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Pas de nouveau porte-avions pour l'Inde avant 2011

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Pas de nouveau porte-avions pour l'Inde avant 2011

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L'Inde devra vraisemblablement patienter jusqu'en 2011 avant de disposer d'un nouveau porte-avions, outil jugé indispensable par New Delhi pour appuyer le développement de sa politique étrangère. Selon l'agence russe Interfax, la rénovation de l'ex-porte-aéronefs soviétique Admiral Gorshkov a pris trois ans de retard. Le bâtiment, en cours de réfection à Sevmach, ne devrait pas être opérationnel avant 2011, ont indiqué les responsables du chantier russe. Jusque là, la marine indienne devra se contenter de son unique porte-aéronefs, le Viraat (ex-HMS Hermes). Ce petit bâtiment, acheté à Grande-Bretagne après la guerre des Malouines, accuse son âge. Lancé il y a 54 ans, le Viraat débutera en novembre prochain sa 50ème année de service. D'un déplacement de 28.700 tonnes en charge, ses capacités son limitées, avec un parc aérien de 12 avions à décollage court Sea Harrier et 9 hélicoptères Sea King.
En 2004, New Delhi avait signé un accord portant sur le transfert, après modernisation, du Gorshkov. Construit sous le nom de Baku et admis au service actif en 1987, ce croiseur porte-aéronefs de 45.400 tonnes avait été victime d'un grave incendie en 1994. Faute d'argent, la Russie n'avait pas entrepris sa réparation.

Un porte-aéronefs d'occasion et un à trois autres navires neufs


La rénovation du Gorshkov, qui porte notamment sur une remotorisation, ainsi que le débarquement de l'armement de la plage avant et son remplacement par une piste et un tremplin, doit coûter 650 millions de dollars. Le navire disposera de 32 aéronefs, dont une vingtaine d'avions.
En dehors de cette unité d'occasion, l'Inde s'est également lancée dans un programme de porte-aéronefs de construction nationale. La première unité, qui devrait s'appeler Vikrant, a été mise sur cale fin 2005 à Cochin. Dérivée du Cavour italien, elle est réalisée avec l'aide technique de Fincantieri. Prévu pour être lancé en 2009, ce bâtiment devrait être admis au service actif en 2012. D'une longueur de 252 mètres pour un déplacement de 37.500 tonnes en charge, il disposera d'un tremplin et pourra embarquer 20 avions et 10 hélicoptères. Deux autres navires du même type pourraient être construits dans la foulée.
Outre la composante aéronavale, l'Inde a entrepris un ambitieux programme de renouvellement de sa flotte sous-marine. Une unité à propulsion nucléaire aurait été mise sur cale en 2002, alors que six sous-marins conventionnels à très hautes performances, du type français Scorpène, ont été commandés en 2005. Une dizaine d'autres pourraient être construits. Côté destroyers, après la réception des trois Delhi (6700 tonnes), la marine indienne touchera, d'ici 2010, trois Bangalore (6900 tonnes).
Septième flotte mondiale, avec plus de 225.000 tonnes de bâtiments, l'Inde pourrait, dans les prochaines années, talonner la marine française, forte de 300.000 tonnes de navires.

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