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Paimpol-Bréhat : Nouveaux projets hydroliens

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Deux nouvelles entreprises s’apprêtent à tester des hydroliennes innovantes sur le site de Paimpol-Bréhat, dans les Côtes d’Armor.

En novembre dernier, Naval Group et EDF annonçaient brutalement leur décision de renoncer aux essais hydroliens d’OpenHydro sur le site de Paimpol-Bréhat. Refusant d’enterrer le projet de l’énergie hydrolienne en mer, les élus locaux et régionaux se sont mis en quête de nouveaux opérateurs pour relancer le site et alimenter les zones côtières et les îles avec une énergie renouvelable. D’autant plus déterminés les uns et les autres que « les installations ont été en partie financées par les pouvoirs publics européens, régionaux et locaux », comme tient à le rappeler Jean-Yves de Chaisemartin, le maire de Paimpol.

Un démonstrateur d’ici à la fin de l’année

Les démarches ont porté leurs fruits. À ce jour, deux entreprises sont candidates pour installer des hydroliennes sur le site confié en concession à EDF pour une dizaine d’années encore. « D’autres pourraient l’être à leur tour car nous présenterons le site au salon international Seanergy de Cherbourg les jours prochains », explique Philippe Thieffry, directeur de Bretagne Ocean Power, le bras armé de la Région pour les énergies marines renouvelables. D’ores et déjà, HydroQuest, une société grenobloise s’est associée aux Constructions Mécaniques de Normandie (CMN), à Cherbourg, pour développer des hydroliennes marines, dont l’originalité tient à l’axe vertical « qui ne nécessite pas d’orienter la machine dans le sens du courant ». Un démonstrateur (1 MW) est actuellement en construction. Il devrait être immergé au large de Paimpol et raccordé au réseau électrique en 2019. 

 

(© HYDROQUEST)

 

Site d’expérimentation ou future ferme hydrolienne ?

De son côté, la start-up boulonnaise EEL Energy - contactée par le député Éric Bothorel lors du salon CES de Las Vegas - devrait être prête dans deux ans pour faire des essais sur le site de Paimpol-Bréhat. La conception de ses hydroliennes « uniques au monde » repose sur l’utilisation d’une membrane ondulante. « À la différence des hydroliennes à hélice, nos machines ont peu d’incidences sur le milieu environnant et peuvent être rapprochées les unes des autres. Elles ne nécessitent pas un fort courant. Leur fonctionnement n’est pas non plus affecté par les paquets d’algues », explique Franck Sylvain, directeur général d’EEL Energy, qui vient de lancer un processus de levée de fonds. Après des essais prometteurs de son concept, la jeune entreprise cherche 3 à 7 millions d’euros pour financer la suite de son développement. Pour l’instant, elle a testé ses petits prototypes (4 kW) en rade de Brest. Les machines de 30 kW devraient être disponibles dans un an. Avant le modèle commercial de 1 MW qui sortira dans deux ans et commencera sa vie sur les fonds marins de Bréhat. « C’était là ou en Ecosse… ».

 

(© EEL ENERGY)

 

Ces différents démonstrateurs pourront se côtoyer sans incidences sur leur fonctionnement. Le câble d’EDF est équipé d’une « prise multiple » pour une dizaine d’unités, souligne Yves de Chaisemartin. Reste à se projeter dans l’avenir. Le site restera-t-il un lieu d’essai ou laissera-t-il la place à une ferme d’hydroliennes dont l’énergie sera réinjectée dans le réseau de distribution d’électricité ? Les pêcheurs auront leur mot à dire.

Avec la rédaction du Télégramme

 

 

Dossier Energies Marines 2018