Défense
Ocea : A bord des nouveaux patrouilleurs nigérians
ABONNÉS

Reportage

Ocea : A bord des nouveaux patrouilleurs nigérians

Défense

Nous vous emmenons aujourd’hui à la découverte des deux derniers patrouilleurs réalisés par le constructeur vendéen Ocea. Destinées au Nigéria, ces unités du type FPB 110 ont achevé avec succès leurs essais et sont maintenant en attente de chargement sur un cargo à Saint-Nazaire. Ils doivent partir ce mois-ci pour le continent africain.

Longs de 35 mètres pour une largeur de 7.1 mètres et un tirant d’eau de 1.7 mètre à pleine charge, les Nguru (P187) et Ekulu (P188), totalement réalisés en aluminium, ont fait travailler trois sites d’Ocea : Comme à son habitude, Fontenay-le-Comte a produit les coques, qui ont été acheminées par convoi routier, d’un seul tenant, vers le chantier des Sables d’Olonne, où elles ont été assemblées avec les superstructures, produites sur place pour l’une et à Saint-Nazaire pour la seconde.

 

Le patrouilleur Ekulu (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le patrouilleur Ekulu (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les patrouilleurs Nguru et Ekulu (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les patrouilleurs Nguru et Ekulu (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Evolution des unités livrées au Koweït il y a 15 ans

Les FPB 110 nigérians sont basés sur un modèle déjà produit au profit du Koweit, pour lequel Ocea a livré 10 bateaux de ce type entre 2003 et 2005, après une série de 3 FPB 100 (33 mètres) entre 1997 et 2001.

Quinze ans plus tard, la version nigériane a évidemment évolué. « Les principales différences résident dans la propulsion, avec cette fois des hélices et non des hydrojets. Nous avons également sur les FPB 110 commandés par le Nigéria un nouveau système de mise à l’eau du semi-rigide, certains équipements sont différents et, surtout, nous sommes montés en gamme en termes de standards », explique Fabrice Weinbach, directeur Sécurité et Sûreté Maritime d’Ocea.

Des standards plus élevés pour le confort de l’équipage

Ces standards, c’est en particulier l’habitabilité et le confort des espaces intérieurs. « C’est une question sur laquelle nous avons beaucoup travaillé lorsque nous avons construit en 2015 les deux OSV de la marine indonésienne puis notre premier OPV, le Fouladou, livré en 2016 à la marine sénégalaise. Les développements réalisés en matière d’aménagements intérieurs et de finitions, avec des standards très élevés, ont été repris sur ces bateaux destinés au Nigéria. On se rend compte avec les clients que c’est très important car cet aspect est directement lié au bien-être de l’équipage. Or, l’un des gros problèmes de nombreuses marines est de fidéliser le personnel. Pour que les équipages acceptent d’embarquer et de rester en mer, il faut du confort et c’est ce que nous nous employons à faire ».

 

Le grand poste équipage à l'avant (© OCEA)

Le grand poste équipage à l'avant (© OCEA)

 

Optimiser la place et faire preuve d’ingéniosité

De fait, l’espace de vie des nouveaux FPB 110 est très soigné, avec dans un volume restreint de nombreuses astuces pour rendre les locaux le plus fonctionnel possible, à l'image des machines à laver dissimulées dans la coursive principale derrière une porte. « Nous sommes sur des bateaux de 35 mètres, où il n’y a par définition pas beaucoup de place. Il faut donc utiliser au mieux l’espace et profiter de chaque recoin. Il y a eu par exemple beaucoup d’optimisation sur le plan de rangement car c’était un besoin important manifesté par le client. Nous avons donc intégré des rangements partout où cela était possible », souligne Franck Mayot, chef de projet Nigéria d’Ocea.

 

Fabrice Weinbach et Franck Mayot (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Fabrice Weinbach et Franck Mayot (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Dans le grand poste équipage sur l’avant, où logeront 8 marins, le nombre de placards est en effet conséquent, alors que chaque couchette dispose d’un bel équipet individuel, avec prise pour le téléphone mobile, supports pour verres et bouteilles, logement pour des livres et autres effets personnels…  Le nombre d’accroches pour les vêtements a aussi été multiplié. « Ce sont des petits détails mais à l’arrivée cela a beaucoup d’importance car on évite par exemple d’avoir des vêtements partout ou des fils qui trainent dans tous les sens, surtout avec les jeunes marins qui vivent avec leurs portables ».

Le travail du chantier est facilité par le fait qu’il réalise lui-même, sur mesure, le mobilier des bateaux qu’il construit. Une activité dont la charge revient à son atelier de menuiserie des Sables d’Olonne, qui va d’ailleurs déménager en fin d’année dans le quatrième hall de son nouveau chantier vendéen.

 

OCEA | Toute l'actualité du constructeur naval français