Vie Portuaire
Brest : au chantier Damen, entre paquebots et méthaniers
ABONNÉS

Reportage

Brest : au chantier Damen, entre paquebots et méthaniers

Vie Portuaire

À quai, le méthanier brise-glace Yakov Gakkel profite du soleil brestois pendant son arrêt technique avant de retrouver des climats moins cléments. Quelques jours plus tôt, il croisait au chantier Damen l’un de ses sisterships, le Nikolay Yevgenov, qui a désormais retrouvé les eaux glacées au-delà du cercle arctique. Deux brise-glaces Arc7, des navires capables de franchir plus de 2 mètres d’épaisseur de glace pour convoyer à chacun de leurs voyages le long de la route du Nord jusqu’à 172.000 m3 de gaz naturel liquéfié extraits des champs de la péninsule de Yamal, en Russie.

 

Les deux méthaniers à Brest le 14 mars (© MICHEL FLOCH)

Les deux méthaniers à Brest le 14 mars (© MICHEL FLOCH)

 

Au chantier brestois, la coque bleue de 299 mètres de long pour 50 mètres de large du Nikolay Yevgenov passait tout juste dans les 55 mètres de large de la forme numéro 2, avec une porte de 52 mètres. Un exercice demandant des conditions clémentes et un certain savoir-faire. Le navire est entré par une dizaine de nœuds de noroît, sur le plan d’eau protégé par la falaise qui domine le polder. Reste qu’ « il faut les défenses et quand le pilote rentre, il fait sa prière », glisse en souriant Patrick Renavot, président de Damen Shiprepair Brest.

Des moyens conséquents

Le groupe néerlandais a repris l'entreprise (ex-Sobrena) en 2012, sauvant la réparation navale brestoise. La position du site à la pointe bretonne, à la rencontre de la Manche et de l’Atlantique, ainsi que ses grandes installations bien entretenues ne lui ont pas échappé. A Brest, Damen profite de trois formes de radoub. La grande forme numéro 3, l’une des plus grandes cales sèches d’Europe est longue de 420 mètres, pour 80 de large, avec en temps normal trois grues d'une capacité de levage de 15 à 150 tonnes, la plus puissante étant arrêtée depuis décembre, après un accident. Une forme mise en service en 1979 pour accueillir des pétroliers géants. A quoi il faut ajouter la forme numéro 2 (338 mètres par 55 de large et 3 grues de 12 à 90 tonnes) ainsi que la forme numéro 1 (225 mètres de long, pour 27 mètres de large, avec une grue), moins souvent utilisée.

La réparation navale bénéficie aussi de deux quais de réparation à flot de 400 et 320 mètres avec 11 et 9 mètres de tirant d’eau. Le courant électrique est fourni à chaque poste d'amarrage ou de cale sèche, ainsi que de l'eau douce, un collecteur d'incendie, de l'air comprimé sec et un ballastage jusqu'à 2500 m3 par heure sur l'ensemble du chantier. Une ligne de réfrigération (cooling line) d'une capacité de 800 m3/h est également disponible pour les navires accueillis dans la grande forme, mais pas pour la numéro 2. Damen dispose enfin de plusieurs grands ateliers pour la chaudronnerie, la tuyauterie, la mécanique ainsi qu’un espace pour la cryogénie. Le chantier dispose aussi d’une tour à banc de 17 mètres de long pour les lignes d’arbres ou encore d’une grande aléseuse capable d’usiner de grandes pales et moyeux d’hélice à pas variable.

 

La forme 2 (©  MER ET MARINE - GAEL COGNE)

La forme 2 (©  MER ET MARINE - GAEL COGNE)

 

Damen Shiprepair Brest | Actualité du chantier naval brestois