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Ocea livre un patrouilleur de 84 mètres aux garde-côtes philippins

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Ocea livre un patrouilleur de 84 mètres aux garde-côtes philippins

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Construction Navale

Mission accomplie pour le constructeur français Ocea, qui a livré le plus grand patrouilleur monocoque en aluminium au monde et voit levée l’option pour un sistership. Ce grand bâtiment blanc, c'est le Gabriela Siliang, le tout nouvel OPV (offshore patrol vessel) des garde-côtes philippins. Mis à l’eau aux Sables d’Olonne le 17 juillet dernier, l’imposant patrouilleur a achevé ses essais et sa mise au point depuis Saint-Nazaire, où il est arrivé en octobre. C’est là que s’est déroulée hier la cérémonie de changement de pavillon et de transfert de propriété, en présence notamment de l’ambassadrice des Philippines en France.

 

 

Le Gabriela Silang hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Gabriela Silang hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le grand départ est attendu à la toute fin du mois, normalement autour du 30 décembre. Durant leur transit vers la "maison", qui durera environ 45 jours, les marins philippins seront accompagnés par une équipe de six personnels d’Ocea (dont un officier sûreté/sécurité, officier un formateur de pont et deux officiers formateurs machines). Dix-huit marins philippins sont déjà en France depuis le mois d’août alors que 17 autres sont arrivés récemment. Ils ont été formés à la mise en œuvre de leur nouveau bâtiment à quai et durant les essais, qui ont totalisé une quinzaine de jours de mer. 

Ce bateau du type OPV 270 a été commandé par le ministère philippin des Transports, en charge du service de garde-côtes du pays. Le contrat, entré en vigueur fin 2017, comprenait également la réalisation de quatre patrouilleurs côtiers de 24 mètres du type FPB 72 MkII (les Boracay, Panglao, Malamawi et Kalanggaman), livrés l’an dernier par Ocea et aujourd’hui opérationnels.

 

L'un des quatre FPB 72 déjà livrés aux Philippines (© : OCEA)

L'un des quatre FPB 72 déjà livrés aux Philippines (© : OCEA)

 

Premier exemplaire du type OPV 270, développé par les bureaux d’études d’Ocea, le Gabriela Siliang mesure 83.6 mètres de long pour 15.4 mètres de large. Ce navire très réussi, que nous vous ferons découvrir en détail demain, pourra conduire des missions très variées : surveillance et protection de la ZEE de l’immense archipel philippin, police des pêches, sauvetage en mer, lutte contre les trafics illicites, opérations de plongée…

 

Le Gabriela Silang hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Gabriela Silang hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Gabriela Silang hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE )

Le Gabriela Silang hier à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE )

 

Il s’agit du plus grand navire en aluminium produit jusqu’ici par Ocea, qui assure d’ailleurs qu’il n’a pas encore atteint ses limites dans ce domaine. Le Gabriela Silang est en tous cas une nouvelle référence pour le constructeur vendéen qui a entrepris il y a quelques années de développer son activité sur le segment des patrouilleurs hauturiers. Le premier du genre, le Fouladou, un bâtiment de 58 mètres du type OPV 190, a été livré en 2016 à la marine sénégalaise. Alors que l’OPV 270 représente le haut de la gamme, Ocea commercialise également l’OPV 230 (72 mètres) avec dit-on des « touches très sérieuses » et a placé sa première commande d’OPV 150 (46) mètres auprès des Affaires maritimes françaises, avec une livraison prévue en 2021. De plus, les Philippines ont levé l’option portant sur la construction d'un sistership du Gabriela Silang, l’affermissement du contrat étant espéré en 2020.

Ce client, comme d’autres, est manifestement séduit par les avantages de l’aluminium, en particulier le fait que ce matériau permet, selon Ocea, une réduction de la consommation en carburant du Gabriela Silang atteignant 42% par rapport à une unité de taille équivalente en acier. Cela, du fait que l’alu est nettement plus léger. Un argument massue pour Ocea car cela signifie que les coûts d’exploitation de ses bateaux sont sensiblement réduits, tout en diminuant mécaniquement les émissions de gaz à effet de serre.

Concernant les commandes philippines, la construction des bâtiments est assortie d’un contrat de maintenance de cinq ans, qu’Ocea conduira localement depuis son nouveau bureau de Manille. Une première implantation à l’étranger pour le groupe vendéen qui a vocation à soutenir ce programme, mais aussi agir commercialement au coeur de cette région pour voir d’autres projets déboucher. Au-delà du marché de la sécurité en mer, Ocea vise aussi dans ce gigantesque archipel les projets de navires à passagers.

Côté plan de charge, l’industriel, qui compte quatre sites (Les Sables d’Olonne, Fontenay le Comte, Saint-Nazaire et La Rochelle) bénéficie d'un excellent carnet de commandes pour les deux années qui viennent.

 

L'Osun le 29 novembre, peu avant son départ (© : MER ET MARINE)

L'Osun le 29 novembre, peu avant son départ (© : MER ET MARINE)

 

Pour le Nigéria d’abord, où après l'Osun, dernier d’une nouvelle série de FPB 24 parti de Saint-Nazaire début décembre, Ocea construit un navire hydrographique de 60 mètres du type OSV 190, le troisième du genre après les deux livrés à la marine indonésienne en 2015. Mais aussi deux patrouilleurs de 35 mètres du type FPB 110 (s’ajoutant aux deux premiers livrés en 2018) et quatre intercepteurs de 17 mètres du type C-Falcon.

Il lui reste également 13 patrouilleurs côtiers du type FPB 98 (32 mètres) sur une série de 20 à livrer à l’Algérie, deux FPB 100 commandés par la Douane française, ainsi que l’OPV 150 des Affaires maritimes ou encore six crew boats pour le site de La Rochelle. Et dit-on d’autres contrats en perspective dont l’industriel ne souhaite pas encore parler.

 

OCEA