Construction Navale
Pêch’Alu : une vedette pour le parc marin du golfe du Lion

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Pêch’Alu : une vedette pour le parc marin du golfe du Lion

Construction Navale

Le chantier Pêch’Alu d’Inzinzac-Lochrist, près de Lorient, a décroché, le mois dernier, la commande d’une vedette pour le parc naturel marin du golfe du Lion. Longue de 11.97 mètres pour 3.87 de large, elle sera équipée d’une de deux moteurs hors-bord de 300 chevaux lui permettant de filer à 37 nœuds. Cette vedette pourra embarquer huit personnes pour remplir des missions de police et de surveillance, mais aussi servir à la science pour des plongées, des prélèvements… La livraison devrait avoir lieu d’ici un an.

Une belle réussite pour ce chantier qui emploie 24 personnes. Il a décroché l’appel d’offres avec une conception interne, fruit de près d’un an de travail. « Le processus d’attribution a été assez long, on a été très loin dans le détail », explique Steven Lomenech, architecte naval du chantier morbihannais qu’il a rejoint en octobre 2019.

 

La vedette pour le parc marin du golfe du Lion. (© PECH'ALU)

La vedette pour le parc marin du golfe du Lion. (© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

 

La commande témoigne du regain d’activité de l’entreprise dans la construction navale. En effet, Pêch’Alu construit des navires, mais aussi des passerelles et des pontons. Ainsi, l’an dernier, ces derniers représentaient respectivement 60% et 30% de l’activité, selon Vincent Colas, qui a repris  le chantier, dont il était le directeur technique, en 2017. Mais la tendance s’est inversée et « cette année, les bateaux représentent 41%, les passerelles 30% et les pontons 23% », indique-t-il. Quand il a repris le chantier à René Largouët, « j’ai un peu levé le pied, car les bateaux c’est mon prédécesseur qui s’en occupait et moi je m’occupais des pontons et passerelles. On a fait quelques bateaux qui avaient été signés avant de partir, mais on n’en a pas fait beaucoup », admet Vincent Colas, qui ne souhaitait pas abandonner ce savoir-faire pour autant. L’opportunité de recruter un architecte naval a permis de faire la conception en interne et de relancer ce secteur. « Cela donne de la souplesse dans les appels d’offres, quand il n’y a pas de bateaux, on fait des passerelles ou des pontons, c’est l’une des forces de notre entreprise », glisse le patron de Pêch’Alu qui se félicite d’avoir un chantier qui se porte « de mieux en mieux ». Il cherche d’ailleurs à recruter « partout et constamment », que ce soit en chaudronnerie, en soudure ou au bureau d’étude.

Trois bateaux livrés cet été

Signe de ce dynamisme, cet été, le chantier a livré pas moins de trois bateaux. Parmi eux, Le Vexin, une barge fluviale de 9 mètres par 3.50 de large, conçue en interne pour Bouygues, équipée de deux moteurs hors-bord Yamaha de 80 CV et d’une grue Marine Guerra M40.90A de 3.5 tonnes par mètre. Elle doit servir à faire des travaux d’entretien.

Le Vexin, pour Bouygues. (© PECH'ALU)

Le Vexin, pour Bouygues. (© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

 

Autre conception interne, Pêch’Alu a livré pour le port des Minimes, à La Rochelle, un petit bateau de servitude portuaire pouvant embarquer cinq personnes baptisé O’Courant, pour lequel il avait remporté un appel d’offres. Long de 5.55 mètres pour 2.45 de large, il était proposé en version thermique ou électrique, mais le client a opté pour une version thermique, moins onéreuse. « C’est un bateau qui a été réfléchi pour une utilisation dans un port : rien n’est saillant dessus. Il est relativement trapu, agile, robuste, peut taper un petit peu si besoin », décrit Vincent Colas. Steven Lomenech complète : « C’est un dossier qu’on va proposer à d’autres infrastructures portuaires, le but est d’en faire un élément un peu standardisé ».

O'Courant, pour le port de Minimes. (© PECH'ALU)

O'Courant, pour le port de Minimes. (© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

 

Enfin, le chantier a livré un bateau de transport à passager qui n'a pas été conçu en interne, le San Baïnzu, pour Rocca Navigation, à Piantarella, près de Bonifacio, en Corse. Long de 12.70 mètres, pour 4 de large et propulsé par deux Cummins QSB6.7 de 350 CV, il peut embarquer 50 passagers et a été livré en cinq mois seulement, pendant le confinement.

 

Le San Baïnzu, pour Rocca Navigation. (© PECH'ALU)

Le San Baïnzu, pour Rocca Navigation. (© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

 

Des projets en cours

Pendant cette période de confinement, le chantier a d’ailleurs fait entrer un nouveau projet, aujourd’hui en cours de finition pour un algoculteur : West Algues. Il s’agit d’une barge de 6.50 mètres par 2.90 de large et 42 cm de tirant d’eau, pouvant embarquer trois personnes. Elle est équipée d’un système de collecte permettant de remonter un bout sur lequel poussent les algues. Elle sera utilisée sur sa concession du Guilvinec.

Le bateau algocole, pour West Algues. (© PECH'ALU)

Le bateau algocole, pour West Algues. (© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

(© PECH'ALU)

 

Enfin, un nouveau projet de barge fluviale de 12 mètres par 4.60 pour la société SeMAO (à Lumes, près de Charleville-Mézières, dans les Ardennes), conçu par HT2, doit commencer très prochainement. Elle sera mobilisée sur des barrages à membranes, qui remplacent d’ancien barrages à aiguilles. Sur ces barrages, une membrane, sorte de gros boudin, est gonflée avec de l’eau, de l’air, voire une combinaison des deux, ce qui permet d’assurer le maintien ou la régulation d’un plan d’eau. Ils nécessitent d’intervenir en amont et en aval pour les batarder (opération visant à retenir provisoirement de l’eau). La barge devra donc naviguer dans un environnement peu profond avec beaucoup de courant. Elle sera équipée de pieux hydrauliques et d’une propulsion Hydro-Armor.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.