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Ocea se lance sur le marché des grands OPV

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Ocea se lance sur le marché des grands OPV

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Vous les avez découverts en exclusivité dès le 27 octobre dans notre nouveau magazine Naval Forces, diffusé à l’occasion du salon Euronaval. Voici les nouveaux patrouilleurs hauturiers développés par le groupe vendéen Ocea, qui a décidé de se lancer sur le marché très porteur des OPV (Offshore Patrol Vessels).

Après avoir vendu des patrouilleurs de 20 à 30 mètres et des unités océanographiques de 40 à 60 mètres à de nombreuses marines à travers le monde, Ocea  dévoile une toute nouvelle gamme d’OPV allant de 46 à 84 mètres. Comme tous les navires réalisés par le constructeur, ces patrouilleurs haururiers sont intégralement réalisés en aluminium, ce qui facilite la maintenance et, grâce à un poids moindre que l’acier, réduit significativement la consommation (jusqu’à 400.000 litres de carburant économisés par an sur une unité de 80 mètres selon Ocea). Afin de solutionner les problèmes de fatigue de ce métal, Ocea travaille sur des épaisseurs d’aluminium importantes, qui vont bien au-delà de la règlementation et lui permettent aujourd’hui de garantir 10 ans la coque de ses OPV.

 

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

 

L’OPV 270

 

Plus grand bâtiment de cette famille, l’OPV 270 mesure 83.6 mètres de long pour 15.4 mètres de large. Taillé pour les longues missions hauturières, avec une autonomie de 45 jours, il peut franchir 8000 milles à 15 nœuds. La vitesse maximale varie de 20 à 25 nœuds selon la propulsion retenue. Locaux spacieux, très bonne tenue à la mer, système de stabilisation avec deux paires d’ailerons…  Les aspects liés au confort ont été particulièrement travaillés.

 

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

 

Très polyvalent, l’OPV 270 est conçu pour remplir toutes les missions liées à l’action de l’Etat en mer et intervenir dans le cadre d’opérations de sauvetage ou humanitaires. Il peut abriter d’importants moyens médicaux et loger 35 personnes en plus de son équipage, la capacité d’hébergement totale étant de 70 personnes. Un espace est réservé sur la plage arrière pour une grue et des conteneurs destinés au transport de fret ou à l’ajout de modules de missions.

 

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

OPV 270 (© : OCEA)

 

Pouvant servir de support aux forces spéciales, l’OPV 270 embarque deux grandes embarcations semi-rigides (RHIB) et dispose d’une plateforme pour un hélicoptère de 10 tonnes, son hangar pouvant abriter une machine de 5 tonnes et des drones aériens.

En plus de sa passerelle panoramique, le navire, doté d’importants moyens de surveillance et de communication, intègre un Central Opération séparé pouvant accueillir une demi-douzaine de consoles et de grands écrans pour le suivi de la situation tactique. Un système de type C2 gère les senseurs et l’armement, constitué d’artillerie manuelle ou téléopérée.   

 

OPV 190 (© : OCEA)

OPV 190 (© : OCEA)

 

L’OPV 190

 

L’autre produit phare de la nouvelle gamme d’Ocea est l’OPV 190. Long de 58 mètres pour une largeur de 9.4 mètres, ce patrouilleur est mis en œuvre par un équipage de 24 marins et peut accueillir 30 personnes supplémentaires. Comme l’OPV 270, ce bâtiment en aluminium est conçu pour être simple à entretenir et à utiliser, avec des coûts d’exploitation et de maintenance réduits. Doté d’une propulsion classique, à base de moteurs diesels, il peut également être proposé en propulsion électrique si le client le souhaite, pour des vitesses de pointe allant suivant la motorisation de 20 à 30 noeuds. Endurant, avec une autonomie de trois semaines (3000 à 5000 milles franchissables à 12 nœuds), l'OPV 190 est doté d’une paire d’ailerons stabilisateurs pour améliorer le confort de l’équipage et la stabilité de la plateforme en opérations.

 

OPV 190 (© : OCEA)

OPV 190 (© : OCEA)

 

L’OPV 190 est conçu pour la surveillance et la protection de la zone économique exclusive. Il est comme son aîné gréé pour intervenir contre des sinistres en mer, avec par exemple des moyens de lutte contre les incendies de navires.  Pour les contrôles ou interceptions, deux grands RHIB sont mis à l’eau au moyen de bossoirs. 

Doté d’une passerelle offrant une vision à 360°, l’OPV 190 peut mettre en œuvre d’importants outils de surveillance (radars, système électro-optique, guerre électronique). Le bâtiment dispose d’un CO séparé de la passerelle. Ce local accueille les consoles permettant la mise en œuvre des senseurs et de l’armement, l’ensemble étant interfacé à un C2.

 

 

Type OSV 190 © : OCEA)

Type OSV 190 © : OCEA)

 

Deux bâtiments hydro-océanographiques pour l’Indonésie

 

Alors qu’Ocea, dans un marché des OPV très dynamique, mise beaucoup sur ces nouveaux modèles et espère conclure rapidement un premier contrat, le constructeur vendéen voit déjà ses chantiers monter en gamme avec des unités de 60 mètres. Il s’agit des deux bâtiments du type OSV 190 vendus à l’Indonésie et dont le premier exemplaire va être mis à l’eau très prochainement aux Sables d’Olonne. Quant au second navire de cette série, dont les blocs sont comme ceux de son aîné réalisés par le site Ocea de Fontenay-le-Comte, son assemblage va bon train dans le chantier sablais. La tête de série doit être livrée au premier trimestre 2015 et son sistership quatre mois plus tard. Conçus pour les missions hydrographiques et océanographiques, ces bâtiments seront équipés d’importants moyens scientifiques, dont un sondeur multifaisceaux, des robots sous-marins ROV fournis par ECA Robotics et des drones sous-marins (AUV) livrés par le Norvégien Kongsberg. Ils mettront également en œuvre une vedette hydrographique de 8 mètres totalement équipée, la réalisation des deux bateaux de ce type ayant été confiée à un chantier indonésien. Ce très beau contrat, qu’Ocea a remporté face à une concurrence très forte (10 chantiers en lice dont deux sud-coréens, un singapourien et un malais), constitue un vrai challenge pour le constructeur français, qui prouve là sa compétitivité, même avec des bâtiments réalisés dans l'Hexagone. Un succès que l’on attribue chez Ocea aux avantages de l’aluminium, mais aussi aux solutions proposées au client en matière de propulsion, d’aménagements et d’équipements. On notera que ce programme comporte un partenariat avec le Service hydrographique et océanographique de la marine française, qui a apporté son expertise pour optimiser les performances des navires. Le SHOM appuie également Ocea sur le volet formation du contrat, qui se déroulera en France et en Indonésie.

 

FPB 98 et FPB 72 vendus aux garde-côtes du Surinam (© : OCEA)

FPB 98 et FPB 72 vendus aux garde-côtes du Surinam (© : OCEA)

 

Vers de nouvelles commandes de FPB 98 et FPB 72

 

Alors qu’un autre bâtiment océanographique, long de 40 mètres et commandé fin 2013 par le Koweït, est en cours de construction aux Sables d’Olonne (mise à flot prévue cet hiver), Ocea demeure toujours très actif sur le segment des patrouilleurs de 20 à 30 mètres. Comme nous l’évoquions le 22 septembre dernier, l’entreprise travaille depuis plusieurs années sur la commande de nouveaux patrouilleurs destinés à la marine saoudienne (voir notre article sur le sujet). En parallèle, des négociations sont en cours avec plusieurs pays pour la vente d’unités de type FPB 98 et FPB 72.

 

FPB 98 (© : OCEA)

FPB 98 (© : OCEA)

 

Long de 32 mètres pour une largeur de 6.3 mètres, le FPB 98, capable d’atteindre la vitesse de 35 nœuds et de franchir 1000 milles à 12 nœuds, s'est déjà très bien vendu. Après la livraison de 21 unités  à l’Algérie entre 2008 et 2011, Ocea a réalisé trois exemplaires pour le Bénin, qui les a réceptionnés en 2012 et 2013. Puis ce fut au tour du Nigéria et du Surinam de mettre en service un FPB 98 chacun en 2013. Et un nouveau contrat a été signé pour une demi-douzaine d’unités de ce type, dont la livraison est prévue en 2015.

 

FPB 72 (© : OCEA)

FPB 72 (© : OCEA)

 

Alors que le FPB 98 est conçu pour intervenir dans la ZEE, avec une autonomie d’une semaine, le FPB 72, plutôt destiné aux opérations côtières, suscite également de l’intérêt. Long de 21 mètres pour une largeur de 5.8 mètres, avec une vitesse maximale de 35 nœuds et une autonomie de 600 milles à 12 nœuds, ce modèle a été choisi par le Nigéria, qui en a reçu trois en 2012. Le Surinam est devenu le second client du FPB 72, avec deux unités livrées en 2013. Et Ocea devrait bientôt prolonger la série avec une nouvelle commande. 

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