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Patrouilleurs océaniques : un programme mal engagé
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Patrouilleurs océaniques : un programme mal engagé

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C’est l’actuelle priorité de l’état-major de la Marine nationale, qui va être rapidement confronté à un important trou capacitaire si ces nouvelles unités ne voient pas le jour dans les temps impartis. Déjà retardé pendant des années faute de budget, entrainant une réduction temporaire de la flotte française de patrouilleurs et un prolongement au-delà du raisonnable des derniers ex-avisos du type A69, le programme des futurs patrouilleurs océaniques (PO) a été officiellement lancé en octobre 2020. Mais, a appris Mer et Marine, le projet patine sérieusement, prenant du retard et ne parvenant pas à entrer dans l’enveloppe budgétaire fixée par le ministère des Armées.

Il s’agit pour mémoire de construire dix nouveaux bâtiments d’environ 90 mètres et 2000 tonnes. Devant être livrés entre 2025 et 2029, les PO sont destinés à succéder aux vénérables patrouilleurs de haute mer (PHM, ex-avisos) du type A69, basés à Brest et Toulon, mis en service entre 1981 et 1984, et dont il ne reste plus que six unités opérationnelles (trois ont été désarmés entre 2018 et 2020) ; ainsi qu’aux trois patrouilleurs de service public (PSP) du type OPV 54 opérationnels depuis 1997 et stationnés à Cherbourg.

Les PO rempliront des missions de surveillance des eaux et approches maritimes françaises, qu’il s’agisse d’opérations liées à l’action de l’Etat en mer (par exemple la lutte contre les trafics illicites) ou d’activités plus militaires, telle la lutte anti-sous-marine avec en particulier, comme c’est le cas aujourd’hui des anciens avisos, une contribution au dispositif de sûreté des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) basés en rade de Brest. Depuis la métropole, les PO navigueront en Atlantique, Manche, mer du Nord et Méditerranée, mais seront également amenés à être déployés régulièrement sur des théâtres plus lointains, jusqu’en Afrique de l’ouest et en océan Indien notamment, avec aussi des missions d’escorte, par exemple des porte-hélicoptères amphibies (PHA) évoluant dans la région du golfe de Guinée.

Pour remplir leur mission de protection des SNLE et de surveillance des approches maritimes sous la surface de l’eau, les PO seront dotés d’un sonar de coque, comme le BlueWatcher de Thales équipant à titre expérimental la frégate Surcouf, du type La Fayette. L’armement principal devrait être constitué d’un canon de 40mm RAPIDFire (Nexter/Thales) déjà retenu pour les quatre futurs bât

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