Défense
Opérations : La Marine nationale contrainte de faire des choix

Actualité

Opérations : La Marine nationale contrainte de faire des choix

Défense

Faisant face à un niveau d'activité record depuis plusieurs mois, la flotte française doit gérer au plus près ses moyens. En plus des missions habituelles et opérations en cours (Atalante, CTF 150, Corymbe...), la Marine nationale connaît un important pic d'activité avec l'opération Harmattan. Depuis le 20 mars, le groupe aéronaval est mobilisé sur la crise libyenne. Les rebelles n'étant pas parvenus, malgré les frappes de la coalition, à prendre l'ascendant sur les forces du colonel Kadhafi, le porte-avions Charles de Gaulle demeure mobilisé en Méditerranée, avec toute son escorte et les moyens logistiques associés. Des relèves sont, toutefois, nécessaires, et c'est là que le manque de navires se fait sentir. Du coup, l'Etat-major des Armées et la Rue Royale doivent faire des choix. Ainsi, deux bâtiments qui avaient quitté la métropole pour rejoindre l'océan Indien ont été détournés de leur mission. Au lieu de partir combattre le terrorisme, les trafics illicites et la piraterie, la frégate Courbet et l'aviso Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff ont mis le cap sur les côtes libyennes. Achevant une mission de plusieurs mois en océan Indien, le Guépratte, qui vient de quitter l'opération anti-piraterie Atalante (au sein de laquelle la France assure une présence permanente depuis plus de deux ans), va rentrer en France. Sa relève, qui devait être assurée par le Courbet, n'est plus assurée pour le moment. Idem pour l'aviso traditionnellement déployé dans la région. L'Enseigne de Vaisseau Jacoubet, rentré mi-avril à Toulon, n'a pas été remplacé, comme prévu, par le LV Le Hénaff.

Le groupe Jeanne d'Arc  (© : MARINE NATIONALE)
Le groupe Jeanne d'Arc (© : MARINE NATIONALE)

Cela ne signifie pas, pour autant, que la marine française a déserté l'océan Indien. Le bâtiment de commandement et de ravitaillement Somme est actuellement le navire amiral de la CTF 150 de lutte contre le terrorisme et les trafics illicites. Basée à La Réunion, la frégate de surveillance Nivôse est également dans le secteur, de même que le groupe Jeanne d'Arc (bâtiment de projection et de commandement Mistral, frégate Georges Leygues), qui réalise en ce moment son déploiement annuel en océan Indien. Il n'empêche, même avec ces quatre navires, la présence française dans la région est sensiblement moins importante qu'elle aurait du être. Et cela peut poser problème, car la marine tricolore n'est pas la seule à avoir allégé son dispositif en océan Indien. Les pirates somaliens pourraient, notamment, profiter de ce répit, même s'il n'est pas amené à durer.

SEM sur le Charles de Gaulle  (© : MARINE NATIONALE)
SEM sur le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

En dehors des bâtiments de surface, on notera également que l'aéronautique navale française est, elle aussi, très sollicitée. La chasse embarquée, dont le nombre d'appareil est limité en attendant les livraisons de Rafale, doit assurer à la fois un engagement intensif en Libye (10 Rafale, 6 SEM et 2 Hawkeye sont embarqués sur le Charles de Gaulle) et la formation des jeunes pilotes, sans compter la préparation de la transformation SEM/Rafale de la flottille 11F à partir de l'été. Quant aux avions de patrouille maritime Atlantique 2, eux aussi fonctionnent à flux tendus, entre les missions métropolitaines et les opérations outre-mer (Afrique, océan Indien, Libye...)
En somme, la marine parvient pour l'heure à remplir ses missions, même si ce n'est pas toujours évident. Mais ses marges de manoeuvre semblent très limitées et, dans ce contexte, il serait sans doute difficile de mobiliser des capacités supplémentaires suite à un évènement inattendu.

Marine nationale