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Maintenance du parc éolien de Saint-Nazaire : LDA commande deux CTV à Ocea

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Maintenance du parc éolien de Saint-Nazaire : LDA commande deux CTV à Ocea

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Louis Dreyfus Armateurs a décroché l’appel d’offres de General Electric pour la mise à disposition de moyens nautiques destinés à la maintenance des éoliennes offshore du futur parc de Saint-Nazaire. Dans cette perspective, LDA a commandé au constructeur vendéen Ocea deux navires de type CTV (crew transfer vessels) dont la conception a été confiée au bureau d'architecture navale Mauric. Ces bateaux seront les premiers du genre exploités par LDA qui, comme à son habitude quand il se lance sur une nouvelle activité, s’est allié avec un professionnel du secteur. Il s’agit en l’occurrence la société britannique Tidal Transit, qui opère des navires de ce type sur des champs éoliens offshore au Royaume-Uni. Les deux partenaires ont créé une société commune, LD Tide, qui exploitera les CTV affectés au champ de Saint-Nazaire, développé par EDF et Enbridge pour une mise en service prévue en 2022. Ce parc comprendra 80 éoliennes Haliade-150 de 6 MW, produites par l’usine GE de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire.

Coque semi-SWATH, T-Foil, propulsion hybride et courant quai

Longs de 26.7 mètres pour une largeur de 9.4 mètres et un tirant d’eau de 1.8 mètres, les CTV seront armés par 3 membres d’équipage et pourront transporter jusqu’à 24 techniciens de maintenance et 10 tonnes de matériel entre la côte et le parc. Ils seront basés dans le port de La Turballe (qui servira de base de maintenance au parc) ou à Saint-Nazaire. Réalisés intégralement en aluminium, comme toutes les productions d’Ocea, ces navires, dont la construction débutera en 2021 pour une livraison en 2022, adopteront un design original, avec une coque « semi-SWATH » (architecture déjà retenue par Mauric pour le nouveau navire du DRASSM) conçue pour accroître la tenue à la mer, faciliter le transfert des techniciens entre le bateau et les éoliennes dans des états de mer formée (2 mètres HS) et améliorer le confort pendant les transits. Capables de dépasser la vitesse de 25 nœuds, les CTV seront également dotés d’un plan porteur T-Foil pour réduire la consommation en carburant. Afin de réduire les émissions polluantes, la propulsion sera hybride, avec des moteurs diesels et un parc de batteries, les navires étant préfigurés pour pouvoir être ultérieurement équipés d’une propulsion fonctionnant à l’hydrogène, avec ou sans pile à combustible selon l’évolution de la technologie qui progresse très vite actuellement. Les CTV seront par ailleurs dotés d’un système de branchement au réseau électrique terrestre lorsqu’ils seront à quai.

 

© MAURIC)

(© MAURIC)

 

Un troisième bateau en option

La commande notifiée à Ocea comprend une option pour un troisième CTV, dont l’affermissement dépendra du résultat d’un appel d’offres lancé par EDF, qui a également besoin d’un navire de ce type pour son futur champ nazairien. Ce contrat permet en tous cas au constructeur vendéen, qui était en compétition finale avec deux autres chantiers français, de se lancer sur le marché des navires de service à l’éolien offshore, appelé à représenter plusieurs dizaines d’unités pour les seuls projets français dans les années qui viennent.

LDA étoffe sa gamme de services à l’éolien offshore

LDA, qui au-delà des aspects techniques et économiques a mis en avant auprès de GE et EDF des offres basées sur un très fort contenu régional (design et construction), développe au passage sa gamme de services avec les CTV, qui viennent compléter ses autres activités dans les énergies marines. L’armateur français y est notamment présent avec son premier grand navire de service à l’éolien offshore (SOV), le Wind of Change, unité de 83 mètres opérationnelle depuis 2019 sur des champs allemands développés par le groupe danois Ørsted (parcs Gode Wind et Borkum Riffgrund). Son sistership, le Wind of Hope, a été mis à l’eau au chantier turc Cemre en septembre pour une livraison début 2021. Il sera exploité sur le champ britannique Hornsea Two également développé par Ørsted. Dans un marché devenu extrêmement concurrentiel, LDA est en compétition sur plusieurs appels d’offres en Europe et surveille de près le développement de nouveaux projets dans l’éolien offshore dans d’autres régions du monde, notamment aux Etats-Unis et en Asie.

Le groupe travaille également dans ce secteur via sa filiale LD Travocean, avec notamment le Wind of Pride, navire de 80 mètres acquis en 2019 et qui effectue des travaux maritimes et missions de survey au profit des projets de parcs éoliens. Il a par exemple conduit cet été une campagne « Uxo » (identification et de neutralisation d’éventuels explosifs historiques) sur le site du futur parc de Saint-Brieuc (porté par Iberdrola). Il va également réaliser le câblage inter- éoliennes du champ de Guérande, dans le cadre d’un contrat signé en septembre 2019 avec EDF et Enbridge.

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