Histoire Navale
Paquebots : Des trésors aux enchères en novembre et décembre

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Paquebots : Des trésors aux enchères en novembre et décembre

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Des prestigieux paquebots français, il ne reste plus que des maquettes, des photos, des archives... et quelques éléments de leurs luxueux intérieurs (mobilier, tableaux, argenterie...). Stocké au port du Havre, ce précieux patrimoine va devoir déménager, et une petite partie sera vendue.

« L'histoire des paquebots continue de fasciner », constate Clémence Ducroix, secrétaire générale de French Lines, une association qui a la charge de conserver et valoriser le patrimoine des anciennes compagnies maritimes françaises. Toute cette mémoire des grandes heures de la marine marchande du XIXe siècle et du milieu du XXe est entreposée sur 3.200 m² dans un vieux bâtiment d'avitaillement du Havre, dont l'étanchéité commence à causer des soucis. Ce bâtiment vétuste, comme d'autres dans cette zone du port où arrivaient les paquebots autrefois, va être démoli. En conséquence, French Lines doit déménager d'ici à l'été prochain tous ses trésors. « C'est le déménagement d'un petit musée », déclare Éric Giuily, président bénévole de l'association.

 

 

Des ventes exceptionnelles

 


Ce changement de lieu va concerner quelque 32.000 objets divers, certains très précieux et fragiles comme des maquettes, des tableaux, des affiches de peintres de renom, de la vaisselle en porcelaine de Limoges, du cristal, de l'argenterie, des parements en bois sculpté, du mobilier, des uniformes du personnel de bord. Le plus volumineux est représenté par des archives (5 km de rayonnages), des dizaines de milliers d'ouvrages et de photographies. La plus grande partie de ce patrimoine, dont certaines pièces sont classées au titre des monuments historiques, est inaliénable. Mais une partie conséquente, représentée par des pièces possédées en grand nombre, est aliénable et était jusqu'ici vendue sur internet ou sur place par petites quantités. Pour financer son déménagement, French lines va passer à la vitesse supérieure et prévoit désormais de vendre la quasi-totalité de ce fonds, soit environ 500.000. Entre autres, des centaines de pièces originales d'argenterie du paquebot Normandie (1935-1942), 800 cendriers du dernier paquebotFrance, 3.800 éventails, des milliers de cartes postales, ainsi que des menus, considérés comme de véritables oeuvres d'art.

 

 

Rendez-vous dès le 23 novembre

 

 

La première vente aura lieu le samedi 23 novembre, quai de Grenelle, à Paris, dans les ateliers du Nouveau France, puis d'autres seront organisées au Havre, du 5 au 8 décembre, et pendant tout le mois de décembre dans la boutique d'Escal'Atlantic à Saint-Nazaire (44). French Lines va, en outre, créer un nouveau site internet marchand pour écouler ses objets ainsi que de futurs produits dérivés, développer des licences de ses marques historiques, et faire appel de façon encore plus appuyée au mécénat. « Le déménagement va coûter 600.000 euros, soit 1,5 fois notre budget annuel », précise Éric Giuily, qui espère que les ventes exceptionnelles rapporteront le dixième de cette somme, soit quelque 60.000 euros. La ville du Havre est venue au secours de l'association et l'installera sur 2.000 m² dans ses anciens ateliers municipaux, un bel édifice industriel autrefois occupé par la société américaine Hoover mais qui nécessite des travaux. Entreposé dans de meilleures conditions, le patrimoine de French Lines pourra ensuite être mieux exploité, notamment par davantage d'expositions temporaires. « Notre réflexion est en cours », indique le député-maire UMP de la ville Édouard Philippe.

 

 

Un article de la rédaction du Télégramme