Marine Marchande

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OBP dresse un bilan 2016 de la piraterie

Oceans Beyond Piracy, ONG américaine référente dans l'étude des phénomènes de piraterie et d’actions locales, vient de faire paraître son rapport annuel 2016. Une étude précise est menée pour chaque grande région dans laquelle les actes de piraterie sont observés : l’Afrique de l’Ouest (notamment le golfe de Guinée), l’Afrique de l’Est et l’Asie.

En Afrique de l’Est, la lutte contre la piraterie reste d’actualité, à l’heure où l’on assiste à une résurgence du phénomène. « En 2016, il n’y a pas eu de navires pris en otage, mais plusieurs incidents indiquent que les groupes pirates sont toujours en capacité et ont l’intention d’intervenir », rappelle OBP. En tout 27 incidents ont eu lieu, ce qui porte à 545 le nombre de marins qui ont subi ces actions, les huit marins du boutre iranien Siraj étant toujours retenus.

Ne pas baisser la vigilance en Somalie

« Les groupes pirates ont évolué vers de nouvelles activités maritimes illicites qui leur ont permis de financer les attaques que l’on constate en 2017. L’environnement socio-politique de la Somalie, et notamment l’absence d’opportunités économiques, de gouvernance et d’Etat de droit, qui a permis la naissance de la piraterie, n’a pas changé », souligne OBP qui travaille énormément sur le soutien à des initiatives de gouvernance locale.

Le coût de la surveillance militaire de la zone de l’Ouest de l’océan Indien est estimé, pour 2016, à 1.7 milliard de dollars, celui de l’embarquement de protection privée à 720 millions de dollars. « On constate que les forces de coalition ont terminé ou réduit leur présence dans la zone (même si l'on y trouve toujours plusieurs unités européennes de l'opération Atalante, ndlr). Mais ce sont désormais les déploiements indépendants, de pays comme la Chine, l’Inde ou le Japon, qui assurent la majorité de jours de station en matière de lutte contre la piraterie », note OBP. « Les armateurs, dans une optique de réduction de coûts, ont davantage recours à des équipes de protection privée constituées de trois membres, là où ils étaient quatre auparavant (70% des cas au dernier trimestre 2016) ».

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Toujours beaucoup d'incidents au Nigeria

En Afrique de l’Ouest, la situation est toujours très préoccupante : 95 attaques en 2016 (soit une augmentation de 57% par rapport à l’année précédente), dont les 2/3 dans la zone économique exclusive nigériane et 96 marins pris en otage (contre 44 en 2015). OBP s’inquiète de l’absence d’intervention de la justice dans ces attaques, aucune dépense n’ayant été engagée localement dans ce sens. Et pourtant, le coût de la lutte contre la piraterie locale reste très élevé que ce soit pour les pays riverains ou les acteurs internationaux : 793 millions de dollars en tout, dont 345 pour les services de sécurité. La communauté internationale intervient à hauteur de 5 millions de dollars dans des programmes d’amélioration de la sécurité maritime.

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L'Asie reste toujours le théâtre de nombreux actes de piraterie

En Asie, on assiste à une véritable émergence du phénomène de kidnapping à but de rançon : d’aucun incident en 2015, on est passé à 23 l’an passé. 67 marins ont été ainsi pris en otage, principalement dans les Célèbes et à Sulu, deux d’entre eux sont décédés. En revanche, le nombre total d’incidents, 129 en tout, a baissé de 35% depuis 2015, avec notamment un net recul de siphonnage de navire (12 en 2015, 3 en 2016). La coordination régionale de lutte contre la piraterie fait ses preuves : 23 suspects ont été arrêtés. En tout, la valeur des marchandises volées durant l'année passée s'élève à 4.5 millions de dollars.

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