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Ouverture de la pêche à la coquille Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc

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Ouverture de la pêche à la coquille Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc

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Ouverte au large depuis le début du mois d'octobre, la pêche à la Coquille Saint-Jacques s'est ouvert hier sur le gisement principal de la baie de Saint-Brieuc. Nous vous proposons un reportage réalisé par la rédaction du Télégamme à bord du Vafian.

 

 

 

«C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme», chantait Renaud. Ou plutôt l'homme, son fils, et son ex-femme, dans le cas de Serge Daniel, patron pêcheur à Porz-Even depuis 1980. Depuis début octobre, il embarque deux fois par semaine au large de la baie de Saint-Brieuc pour draguer la coquille Saint-Jacques, en attendant l'ouverture du gisement principal, lundi. À ses côtés, son fils, Anthony, 18ans au compteur et déjà une sacrée assurance. «Sur le bateau, c'est seulement mon employé, mais ça se passe bien, il prend des initiatives». Le jeune homme a signé un contrat d'apprentissage à la rentrée. 
 
Encore apprenti mais bientôt patron
 
Dans un peu plus de trois ans, lorsque son père partira à la retraite, c'est lui qui récupérera le Vafian, sa Rolls-Royce de la pêche à plus de 400.000€. Son ex-femme, pour sa part s'occupe de la vente directe, cinq jours par semaine sur les marchés costarmoricains. Cette affaire de famille fait aussi vivre Antoine Gildas et Damien Trouville, les deux employés du bateau. À 6h30, ce sont eux les premiers arrivés sur la jetée. Pour l'heure, peu de mots sont encore échangés, les yeux sont encore embués. «Le plus dur, c'est de tenir le sommeil, surtout en été», explique Serge Daniel. Il fait encore nuit noire; difficile de profiter du paysage côtier découpé mais l'heure n'est pas au tourisme: il faut environ deux heures pour arriver sur la zone et ainsi pouvoir commencer la pêche à son ouverture, à 9h. Le six-cylindres diesel gronde et chauffe quelques minutes. Le capitaine envoie les gaz et son Vafian file désormais dans l'obscurité. Très vite, il laisse les commandes au navigateur GPS, vitesse de croisière: septnoeuds. L'ordinateur s'occupe du reste. 
 
Une tonne en quatre heures ou en 45 minutes 
 
Serge Daniel attend avec impatience l'ouverture du gisement coquiller principal, lundi: «Ces deux heures de ''route'', ça représente pour moi un minimum de 250litres de gasoil... et même plus selon les courants marins. En plus, les gisements au large sont bien moins fructueux pour nous. En quatre heures de pêche on ne peut ramasser qu'une tonne de coquilles. On en fait autant en 45 minutes dans le gisement principal!». Sur le pont, les employés s'affairent déjà à réparer les filets utilisés pour la pêche à l'araignée, «avec seulement deux sorties à la coquille chaque semaine, il serait difficile pour un patron de gagner sa croûte. Heureusement, mon bateau me permet de pêcher des praires, des homards,etc.» 
 
Quatre heures de ballet marin 
 
9h, le ballet peut commencer. Les dragues sont jetées à l'eau, et le Vafian tire son premier trait, ne reste plus qu'à attendre. Une trentaine de minutes plus tard, celles-ci sont remontées, les pêcheurs sont tendus. Ouf, les dragues sont pleines, il n'y a pas eu de problème. Elles sont vidées sur le pont, et c'est maintenant que les matelots s'activent: plus de la moitié de ce qui a été ramassé ne concerne pas la pêche: roches, crustacés, coquilles vides ou de trop petite taille - pour s'en assurer, les pêcheurs vérifient à l'aide d'un étalon: rien n'est conservé en dessous de 102mm. Quatre heures plus tard, le Vafian est de retour au port, il est temps pour Serge Daniel de différencier la pêche déjà vendue ou réservée ? un peu plus de la moitié, soit 550kg - de ce qu'il envoie à la criée, pour ensuite aller nourrir les étals des poissonniers ou rejoindre les chaînes d'usines. La criée, c'est une assurance de vente pour le patron pêcheur, mais à un prix minimum de 2 € le kg, elle reste bien moins intéressante que la vente aux particuliers, «entre 3,20? à 3,50? le kg». «Attention, à ce prix-là c'est un produit travaillé! La coquille est passée par un bassin submersible pour la faire dessabler, ensuite il y a encore au minimum 5 à 6% de perte d'eau. Un kilo pêché ne correspond pas à un kilo ramené au port, et un kilo ramené ne correspond pas à un kilo vendu!», prévient Serge Daniel qui l'assure: «La coquille est belle cette année!».
 
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