Marine Marchande

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Nouvelle-Calédonie : Encore au moins un an pour évacuer l'épave du Kea Trader

Marine Marchande

Un an s’est déjà écoulé depuis l’échouement du Kea Trader sur le récif Durand, en Nouvelle-Calédonie. Le bateau, d’une longueur de 184 mètres, faisait route vers Papeete en provenance de Nouméa quand il s’est violemment encastré sur le récif. L’accident n’avait pas fait de victime et tout l’équipage avait pu être évacué par hélicoptère. Dès le lendemain, l’armateur du bateau, Lomar Shipping, mis en demeure par les autorités françaises, a dépêché une équipe de sauvetage de la compagnie Ardent et les opérations ont rapidement démarré.

Des conditions météo réduisant les accès au navire

Un an plus tard, elles sont toujours en cours. Il faut dire que la situation du Kea Trader est particulièrement compliquée. Situé à 400 mètres à l’intérieur du récif, il a été soumis, depuis l'accident, à des conditions climatiques très difficiles : la houle croisée, les déferlantes, les tempêtes et deux cyclones ont à la fois ralenti le déroulement des opérations d’allègement du bateau et ont fini par tellement fragiliser sa structure qu’elle s’est rompue en deux parties en novembre dernier. Malgré ces conditions délicates, les sauveteurs ont réussi, depuis le début des opérations, à évacuer plus de 1000m3 d’hydrocarbures (fuel, gasoil et huile), 400 m3 de débris et 697 des 782 conteneurs du navire. Une partie substantielle de ces débris a été évacuée par hélicoptère.

 

(DROITS RESERVES)

(FANC)

 

C’est désormais la société chinoise Shangai Salvage Company, qui a notamment relevé l’épave du ferry coréen Sewol, qui a pris le relais d’Ardent pour la suite des opérations. L’accès aux deux morceaux de la coque est toujours compliqué et les fenêtres météo n’ont permis aux sauveteurs d’intervenir que 40% du temps. Les épaves ont beaucoup bougé suite aux tempêtes et cyclones, la partie avant gîte désormais de 20° et la partie arrière de 12, rendant impossible tout débarquement en hélicoptère.

Des moyens de levage construits spécialement pour l'opération

Les opérations se poursuivent néanmoins : SSC procède à la récupération des eaux huileuses dans les tuyaux, réservoirs et circuits hydrauliques du bateau. La priorité est également donnée à la récupération des débris détachés pendant les tempêtes. SSC a diligenté un relèvement bathymétrique de la zone pour déterminer précisément les conditions de courants de surface et localiser avec exactitude les débris. Ces derniers seront ensuite récupérés par des plongeurs.

 

(DROITS RESERVES)

 

Concernant la coque du navire, des sections sont retirées du récif avec l’aide de coussins d’air puis déposées sur la plateforme Ju Li. Ces opérations devraient se poursuivre pendant plusieurs mois. Des moyens maritimes plus lourds, avec notamment des engins de levage plus puissants, devraient prendre le relais. Ils sont actuellement en cours de conception, la configuration des lieux imposant des moyens spécifiquement construits pour cette opération. On ne devrait donc pas voir une évacuation totale des épaves avant mi-2019.

 

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