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Patrick Boissier reçoit le soutien du Cluster Maritime Français

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Patrick Boissier reçoit le soutien du Cluster Maritime Français

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Mis en examen vendredi dernier dans une affaire de travail illicite aux chantiers de Saint-Nazaire en 2006, Patrick Boissier a reçu, hier, un soutien appuyé du Cluster Maritime Français. L'organisation, qui regroupe les acteurs économiques du secteur maritime français, réagit aux attaques faites à l'encontre de l'ancien patron des Chantiers de l'Atlantique (1997 à 2006) et aujourd'hui président de DCNS (depuis janvier 2009). « Ce n'est pas la société Chantiers de l'Atlantique qui aurait commis les infractions mais des sous-traitants de deuxième rang. Le juge d'instruction a mis la société Chantiers de l'Atlantique et Patrick Boissier en examen car il impute à la société donneuse d'ordres et à son Président la totalité des infractions », note le CMF, affirmant que l'ancien président d'Alstom Marine « avait pris l'initiative d'instaurer, au sein de la société Chantiers de l'Atlantique, une politique de sous-traitance stricte ». Avec la complexité croissante des navires de croisière (80% de la valeur d'un paquebot est aujourd'hui réalisée par la sous-traitance), le chantier s'était transformé en organisation pyramidale avec de nombreux étages de fournisseurs, rendant ainsi les responsabilités plus diffuses.

C'est pourquoi, notamment suite à certains abus très médiatisés (on se souvient des affaires ayant émaillé la construction du Queen Mary 2, livré 2003), le donneur d'ordres demandait à ses coréalisateurs de premier rang de signer une charte sociale de la sous-traitance. « Le fait que quelques sous-traitants de deuxième ou troisième rang ne respectent éventuellement pas le droit - ce qui est condamnable et a toujours été traité comme tel par Chantiers de l'Atlantique - ne doit pas conduire à des généralisations injustifiées à l'encontre des autres sociétés qui, elles, respectent le droit », estime le CMF. Ce dernier s'étonne enfin que « la mise en examen de Patrick Boissier, sur ce dossier de sous-traitance ancien, intervienne justement vendredi soir dernier, à quelques heures de l'intervention comme témoin de Patrick Boissier dans le procès en appel de l'accident de la passerelle (du Queen Mary 2, ndlr) » et déplore que la proximité de ces affaires bien distinctes, ne « renforce un amalgame relayé par certains médias ».
Pour mémoire, la mise en examen de Patrick Boissier fait suite à un contrôle mené en 2006 aux chantiers nazairiens par l'inspection du travail. 645 salariés de 127 entreprises sous-traitantes avaient été contrôlés, plusieurs dizaines d'infractions ayant été relevées.
Indépendamment de ce dossier, Patrick Boissier était hier à Rennes pour l'ouverture du procès en appel du Queen Mary 2. Le 15 novembre 2003, la passerelle d'accès au paquebot géant s'était effondrée, faisant 16 morts et 29 blessés. Dans cette affaire, l'ex-patron des Chantiers de l'Atlantique comparaît en qualité de témoin.