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Paquebots brise-glace : Les projets fleurissent
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Paquebots brise-glace : Les projets fleurissent

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L’expansion du tourisme dans les zones les plus reculées de la planète, en particulier les régions polaires, ne va pas s’arrêter de sitôt. Alors que le nombre de navires de croisière d’expédition explose, on apprend de la part de chantiers navals que les projets de paquebots brise-glace sont en train de se multiplier. Premier du genre, le Ponant Icebreaker, imposant bateau de 150 mètres, 30.000 GT et 460 personnes (dont 270 passagers), capable de briser 2.5 mètres de glace, soit l’équivalent des gros brise-glaces commerciaux russes, est prévu pour entrer en service en 2021. Une première dans l’industrie de la croisière, qui ne devrait pas rester unique très longtemps.

En effet, comme le redoutaient différentes organisations environnementales, sa commande, annoncée fin 2017, aurait bel et bien incité d’autres compagnies de croisière à s’intéresser à ce type de navires, capables de briser d’importantes épaisseurs de glace afin d’atteindre des sites jusqu’ici inaccessibles en Arctique et en Antarctique. « On constate clairement un frémissement depuis l’annonce de la construction du Ponant Icebreaker, qui a manifestement suscité des vocations chez d’autres armateurs. Une mode du paquebot brise-glace semble émerger, avec des projets qui fleurissent de partout. Ces projets portent à la fois sur de gros navires du gabarit du Ponant Icebreaker, ainsi que de nombreuses unités plus petites, de moins de 100 mètres mais tout de même capables de franchir des épaisseurs de glace d’au moins 70 à 80 centimètres », explique le patron d’un chantier naval.

Soit des capacités bien supérieures à celles des navires d’expédition dits « polaires » actuellement en service, dont les coques ne sont que légèrement renforcées pour pousser de fines couches de banquise et résister à de faibles chocs avec des glaces dérivantes.

L’intérêt nouveau pour des unités brise-glace tient essentiellement en deux points. D’abord commerciale, avec la volonté des opérateurs de proposer à leurs clients des voyages inédits, toujours plus « extrêmes » et donc prisés, vers des espaces naturels encore vierges d’activité touristique. Ensuite, et cette seconde raison va de pair avec la première, le développement sensible de la concurrence sur le marché des croisières d’expédition vers les régions polaires. Or, les zones habituellement fréquentées de l’Arctique comme de l’Antarctique, du fait d’une croissance sensible du nombre de bateaux qui y sont opérés mais aussi l’essor de liaisons aériennes, sont en voie de saturation. Alors que des destinations comme la péninsule antarctique sont soumises à différentes contraintes, dont la nécessité de ne pas débarquer simultanément sur un même site plus de 100 personnes, l’augmentation du nombre de navires réduit mécaniquement celui des spots accessibles et complexifie l’organisation des croisières polaires. D’où l’intérêt, pour les armateurs, de s’enfoncer plus profondément dans ces régions, ce qui implique de construire des navires aptes à franchir l’obstacle naturel que constitue la glace.

 

 

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