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Parc éolien de Saint-Brieuc : une base provisoire à Lézardrieux ?

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Parc éolien de Saint-Brieuc : une base provisoire à Lézardrieux ?

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Le port de Lézardrieux va-t-il accueillir une base provisoire d’Ailes Marines pour le futur champ d’éoliennes de la baie de Saint-Brieuc ? Le 27 septembre, le Conseil municipal a voté une première décision en ce sens. Il a adopté à l’unanimité une proposition pour lancer un AMI (appel à manifestation d’intérêt) permettant à d’éventuels concurrents de se faire connaître. « On est en train de mettre en place les briques permettant à Ailes Marines de s’implanter provisoirement », indique-t-on de source municipale, tout en expliquant que le consortium a adressé une lettre d’intention au président du Conseil départemental des Côtes d'Armor, Alain Cadec.

Ailes Marines rencontre de sérieuses difficultés pour s’implanter à Saint-Quay-Portrieux. Certes, le Conseil d’Etat a validé la création du parc de Saint-Brieuc après les recours déposés par une association de protection de l’environnement (Gardez les caps) et la société Nass & Wind. Mais les pêcheurs de Saint-Quay refusent de voir la base de maintenance s’installer dans leur port, arguant qu’il n’y a pas suffisamment de place. En juin dernier, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, avait d’ailleurs été accueilli dans le port costarmoricain par une banderole clamant : « Les éoliennes ne doivent pas remplacer les pêcheurs ».

Pressé de démarrer le chantier de 62 éoliennes de 8 MW Siemens Gamesa pour une capacité totale de 946 MW, Ailes Marines s’oriente donc vers un plan B. Car, pour entamer la production en 2023, le chantier doit commencer en 2021. De son côté, le port de Lézardrieux voit l’activité de Copermer, qui drague du maërl en mer et utilise les quais du port de commerce, s’arrêter à la fin de l’année. En même temps, le port de plaisance est en voie de rénovation. Ainsi, Saint-Quay-Portrieux demeure le site retenu, mais en attendant que la situation se décante, une implantation à Lézardrieux permettrait de débuter les travaux.

Ponton lourd

Dans ce contexte, Ailes Marines pourrait occuper les deux tiers d’un futur ponton renforcé de 100 mètres de long en eau profonde. Une station de carburant détaxé y serait installée, ainsi que des pompes à eaux grises, noires et de cales. Objectif : accueillir quatre, voire jusqu’à six crew boats, des catamarans de 100 pieds et 150 tonnes. Ce sont ces bateaux qui sont chargés de transporter le personnel technique sur le parc pour les opérations de maintenance. Un hangar pourrait être utilisé ou reconstruit pour stocker du matériel et des bungalows déposés pour accueillir une base vie. À terme, 80 personnes seraient amenées à travailler sur le site.

 

Le ponton lourd doit être installé en eaux profondes. (DR)

Le ponton lourd doit être installé en eaux profondes. (DR)

 

Des discussions techniques et financières s’engagent, car le ponton lourd ne devait pas voir le jour avant quelques années. Des ingénieurs d’Ailes Marines, de la communauté de communes (Lannion-Trégor Communauté) et du maître d’oeuvre de la ville (Safege, filiale de Suez) étudient le dossier. Selon la municipalité, les choses pourraient aller « très vite » : « L’échéance, c’est qu’avant la fin de l’année on puisse lancer l’appel à candidatures auprès des entreprises pour la partie maritime ». Ailes Marines bénéficierait alors d’une amodiation.

En septembre, on a appris que le groupe espagnol Navantia avait décroché la construction des jackets, les fondations métalliques des éoliennes du futur champ. Ils seront assemblés sur le nouveau polder à Brest. Le parc de Saint-Brieuc représente un investissement de plus de 2.2 milliards d’euros.