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Ocea met à l’eau un OPV de 84 mètres

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Ocea met à l’eau un OPV de 84 mètres

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C’était l’évènement hier aux Sables d’Olonne, où la foule des grands jours s’était réunie au port de la Cabaude pour assister à une mise à l’eau historique. Il s’agissait de celle du plus grand navire réalisé jusqu’ici par le chantier Ocea mais aussi du plus grand patrouilleur hauturier (Offshore Patrol Vessel – OPV) au monde fabriqué intégralement en aluminium. Une prouesse technique que le constructeur vendéen a pu mener à bien grâce à une expertise de 30 ans dans ce matériau, un nouvel outil industriel moderne et adapté aux grandes plateformes, ainsi que l’expérience acquise dans la conception et la construction de plusieurs unités de 60 mètres mises en service ces dernières années. L’ensemble lui a permis de franchir ce nouveau cap et, au passage, de consolider sa position nouvelle sur le marché des OPV destinés aux forces navales et de sécurité.

Sous les applaudissements, l’imposante coque blanche longue de près de 84 mètres a rejoint son élément dans l'après-midi. Non pas avec le traditionnel élévateur à bateaux du port, insuffisant pour cette tâche, mais au moyen de deux imposantes grues louées pour l’occasion.

 

L'OPV 270 avant sa mise à l'eau devant le nouveau chantier Ocea des Sables d'Olonne (© : OCEA)

L'OPV 270 avant sa mise à l'eau devant le nouveau chantier Ocea des Sables d'Olonne (© : OCEA)

L'OPV 270 avant sa mise à l'eau devant le nouveau chantier Ocea des Sables d'Olonne (© : OCEA)

L'OPV 270 avant sa mise à l'eau devant le nouveau chantier Ocea des Sables d'Olonne (© : OCEA)

(© : OCEA - ANTOINE MARTINEAU)

(© : OCEA - ANTOINE MARTINEAU)

(© : OCEA - ANTOINE MARTINEAU)

(© : OCEA - ANTOINE MARTINEAU)

 

Ce bateau du type OPV 270 a été commandé par les Philippines pour leur service de garde-côtes. Le contrat, entré en vigueur fin 2017, comprenait également la réalisation de quatre patrouilleurs côtiers de 24 mètres du type FPB 72 MkII (les Boracay, Panglao, Malamawi et Kalanggaman), livrés l’an dernier par Ocea et aujourd’hui opérationnels. « Ce succès commercial emporté dans un contexte de concurrence féroce a été possible notamment grâce au soutien de l’Etat Français et des banques qui ont financé ce contrat : BNP Paribas et Crédit Agricole-LCL », souligne Ocea, qui a aussi fait la différence sur le plan technique et convaincu les Philippines de l’intérêt d’adopter des bateaux entièrement réalisés en aluminium. Des navires permettant de réduire sensiblement l’entretien, puisque ce matériau ne rouille pas, mais qui sont aussi et surtout plus légers que leurs homologues en acier. Avec pour conséquence de réduire sensiblement la consommation en carburant et, au passage, les émissions polluantes, qui devient selon Ocea un vrai argument commercial pour les bateaux d’Etat. « A titre comparatif, l’OPV 270 permettra, sur 20 ans d’exploitation, une réduction d’émission de CO2 de 20.400 tonnes, soit une réduction d’environ 40% par rapport à celle des offres concurrentes ! ».

Ce bâtiment, dont on ne connait pas encore le nom, mesure 83.6 mètres de long pour 15.4 mètres de large. Capable d’atteindre la vitesse de 22 nœuds et de franchir 8000 milles à 12 nœuds, il pourra opérer durant cinq semaines sans ravitaillement. Sa propulsion est diesel-électrique et il est équipé d’un système de stabilisation pour améliorer le confort à la mer.

Armé par un équipage de 40 marins, le nouveau patrouilleur philippin pourra accueillir 26 personnels supplémentaires, comme des plongeurs ou commandos, et dispose de locaux pour loger 35 personnes, par exemple des naufragés.

 

(© : OCEA)

(© : OCEA)

 

Conçu pour les patrouilles hauturières, en particulier les missions de surveillance et de protection de la zone économique exclusive de l’archipel philippin, l’OPV dispose d'une plateforme et d'un hangar pour un hélicoptère de la classe 5 tonnes et mettra en œuvre deux embarcations semi-rigides de 9.2 mètres. Il est doté d’un système de mission qui intègre les moyens de surveillance, de détection et de communication.

L’achèvement du bâtiment va maintenant se poursuivre à flot cet été. Courant septembre sans doute, il partira pour Saint-Nazaire, sa trop grande taille pour les capacités du port sablais imposant un repositionnement avant la fin des essais. La livraison aux Philippines devrait intervenir d’ici la fin de l’année.

Avec ce premier OPV 270, Ocea enrichit sa gamme de patrouilleurs hauturiers, le chantier vendéen ayant fait ses débuts sur ce segment de marché en 2016 avec la livraison au Sénégal du Fouladou, bâtiment de 58 mètres du type OPV 190. Il avait suivi la réalisation pour la marine indonésienne de deux bâtiments hydrographiques de 60 mètres du type OSV 190, un troisième navire de ce type allant être réalisé pour le Nigéria.

 

Le Fouladou, du type OPV 190 (© : MER ET MARINE )

Le Fouladou, du type OPV 190 (© : MER ET MARINE )

L'un des deux OSV 190 indonésiens (© : MICHEL FLOCH)

L'un des deux OSV 190 indonésiens (© : MICHEL FLOCH)

 

En matière de patrouilleurs hauturiers, avec les très bons retours du Fouladou et bientôt le bâtiment philippin à la mer, Ocea dispose d’une nouvelle référence et mise sur une gamme désormais éprouvée à la mer pour décrocher d’autres contrats. Le chantier, qui a dévoilé fin 2018 un nouveau modèle de 72 mètres, l’OPV 230, est non seulement en compétition à l’international, qui représente l’essentiel de sa production, mais aussi en France. Il fait notamment partie des industriels en lice pour le futur programme des six nouveaux patrouilleurs d’Outre-mer (POM) de la Marine nationale, dont la commande devrait être attribuée cet hiver.

 

L'OPV 230 (© : OCEA)

L'OPV 230 (© : OCEA)

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