot France pour s’orienter vers un navire nettement plus petit, l’entrepreneur parisien Didier Spade, patron de Seine Alliance, a décidé de relancer la recherche d’investisseurs nécessaires au financement du projet. « Je vais réattaquer la levée de fonds après le reparamétrage du navire, qui a nécessité un très gros travail et suite auquel il a fallu refaire entièrement le business plan. Au final, nous avons un bateau plus petit mais je pense plus équilibré et grâce auquel nous avons sensiblement réduit les coûts ».

Le Nouveau France, qui avait grossi progressivement depuis sa première présentation en 2009, atteignait auparavant 260 mètres de long pour 32 mètres de large, avec une jauge de 67.000 GT et une capacité de 790 passagers. « Nous sommes passés à un navire de 194 mètres de long, 24 mètres de large et 460 passagers, avec des cabines aussi grandes mais un meilleur ratio dans les espaces publics ». Cela pour une jauge revenue à seulement 37.000 GT.

 

Le nouveau modèle de 194 mètres et 37.000 GT (© LE NOUVEAU FRANCE)

Le précédent modèle de 240 mètres et 67.000 GT (© LE NOUVEAU FRANCE)

 

Un gabarit qui correspond mieux au marché des croisières de luxe mais aussi, souligne Didier Spade, aux capacités des chantiers de Saint-Nazaire. Car le promoteur du projet n’en démord pas, c’est bien où a été lancé en 1960 le premier paquebot France qu’il veut voir son successeur construit. Ou du moins être achevé car il y a des réalités avec lesquelles il faut composer, à commencer par le fait que le carnet de commandes de Saint-Nazaire est plein pour de nombreuses années et ne permet plus de réalisation locale complète. « Il faudrait attendre 2026. Le fait d’avoir un navire plus petit ouvre cependant des capacités de production de la coque dans d’autres chantiers, ce qui constitue une possibilité intéressante ». Il serait en effet possible de réaliser la coque dans un autre pays, par exemple en Pologne ou en Roumanie comme cela se pratique beaucoup, puis de la remorquer vers l’estuaire de la Loire où elle serait armée.

 

 

(© LE NOUVEAU FRANCE)

 

Côté calendrier, Didier Spade estime aujourd’hui que « 2022 est un objectif réaliste », mais il se montre forcément prudent après avoir annoncé différentes échéances, toujours repoussées, depuis qu’il a pour la première fois dévoilé son idée. « C’est vrai que cela fait bientôt 10 ans que nous sommes sur ce projet et beaucoup de gens doivent se dire qu’en réalité c’est une chimère. Mais ces délais s’expliquent aussi. D’abord, il a fallu une maturation du projet, puis nous avons eu les difficultés de financement liées à la crise économique, ensuite la saturation des chantiers et enfin, pour tenir compte des évolutions, la transformation du projet vers un bateau moins grand. Alors oui cela prend beaucoup de temps mais non, je n’abandonnerai pas, surtout que le marché de la croisière continue d’être florissant et de se développer ».

Reste maintenant à trouver l’argent, qui demeure le nerf de la guerre. Auparavant, la facture était estimée à environ 400-450 millions d’euros. Désormais, on ne naviguerait plus qu’autour de 250 millions d’euros. Une sacrée différence qui peut être un déclencheur auprès d’investisseurs. Pour sa levée de fonds, Didier Spade ne semble en tous cas plus trop miser sur de gros investisseurs français : « Je n’en attends pas vraiment pour des projets de cette nature. Ce sera plutôt de grandes banques ou des organismes de financement internationaux. J’ai par exemple été recontacté spontanément par des investisseurs potentiels aux Etats-Unis, avec lesquels nous avions précédemment posé des jalons ». Quant à l’idée de permettre aux Français de s’impliquer dans le projet, elle n’est pas écartée. « Une fois le financement assuré, j’ai ensuite toujours comme objectif de faire en sorte que le plus possible de Français puissent s’approprier le navire en devenant actionnaires ».

En attendant, un autre beau projet attend Seine Alliance : la construction de YESS. Un acronyme qui signifie « Yacht Electrique Sur Seine » et qui va permettre à la compagnie de proposer un navire électrique de 33 mètres et d’une capacité allant jusqu’à 80 personnes. N’émettant aucun rejet polluant, ce bateau va être réalisé au chantier Vandenbossche de Villeneuve-la-Garenne, la phase de réalisation devant débuter à la fin de l’été (voir notre article).

- Voir le documentaire sur l'ancien et le nouveau France diffusé le 9 mai sur RMC Découverte

 

Nouveau paquebot France