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Le brise-glace scientifique australien Nuyina en finition aux Pays-Bas
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Le brise-glace scientifique australien Nuyina en finition aux Pays-Bas

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Le futur brise-glace scientifique australien RSV Nuyina vient de rejoindre le chantier Damen de Vlissingen après avoir été remorqué depuis le chantier de Galati, en Roumanie. Il va entrer en finition et devrait être livré en 2021 à l'Australia Antarctic Division, où il prendra la succession de l'Aurora Australis.

Commandé en 2016 par le gouvernement australien, c’est le groupe britannique Serco Defence qui a été choisi pour l’opérer. Son nom, qui signifie Aurore australe en langue palawa kani aborigène de Tasmanie, a été retenu suite à un concours organisé dans les écoles australiennes.

Basé sur un design du cabinet danois Knud E. Hansen, qui compte un certain nombre d’anciens navigants et hivernants en Antarctique dans ses rangs, le nouveau bateau sera plus grand, aura plus d’autonomie et beaucoup plus de capacités scientifiques que son prédécesseur. D’une longueur de 160 mètres, il pourra franchir une épaisseur de glace de 1.65 mètre à 3 nœuds. Sa vitesse de croisière est annoncée à 12 nœuds, avec une vitesse maximale de 16 nœuds. Il est prévu pour naviguer dans des mers difficiles, avec des vagues de 14 mètres et du vent à 12 Beaufort, ainsi que dans des températures d’eau comprises entre -30° et 45°. Disposant d’une autonomie de 90 jours, il va être alimenté par une propulsion diesel-électrique ou purement électrique quand il voudra être totalement silencieux pour les besoins de la science. Pour cela il dispose de deux groupes diesels développant 19.200 kW et deux moteurs électriques pour une puissance de 7400 kW, qui alimentent trois propulseurs à l’avant et trois à l’arrière. Sa coque a été équipée d’un système Silent R qui minimise le bruit du navre grâce à un écran de bulles diffusée tout autour de la carène.

Le RSV Nuyina va pouvoir transporter 117 passagers (en plus de l’équipage de 32 marins), 96 conteneurs et disposera de 5030 m3 en cale. Ce qui autorisera le chargement de 1200 tonnes de matériel, auxquelles s’ajoutera 1670 tonnes de vrac liquide, correspond au gas-oil nécessaire pour alimenter les groupes électrogènes des stations. Il va pouvoir mettre en œuvre quatre petits hélicoptères (ou deux gros), quatre tenders dont un dédié à la science et deux barges de 45 tonnes.

 

(©  KNUD E. HANSEN)

(©  KNUD E. HANSEN)

 

Du côté de la science, le navire a été pensé comme un véritable laboratoire polaire multifonctionnel. En plus d’un moonpool, il disposera d’un sondeur mutifaisceaux, de sondeurs pour la biomasse et les pêcheries, de deux quilles relevables et d’une gondole instrumentée. Il pourra ainsi mettre en œuvre des instruments acoustiques pour la cartographie et la visualisation des fonds marins ainsi que des organismes de la colonne d’eau, des sondes de mesure des gaz atmosphériques, des mesures des conditions de glace, de hauteur de glace ou encore d’étude des nuages. Le navire embarquera également des robots sous-marins, des caméras sous-marines ou encore des hydrophones.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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