Science et Environnement
Océanographie : les nouveaux horizons spatiaux de l’Ifremer
ABONNÉS

Focus

Océanographie : les nouveaux horizons spatiaux de l’Ifremer

Science et Environnement

Depuis trois décennies, l’Institut français de la mer s’appuie sur l’espace pour mener ses travaux océanographiques. Une dimension fondamentale pour faire progresser la recherche. « Ces 30 dernières années, l’océanographie a beaucoup évolué et l’espace a révolutionné cette discipline. Historiquement, quand on se contentait d’observations in situ, à partir de navires par exemple, on ne disposait que de données très localisées et éparses dans le temps. Grâce au spatial, on dispose d’une capacité d’acquisition de mesures considérable puisqu’en quelques jours, on peut disposer d’observations et de données sur la quasi-totalité des océans », explique à Mer et Marine Patrick Vincent, directeur général délégué de l’Ifremer. Pour autant, le spatial n’a pas entrainé la fin des campagnes in situ : « depuis l’espace, on mesure tout ce qui se passe à la surface mais l’océan c’est aussi la profondeur, dont l’étude nécessite des moyens in situ. L’un ne remplace pas l’autre, ils sont complémentaires et nous aurons toujours besoin des deux ». 

Des briques technologiques développées avec CLS depuis 1986

Pour l’Ifremer, l’importance de l’espace est telle que l’institut est entré aux côté du CNES au capital de Collecte Localisation Satellites (CLS) dès sa création en 1986. Basée à Toulouse, cette société exploite le système de géolocalisation Argos, un outil stratégique pour l’Ifremer puisqu’il permet de savoir précisément où se trouvent les bouées et flotteurs installés en mer, tout en servant à l’acquisition de données datées. « En partenariat étroit avec le CNES et l’Ifremer, CLS a développé une composante d’océanographie spatiale. A l’origine, nous avons eu un pôle toulousain qui a travaillé au développement de l’altimétrie spatiale, permettant de mesurer la hauteur de la mer et d’en déduire les courants marins. Sur notre centre de Plouzané également, nous avons développé des compétences spatiales, en particulier pour la mesure des vents et de la température à la surface de la mer. Argos a donc continué d’être un pont important entre l’Ifremer et CLS mais le partenariat s’est au fil du temps élargi et a conduit à construire des briques océanographiques opérationnelles. CLS a ainsi bénéficié des connaissances de l’Ifremer, qui a bénéficié à son tour de ses compétences opérationnelles dans le cadre d’un  partenariat gagnant-gagnant », souligne Patrick Vincent.

CLS

IFREMER | Actualité de l'institut de recherche marine