Construction Navale
Orange Marine et Piriou : la nécessité d'une politique publique de construction navale

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Orange Marine et Piriou : la nécessité d'une politique publique de construction navale

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L’annonce par Orange Marine du choix du chantier Colombo Dockyards, au Sri Lanka, pour la construction du câblier remplaçant le Raymond Croze a suscité de nombreuses réactions. Au premier rang desquelles celle de Vincent Faujour, PDG du groupe Piriou, dans une lettre ouverte dont Mer et Marine a eu copie. Pour mémoire, Piriou était candidat pour le contrat de construction de ce navire, avec lequel le groupe concarnois espérait amorcer une nouvelle filière industrielle française pour un marché en plein essor, que ce soit pour les câbles électriques ou de fibre optique.

« Les chantiers français sont-ils incapables de construire ce type de navire ? Évidemment non, l’industrie navale française construit et a construit des navires bien plus complexes. Les chantiers français sont-ils capables de construire ce type de navire, en France, au prix du marché mondial ? Malheureusement non, les coûts de main d’œuvre sont cinq fois plus élevés en Europe de l’Ouest qu’en Asie. Alors l’industrie française doit-elle renoncer quand la compétition mondiale fait rage et que seul le coût du travail guide les choix de certains investisseurs ? Surtout pas, et surtout pas maintenant, au moment où l’État prône à juste titre la résilience, c’est-à-dire la capacité à rebondir après une période difficile, au moment où la pandémie nous montre nos fragilités et prépare des drames économiques et sociaux », écrit ainsi Vincent Faujour (le texte intégral est reproduit à la fin de cet article).

S’il veut davantage ouvrir un débat que polémiquer sur un contrat déjà attribué, le président de Piriou pointe néanmoins la question centrale dans cette affaire : pourquoi Orange Marine, filiale d’un grand groupe tricolore, choisit-elle un design norvégien et un chantier sri lankais, détenu par des capitaux japonais ?

Interrogé par Mer et Marine, Jean-Luc Vuillemin, directeur des Services et Réseaux Internationaux chez Orange, indique « assumer ce choix qui n’a pas été guidé, loin s’en faut, par des seuls critères financiers ». « Nous avons travaillé avec une procédure très rigoureuse dans cet appel d’offres. Nous avons reçu une dizaine de dossiers que nous avons examiné plus en profondeur, aucun d’entre eux ne proposaient une construction en France. Si nous avons choisi l’offre de Vard et Colombo Dockyards, c’est pour la plus grande part sur des critères industriels : nous connaissions l’expertise de Vard qui avait conçu le Pierre de Fermat et nous savions que le chantier Colombo a réalisé il y a peu et avec succès le plus récent câblier mis en service dans le monde.  Nous n’étions pas non plus convaincus par l’offre industrielle de Piriou, qui n’avait jamais construit des bateaux de ce type ni de cette taille, et encore moins par les infrastructures des chantiers du groupe au Viêt-Nam qui imposaient une méthode de fabrication fractionnée en raison des limitations induites par la taille de la cale sèche locale ».

Pourquoi la France n'a t-elle pas de politique volontariste en maière de construction navale?

Mais Jean-Luc Vuillemin tient aussi à rajouter : « Je suis le premier à déplorer qu’il n’y ait pas en la matière de politique nationale ou européenne plus volontariste pour renforcer et accompagner notre tissu industriel et naval dans ces transitions vers de nouveaux marchés alors que c’est le cas dans

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