Construction Navale
Passerelle du Queen Mary 2 : Ouverture d'un procès attendu depuis quatre ans

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Passerelle du Queen Mary 2 : Ouverture d'un procès attendu depuis quatre ans

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Ce 15 novembre 2003, il pleut sur Saint-Nazaire mais l'ambiance est à la fête. Le Queen Mary 2, le plus grand paquebot du monde, la fierté de toute une région, vient de rentrer de ses essais mer. Cinq semaines avant sa livraison, le liner est ouvert au public. Les salariés des Chantiers de l'Atlantique, les sous-traitants et leurs familles se pressent à bord pour découvrir le fleuron de la construction navale française. Le navire est en cale sèche, au bassin C, lorsqu'à 14 H 20, la passerelle d'accès s'effondre. Massés sur la structure, posée la veille, une cinquantaine de personnes, dont des enfants, font une chute de 25 mètres. Le plan rouge est immédiatement déclenché. Les hôpitaux se mobilisent alors que des dizaines de pompiers affluent vers le chantier. Le bilan est dramatique. On dénombre 15 morts et 32 blessés. Quelques semaines plus tard, une seizième victime décède. Pour Saint-Nazaire, dont l'histoire n'avait jamais été marquée par une telle catastrophe, le choc est immense.

10 prévenus et une centaine de parties civiles

Quatre ans plus tard, le procès de la passerelle du Queen Mary 2 s'ouvre aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. Il s'agit, durant près de trois semaines, de déterminer les responsabilités qui ont conduit à la catastrophe. Dix prévenus ont été renvoyés pour « homicide et blessures involontaires ». Deux personnes morales comparaissent, Chantiers de l'Atlantique (structure juridique conservée par Alstom pour gérer les litiges antérieurs à la cession de sa branche marine à Aker Yards) et Endel, le sous-traitant qui avait posé la passerelle. Huit personnes physiques seront également jugées, quatre cadres d'Endel et quatre autres des CA. Travaillant toujours aux chantiers, ces derniers ont été détachés de leurs activités par Aker Yards pendant la durée du procès. Face à eux, une centaine de parties civiles devraient être représentées. Après l'examen des faits, cette semaine, les victimes s'exprimeront devant le tribunal la semaine prochaine. Le procès sera largement couvert par la presse, notamment nationale. La salle du tribunal étant trop petite, une annexe a été aménagée avec un écran permettant de suivre les débats.

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