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Offshore : ECA développe une offre de services avec ses robots sous-marins

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Offshore : ECA développe une offre de services avec ses robots sous-marins

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Spécialisée dans la conception, la production et la mise en œuvre de robots télé-opérés et drones sous-marins, l'entreprise française ECA a décidé de développer son activité dans le civil, en particulier dans le secteur de l’offshore pétrolier et gazier, mais aussi vers les sociétés de services et organismes étatiques. « L’objectif est de s’adapter aux besoins spécifiques des clients. Nous allons ainsi pouvoir proposer toute une offre de service, avec différents degrés de prestations allant de la simple location d’engins à la mise en œuvre complète d’un système en fournissant les robots équipés, le positionnement acoustique et les systèmes de lancement et de récupération, le bateau qui les déploiera et les équipes qui les mettront en œuvre. Et nous pourrons bien sûr effectuer si le client le souhaite le traitement des données recueillies en cours de mission. Pour cela, nous sommes en train de nous structurer sur la base de compétences internes et d’un panel de prestataires externes que nous avons constitué pour répondre à tous les besoins des clients », explique Pierre-Emmanuel Gaillard, directeur du site ECA Robotics de Montpellier et vice-président Maritime & Offshore du groupe français.

Une flotte de robots prête à l’emploi mais pas de navire dédié

Celui-ci va notamment se constituer en stock une flotte d’engins prêts à l’emploi. Côté partenariats externes, il s’appuie par exemple sur un système de positionnement acoustique développé par iXBlue. Il ne va cependant pas devenir armateur et disposer de navires dédiés à cette activité. « C’est trop compliqué car imaginons que nous ayons des bateaux, par exemple basés à Marseille, et que nous décrochons un contrat à l’autre bout du monde. Cela ferait un temps de transit trop important et des coûts de positionnement élevés. Nous n’avons donc pas intérêt à avoir nos propres moyens, surtout qu’il existe partout dans le monde des navires adaptés qui peuvent être facilement affrétés. C’est aussi la raison pour laquelle notre offre est bâtie sur des systèmes aérotransportables, qui peuvent donc être rapidement déployés là où nos clients en ont besoin ».

 

L'AUV A18D (@ ECA)

L'AUV A18D (@ ECA)

 

L’Oil&Gas comme marché privilégié

Côté marché, ECA vise en particulier l’Oil&Gas. « C’est un secteur naturellement privilégié où les majors cherchent des prestations intégrées. Quand elles doivent mener des opérations impliquant plusieurs types de matériels, elles veulent des prestataires capables de proposer des packages. Les besoins dans l’offshore pétrolier et gaziers sont importants, par exemple pour effectuer des missions de survey avant la construction d’un champ, puis pour vérifier les installations une fois posées et, enfin, pour assurer la surveillance du site et de ses équipements, comme l’inspection de pipelines et de têtes de puits, pendant leur durée de vie. Les structures flottantes, par exemple les FPSO, nécessitent une surveillance régulière et exigée par les assurances, qu’il s’agisse de leur coque, des ancrages ou encore des risers ».

Cartographie des fonds et missions SAR pour des clients étatiques

Parmi les autres marchés visés, ECA s’intéresse aussi aux organismes institutionnels et Etats qui ont besoin de capacités pour mieux connaître leurs fonds marins, notamment des campagnes de cartographie pour le développement de projets en mer, ou encore pour des opérations Search and Rescue (SAR) suite à des naufrages ou crashs aériens en mer. « Les gouvernements qui décident d’être équipés pour des compétences SAR font souvent appel aux moyens militaires ou ceux des organismes de sécurité civile. Certains peuvent décider d’avoir une autonomie totale en la matière, d’autres une compétence partielle et, quand le besoin est fort, font appel à des sociétés de services privées ». ECA peut donc, dans ce cas, être à la fois en mesure de vendre un système complet ou de proposer son offre de services pour fournir en location les moyens nécessaires et, si besoin, des prestations de formation.   

 

L'AUV A18D (@ ECA)

L'AUV A18D (@ ECA)

 

Le drone sous-marin A18D au cœur de l’offre

Côté matériel, la société française va donc mettre à disposition de ses clients une flotte d’engins, le cœur de sa nouvelle offre étant l’A18D, un AUV (autonomous underwater vehicle) de nouvelle génération capable d’opérer jusqu’à 3000 mètres de profondeur. Long de 4.5 à 5.5 mètres pour un diamètre de 50 cm et une masse de 500 à 690 kilos selon la charge utile, ce drone offre une endurance pouvant atteindre 24 heures, avec une vitesse opérationnelle de 3 nœuds et une allure maximale de 6 nœuds. Capable notamment d’embarquer un sonar à ouverture synthétique, un sondeur multifaisceaux et des caméras, l’A18D a fait l’objet l’an dernier d’une première offre de leasing dans le cadre d’un accord de coopération pour des services robotiques sous-marins proposés aux compagnies pétrolières et gazières. Il a notamment mené avec succès, en Méditerranée, plusieurs missions de surveillance en profondeur (jusqu’à 2500 mètres) durant toute l'année 2018. « L'A18D est l'AUV multi-capteurs le plus compact du marché pour les relevés en eau profonde de longue. Cet AUV réalise jusqu'à 40 km² d’imagerie haute résolution par mission. Grâce à sa précision de navigation 3D unique, des données exceptionnelles (MBES, SAS, SBP) ont été réunies en un seul relevé à plus de 2500 m de profondeur, avec un suivi parfait de l'altitude du fond à 25 m. Des multi capteurs sont utilisés pour le même relevé pour obtenir les meilleures informations. Le sonar MBES est utilisé pour la bathymétrie et le sonar à ouverture synthétique (SAS) pour l'imagerie haute résolution. Grâce à sa navigation inertielle très précise, l'A18D fournit des résolutions XY centimétriques des données bathymétriques. Contrairement aux relevés en profondeur avec un bateau, la mesure est beaucoup plus précise et moins sensible à l'effet du profil de vitesse du son (par exemple, aucun effet de la thermocline en surface) », assure ECA.

 

Aquisition d'un andain bathymétrique de 90 mètres (@ ECA)

Aquisition d'un andain bathymétrique de 90 mètres (@ ECA)

Bande de 90 mètres (intégration de 10 pings) (@ ECA)

Bande de 90 mètres (intégration de 10 pings) (@ ECA)

 

 

Un exemple de débris long et étroit vus à 2455m de profondeur, 6m de longueur, 15 cm de hauteur (@ ECA)

Un exemple de débris long et étroit vus à 2455m de profondeur, 6m de longueur, 15 cm de hauteur (@ ECA)

Un exemple de débris long et étroit vus à 2455m de profondeur, 6m de longueur, 15 cm de hauteur (@ ECA)

Un exemple de débris long et étroit vus à 2455m de profondeur, 6m de longueur, 15 cm de hauteur (@ ECA)

Image d'une épave (@ ECA)

Image d'une épave (@ ECA)

 

Différents modèles de ROV

En plus de l’A18D, plusieurs robots télé-opérés font partie de l’offre. Il y a notamment le ROVINGBAT, un ROV à chenilles capable de se fixer sur des coques et d’en mesurer l’épaisseur, ou encore le H1000 doté de bras manipulateurs et capables d’évoluer à grande profondeur (jusqu’à 2000 mètres).

 

Le ROVINGBAT (@ ECA)

Le ROVINGBAT (@ ECA)

Le H1000 (@ ECA)

Le H1000 (@ ECA)

 

Vers la création d’une nouvelle filiale

Alors qu’ECA compte engranger ses premiers contrats du genre tout prochainement, la création d’une filiale pour cette activité est envisagée. « Pour le moment nous n’avons pas de structure juridique dédiée aux services de drones, cette action est prévue très prochainement, notamment si l’intérêt de nos clients continue à accroitre », explique-t-on au siège du groupe. En attendant, c’est sa société spécialisée dans la robotique navale, ECA Robotics, qui porte les projets en question. Selon Pierre-Emmanuel Gaillard : « Notre objectif n’est pas de devenir une société de prestations de services en tant que tel. Le but du développement de cette activité est avant tout de valoriser nos matériels et de nous adapter aux besoins du marché. Nous avons constaté qu’un certain nombre d’affaires pouvaient nous échapper ou ne pas se faire car elles étaient complexes à mettre en œuvre. Il s’agit donc de nous structurer pour développer une organisation à même de répondre facilement aux demandes des clients, qu’il s’agisse d’achat, de location, de formation, ou encore de recueil et de traitement de données… »

 

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