Marine Marchande
Détroit d'Ormuz : un chimiquier coréen arraisonné par l'Iran

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Détroit d'Ormuz : un chimiquier coréen arraisonné par l'Iran

Marine Marchande

La tension monte dans le golfe arabo-persique. Lundi matin, les pasdarans (gardiens de la révolution), embarqués sur plusieurs navires, ont déroutés l’Hankhuk Chemi, un chimiquier de la société sud-coréenne DM Shipping au moment où ce dernier franchissait le détroit d’Ormuz.

Les autorités iraniennes l’accusent de « pollution ». Elles ont ordonné son déroutement vers les eaux territoriales iraniennes. Le navire, qui avait chargé une cargaison de 20.000 tonnes de produits pétroliers dans le port saoudien d’Al Jubail, se trouve maintenant entre Qeshm et l’île de Larak. L’ensemble de l’équipage, constitué de marins coréens, indonésiens et birmans, a été arrêté.

 

 

En toile de fond de cette affaire, plus qu’une histoire de pollution, il y a sans doute la question autour de 7 milliards de dollars de fonds actuellement gelés en Corée. Ils correspondraient au paiement dû à l’Iran de produits pétroliers achetés par la Corée avant le retour des sanctions américaines de 2018. Ces fonds sont bloqués en raison, également, de l’application des sanctions qui isolent largement l’Iran depuis deux ans.

Séoul, qui a ouvert un canal diplomatique pour venir au secours du navire et de ses marins, a également envoyé sur zone le Choi-Yong, l'un de ses destroyers du type KDX 2 (154 mètres, 5500 tonnes en charge), avec à son bord des forces spéciales. La Corée maintient une présence navale permanente dans la zone du golfe d’Aden mais rien n’indique qu’une action militaire est envisagée. En revanche, les Etats-Unis ont effectué la semaine dernière plusieurs survols de la zone par des avions bombardiers B-52. Cela, alors que le porte-avions USS Nimitz, qui était censé quitter la région, va prolonger sa mission.

Les autorités iraniennes ont déjà, par le passé, arraisonné des navires de commerce appartenant à des intérêts étrangers, à l’image du Stena Impero ou du Grace 1 en 2019.

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