Science et Environnement
Océans et glaces : cinq points à retenir du rapport du Giec

Actualité

Océans et glaces : cinq points à retenir du rapport du Giec

Science et Environnement

Certaines conséquences du changement climatique sur les océans et les régions glacées de la planète sont irréversibles et l’Humanité doit s’y préparer, préviennent les scientifiques. Le rapport des experts climat de l’ONU (Giec) rendu public ce mercredi à Monaco égrène une longue liste d’impacts dévastateurs, à commencer par la montée des eaux.

La mer se réchauffe

PLUS ACIDE ET MOINS SALÉE : les océans ont absorbé un quart des gaz à effet de serre émis par l’Homme et plus de 90 % de la chaleur issue du changement climatique. Résultat, les mers de la planète bleue sont devenues plus chaudes, plus acides et moins salées.

CANICULES MARINES : la fréquence, l’intensité et l’étendue des vagues de chaleur marines, comme celles qui ont dévasté la Grande barrière de corail, ont augmenté.

EL NINO : les phénomènes El Niño extrêmes - qui encouragent feux de forêts, cyclones et épidémies - devraient être deux fois plus fréquents même en cas de baisse des émissions de CO2.

DES PRISES DE POISSONS EN BAISSE : si les émissions ne sont pas réduites, le potentiel maximal de prises de poissons pourrait être revu à la baisse de 20 à 24 % d’ici la fin du siècle par rapport à la période 1896-2005. Les espèces marines, du plancton aux poissons et aux mammifères, se sont déplacées de plusieurs centaines de kilomètres depuis les années 1950.

La mer monte

NIVEAU DE LA MER : Comparé avec la période 1980-2000, le niveau des océans devrait augmenter de 43 centimètres environ d’ici 2100 dans un monde à +2 °C, mais de 84 cm dans un monde à +3 °C ou + 4 °C, réchauffement vers lequel nous conduisent les tendances actuelles. Au XXIIe siècle, le rythme d’élévation du niveau des mers pourrait être 100 fois plus rapide, de 3,6 millimètres par an aujourd’hui, à « plusieurs centimètres », pour ensuite atteindre jusqu’à plusieurs mètres au total d’ici 2300 si les émissions ne sont pas réduites.

ADAPTATION : construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1 000 fois les risques d’inondations, à condition d’investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Les régions les plus pauvres n’auront probablement pas les moyens pour ces grands travaux, notamment les petits États insulaires qui de toute façon risquent de devenir inhabitables et qui pourraient être forcés de relocaliser leur population.

ZONES HUMIDES : 20 % à 90 % des zones humides devraient être perdues d’ici 2100, en raison de l’élévation prévue du niveau des mers.

La mer meurt

OXYGÈNE : la concentration d’oxygène dans les milieux marins a baissé de 2 % en 60 ans, et devrait perdre 3 ou 4 % supplémentaires si on ne réduit pas les émissions de CO2.

ZONES MORTES : le réchauffement de l’eau et la pollution côtière sont déjà responsables de l’expansion des « zones mortes », où le trop faible taux d’oxygène empêche la vie marine.

CORAUX : les récifs coralliens, dont un demi-milliard de personnes dépendent pour se nourrir et protéger les côtes, subiront des pertes importantes, voire des extinctions localement, même avec un réchauffement limité à +1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle.

La glace fond

CALOTTES GLACIAIRES : les deux calottes glaciaires de la planète, en Antarctique et au Groenland, ont perdu en moyenne 430 milliards de tonnes chaque année depuis 2006, devenant la principale source de la hausse du niveau des océans.

GLACIERS : les glaciers, dont dépendent plus de deux milliards de personnes pour l’eau douce, rétrécissent aussi. Ceux de basse altitude dans les Alpes, le Caucase ou la Scandinavie pourraient perdre 80 % de leur volume d’ici 2100 et beaucoup pourraient disparaître même en limitant le réchauffement.

NEIGE : les montagnes devraient perdre une part importante de leur couverture neigeuse, avec des impacts importants sur l’agriculture, le tourisme et l’approvisionnement en énergie.

Le permafrost aussi

PERMAFROST : une fonte « importante » du permafrost, cette couche de sol gelée en permanence, pourrait se produire d’ici 2100 si les émissions ne sont pas réduites, ce qui provoquerait le relâchement de dizaines voire de centaines de milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

Un article de la rédaction du Télégramme