Croisières et Voyages
Nouveau France : Le projet s'affine

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Nouveau France : Le projet s'affine

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Les chantiers STX France de Saint-Nazaire ont rendu, début juillet, les conclusions de la seconde série d'études destinées au projet du nouveau paquebot France. Après avoir travaillé sur les aspects extérieurs du navire, lors d'une première mission en 2009/2010, les architectes et ingénieurs nazairiens ont, cette fois, planché sur l'intégration au plan d'aménagement initial des aspects techniques, structurels et réglementaires, ainsi que sur la validation des hypothèses de stabilité. Les études ont abouti à une version considérée comme « quasi-définitive » de l'aménagement général (GA) du paquebot. Long de 260 mètres pour une largeur de 30.5 mètres, le nouveau France présenterait un tirant d'eau de 6 mètres. Il serait doté d'environ 320 suites, soit une capacité de 640 passagers en base double. « Un GA quasi définitif a été établi et va être remis à un patchwork de designers talentueux ayant déjà réalisé, pour la plupart, des aménagements de yachts. Ils vont donc prochainement pouvoir commencer à travailler sur la décoration des cabines et des espaces publics », explique Didier Spade, qui porte le projet de nouveau paquebot France.
La dernière étude menée par STX France a également porté sur la consommation énergétique, notamment via une optimisation de la propulsion avec une carène adaptée et différents dispositifs permettant de réduire sensiblement les besoins en énergie et faire de ce bateau un navire le plus « vert » possible. Est, par exemple, évoquée la récupération de la chaleur des gaz d'échappements afin de produire de l'eau douce via un équipement de désalinisation de l'eau de mer. L'utilisation du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) pour alimenter certains générateurs est également regardée de près.

Vue du futur paquebot (© : LE NOUVEAU FRANCE)
Vue du futur paquebot (© : LE NOUVEAU FRANCE)

Des partenariats pour soutenir le projet

Au cours du premier semestre 2011, Didier Spade a lancé différents partenariats, toujours dans la perspective de faire du futur navire une vitrine du goût et des arts français. Ainsi, un accord a été conclu avec un grand chef français (dont le nom sera révélé à la rentrée), qui va concevoir la restauration étoilée à bord du France. Par ailleurs, trois groupes d'étudiants de l'Institut Français de la Mode ont réalisé un travail de réflexion et d'analyse portant sur ce qu'ils imaginaient être une journée de 24 heures à bord du France. « Le fourmillement d'idées qui en a été issu a débouché sur plusieurs applications intéressantes et inédites par rapport aux paquebots de croisières ?classiques" », explique Didier Spade. « L'Institut Français de la Mode a également interrogé des personnes de nationalité chinoise, dont le haut pouvoir d'achat pouvait correspondre à la future clientèle du France ; d'ici 2015, le marché chinois de la croisière risque d'exploser et il est intéressant de savoir ce que cette population attend de ce type de loisirs ». L'entrepreneur parisien a noué d'autres liens avec des spécialistes pour développer différents ateliers de réflexions abordant les thèmes de la décoration, de la restauration ou encore du bien-être. Le projet a, enfin, pu bénéficier d'une belle mise en lumière via l'exposition sur le paquebot France organisée au musée de la marine, à Paris, où le futur navire est présenté.

Vue du futur paquebot (© : LE NOUVEAU FRANCE - BEVIEW)
Vue du futur paquebot (© : LE NOUVEAU FRANCE - BEVIEW)

Le financement

Alors que Didier Spade souhaite toujours que le nouveau France navigue en 2015, le projet va entrer dans le vif du sujet au niveau financier. Car, pour que le rêve devienne réalité, il faudra mettre plus de 200 millions d'euros sur la table. « Le projet de construction du nouveau France atteint le stade où il peut être présenté à la communauté financière. Le calendrier prévu initialement est à ce jour respecté et je compte sur un projet abouti pour la fin 2011, ce qui permettrait de s'atteler à la mise en place du financement du navire dès 2012, pour un démarrage de la construction en 2013 et un lancement en 2015 », explique-t-il, tout en rappelant sa volonté de faire réaliser un bateau appartenant aux Français. « Quelles que soient les solutions de financement retenues, elles devront donner la possibilité à tous les Français, et par extension, à tous ceux qui le souhaitent, de pouvoir acquérir à un cours accessible, les actions de la société propriétaire du navire qui seront mises sur le marché. Les souscripteurs d'obligations France devront avoir la possibilité d'acquérir des actions à un cours inférieur au cours d'introduction ». Pour l'heure, une première émission d'obligations, dans un cadre restreint, a été réalisée. Jusqu'ici, plus d'un million d'euros a été collecté auprès d'une cinquantaine de souscripteurs, pour une valeur par personne allant de 5000 à 50.000 euros. Cette somme sert, notamment, à financer les études préalables. « L'émission d'obligations qu'il avait lancée en 2010 sera clôturée à la fin de l'année. Les obligataires bénéficieront d'un prix préférentiel d'acquisition des actions de la société propriétaire du navire lorsque celles-ci seront mises sur le marché », précise Didier Spade. On notera enfin que l'entrepreneur a développé au port de Grenelle, au sein de sa structure Paris Yacht Marina, l'Atelier du France. Ouvert fin 2010, ce salon situé en bord de Seine permet à tous ceux qui suivent le projet de se retrouver à l'occasion d'un rendez-vous hebdomadaire, le mardi soir (19h à 23h). Les autres jours, l'Atelier est privatisé par des entreprises ou des particuliers, ou utilisé pour les besoins de l'avancement du projet.

Vue du futur paquebot (© : LE NOUVEAU FRANCE - BEVIEW)
Vue du futur paquebot (© : LE NOUVEAU FRANCE - BEVIEW)

Nouveau paquebot France